Les Personnalités du 17e

Artistes, peintres et sculpteurs

MANET

Édouard Manet est un peintre français majeur de la fin du XIXe siècle. Renonçant à devenir officier de marine comme le souhaitait sa famille bourgeoise, Édouard Manet se forme auprès du peintre académique Thomas Couture..Sa formation intègrera de nombreux travaux de copies des maîtres italiens, hollandais et espagnols des XVIIème et XVIIIème siècles exposés au Louvre. Il sera influencé par l'art japonais plus tardivement.

L'France de Manet exprimera les contrastes, l'humeur, la poésie et la beauté de son temps. (Portrait de M et Mme Manet, 1860). Le premier scandale de la carrière du peintre sera provoqué par Le Déjeuner sur l'herbe de 1863. Son Olympia, présentée au Salon de 1865, déclenchera un véritable ouragan. Cette nudité sera condamnée comme immorale et laide. Olympia n'est pas Vénus ou Odalisque, mais une prostituée richement payée. Le déjeuner sur l'h erbe et Olympia constitueront les premiers jalons de la peinture moderne. Manet sera l'ami des Impressionnistes et un proche de Zola et de Mallarmé, dont il peindra les portraits. Il exposera régulièrement dans son studio, loin du circuit officiel.

La peinture espagnole sera riche en leçons pour Manet. L'i nfluence de Goya sera palpable avec les lumières et les contrastes forts de couleur. Celle de Vélasquez apparaîtra dans Le Fifre, refusé par le Salon de 1866, qui représente une figure sur un fond unifié. Le Balcon (1868-1869) exposé au Salon de 1869, sera un écho à l'un des thèmes préférés de Goya.

Source Wikipédia

Frédéric Bazille (né le 6 décembre 1841 à Montpellier et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande) est un peintre français du XIXe siècle.

Né dans une famille de la bourgeoisie protestante de Montpellier, Frédéric Bazille commence des études de médecine pour faire plaisir à ses parents. Mais la vocation est pressante : dès 1859, il suit des cours de dessin et de peinture dans l'atelier du sculpteur Baussan.

En 1862, il part s'installer à Paris où il s'inscrit à l'atelier du peintre Charles Gleyre sous les conseils de son cousin peintre Eugène Castelnau. Dès lors il sera peintre.

Dans cet atelier il rencontre Claude Monet puis Auguste Renoir. Très vite, un groupe se forme qui intègre Edgar Degas, Alfred Sisley, Édouard Manet, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Émile Zola, Paul Verlaine... Plus favorisé qu'eux, il partagera ses divers ateliers avec Renoir et Monet dès 1865.

Il passe généralement l'été à Montpellier et le reste de l'année à Paris. À partir de 1866, il est présent au Salon de peinture de Paris, sans grand succès. Sa palette s'éclaircit et se colore. En août 1870, il s'engage dans un régiment de zouaves. Il est tué, à 29 ans, au combat de Beaune-la-Rolande. La première exposition des Impressionnistes, où plusieurs de ses toiles seront exposées, aura lieu en 1874, quatre ans après sa mort.

Source Wikipédia

Paul Albert Besnard est un peintre et graveur français.

Né de parents artistes - Louis Adolphe Besnard et Louise Pauline Vaillant, une miniaturiste réputée, élève de Lizinska de Mirbel, née Rue - Albert Besnard étudie auprès de Jean-François Brémond et entre à dix-sept ans à l'École des Beaux-Arts, où il a pour professeurs Alexandre Cabanel et Sébastien Cornu. En 1874, il remporte le Grand Prix de Rome. Il prolonge son séjour à Rome et épouse en 1879 Charlotte Dubray, fille du sculpteur Gabriel-Vital Dubray et sculpteur elle-même, avec qui il s'installe trois ans en Angleterre, entre 1881 et 1884, exposant à la Royal Academy de Londres.

Au Salon de 1886, son Portrait de Madame Roger Jourdain (Paris, Musée d'Orsay) met en exergue les caractéristiques de ce qui allait devenir son style propre, basé sur un usage personnel de la lumière et des ombres, influencé par l'impressionnisme et la technique de Carolus-Duran. En 1887, il présente sa Femme devant un feu de cheminée dont la version pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs. Il laisse de nombreux portraits : sa femme, ses enfants (Une famille, 1890, Paris, Musée d'Orsay), la princesse Mathilde, Réjane, Madame Georges Duruy, Madame Henri Lerolle, M., Mme Cognacq, Gabriele d'Annunzio, Jean-Louis Vaudoyer, Denys Cochin ou Frantz Jourdain qui sera son premier biographe.

Il contribue à la décoration de nombreux monuments parisiens : le plafond du salon des Sciences de l'Hôtel de Ville, le vestibule de l'École de Pharmacie, l'amphithéâtre de chimie de la Sorbonne, le plafond de la Comédie-Française, la coupole du Petit Palais, la salle des mariages de la mairie du 1° arrondissement.

Il est nommé, en 1913, directeur de la Villa Médicis à Rome et, en 1922, directeur de l'École des Beaux-Arts.

Membre de l'Académie des Beaux-Arts depuis 1912, il est élu à l'Académie française le 27 novembre 1924, devenant le premier peintre à entrer dans l'illustre compagnie depuis 1760.

Il est le père :

- du peintre Louis Besnard 1873-1914 (né d'un premier lit).

- du peintre Robert Besnard 1881-1914 (tué à l'ennemi à Barleux - Somme, mort pour la France).

- de la sculptrice Germaine Besnard 1884-1975.

- du sculpteur Philippe Besnard 1885-1971.

- du céramiste d'art Jean Besnard 1889-1958.

Paru dans le Guide Dix Sept

Bernard Buffet est né le 10 juillet 1928 à Paris dans une clinique privée du IXe arrondissement, 3, cité Malesherbes, à proximité de la place Pigalle. Mais c'est dans le XVIIe arrondissement qu'il fit ses débuts de dessinateur et de peintre. Ses parents Charles et Blanche Buffet après leur mariage célébré en l'église Sainte-Marie des Batignolles, emménagèrent dans un petit appartement, au quatrième étage du 11 rue Mariotte.

La naissance de leur fils Claude, puis cinq ans plus tard de Bernard, les obligent à déménager. Ils emportent leurs pénates dans un immeuble voisin. C'est au 29 de la rue des Batignolles, près de la mairie, que Bernard Buffet commença à s'e xprimer. Les murs du nouvel appartement, situé au deuxième étage, serviront de cimaises à ses premières toiles. Simone Buffet qui épousa Claude devenu libraire de livres anciens, rue Saint Sulpice, occupe toujours les lieux où son beau-frère lui en fit voir de toutes les couleurs.

Elève de l'Ecole des Beaux-Arts après avoir quitté le lycée Carnot à la fin de sa 4 ème le jeune prodige lui subtilise des paires de draps pour en faire des supports. Il lui arrive aussi de se réfugier dans la chambre de bonne de la rue Mariotte que ses parents ont conservée. Meurtri par leur mésentente, puis bouleversé par la disparition brutale de sa mère en 1945, Bernard Buffet ne pense plus qu'aux formes de son art nourri de ses angoisses et de sa croyance en Dieu. Il n'a pas encore vingt ans quand il obtient en juin 1948 le prix de la Critique, ex aequo avec Bernard Lorjou.

Le mal de vivre insupportable que reflète sa peinture l'a mis en vedette presque contre son gré. Son univers singulier, déchirant comme un cri, va être l'image de marque de l'a rtiste dont la côte grimpera très vite. Trop vite au goût de certains exégètes. Encensé ou violemment rejeté, Bernard Buffet, figure artistique majeure du XXe siècle, incarne l'esprit rebelle des années 1950-1960. Comme son amie Françoise Sagan qui elle aussi vécut une partie de sa jeunesse dans l'arrondissement. L'auteur de « Bonjour Tristesse » habita boulevard Malesherbes et se maria avec l'éditeur Guy Schoeller à la mairie du XVIIe, en mars 1958. L'année où Bernard Buffet épousera Annabel, ancienne égérie de Saint-Germain-des-Prés, chanteuse et écrivain, également très proche de la romancière.

Le 4 octobre 1999, diminué par la maladie de Parkinson, le peintre se suicidera dans l'atelier de son domaine de Tourtour (Var). Sa mort par asphyxie est une ultime provocation. La tête dans un sac en plastique noir imprimé de son nom sur toute sa surface. Ultime signature. Ayant eu le courage d'un samouraï à l'h eure des adieux. Le galeriste Maurice Garnier qui défend son œuvre depuis plus d'un demi siècle, ainsi que les enfants du peintre Nicolas, Danièle et Virginie, ont fait une dation de près de trois cents toiles destinées à un futur musée Bernard Buffet. Il en existe déjà un au Japon, inauguré en 1973. Les cendres de l'a rtiste, très apprécié au pays du soleil levant, ont été dispersées dans ses jardins.

Habitant le 17 e arrondissement, Jean-Claude Lamy est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont plusieurs biographies. En particulier « Françoise Sagan, une légende », « Mac Orlan, l'a venturier immobile » (Prix Cazes-Brasserie Lipp et Prix Mac Orlan), « Brassens, le mécréant de Dieu », « Prévert, les frères amis » (Bourse Goncourt de la biographie en 1997), « Bernard Buffet, le samouraï » paru en 2008 chez Albin Michel.

Texte de Jean-Claude Lamy

Edouard Detaille,

L'élan épique de la Troisième république

Réhabilitation légitime d'un grand artiste réaliste, le livre de François Robichon sur Detaille raconte aussi, à sa manière, les riches heures du 17è arrondissement. Magistral.

L'histoire de l'art, en France, est impitoyablement sélective : elle procède par amnésies successives. Périodiquement, elle bannit les maîtres adulés de leur vivant pour les redécouvrir cent ans plus tard. Tout un pan de la vie artistique du 17ème arrondissement, le courant dit « académique » qui a dominé l'art français de Meissonier à Puvis de Chavannes, a ainsi été scandaleusement ignoré, depuis les années 1920. Aujourd'h ui, le vent semble tourner. Alors qu'Alfred Roll fait l'objet d'une exposition au Musée de Bordeaux et que Clairin - le portraitiste du monde proustien - s'affiche dans une grande librairie de Saint-Germain-des-Prés, Edouard Detaille, disciple de Meissonier et fidèle ami d'Alphonse de Neuville, est enfin honoré dans un ouvrage remarquable que lui consacre François Robichon aux éditions Bernard Giovanangeli (1). Bien plus qu'un « beau livre » - qu'il faut recommander pour les fêtes -, c'est l'aboutissement de près de trente ans de recherches aux sources mêmes des 6000 pages des carnets de Detaille. L'auteur, en restituant le sens profond de l'o euvre du peintre « militaire » dans son contexte - le Second Empire vacillant et la Troisième République triomphante -, jette un éclairage neuf sur ce « naturalisme épique », enraciné dans la plaine Monceau, qui a contribué à forger les mythologies de la république parlementaire.

Historien d'art, enseignant à l'université de Lille, François Robichon avait choisi, dans les années quatre-vingt, la dissidence pour réhabiliter le courant réaliste français qualifié dédaigneusement d'art officiel. Cela relevait de l'anticonformiste : « En 1983, quand j'ai présenté ma thèse, c'était un sujet difficile à imposer. Sans l'aide de mon directeur de thèse, Bruno Foucart, et de l'un de mes professeurs, l'historienne Madeleine Rebérioux, je n'y serais pas parvenu. Entre 1920 et 1970 - pendant cinquante ans-, il n'y avait pas eu un article sur cette peinture.»

Un surdoué

Né, en 1848, dans une famille bourgeoise unie, Edouard Detaille, l'aîné de huit enfants, avait manifesté très tôt des dons pour le dessin. « C'était un surdoué, précise François Robichon. A treize ans, il avait une sûreté de main stupéfiante, un sens de la composition phénoménal. » Son père, lié à Horace Vernet, l'avait encouragé. A dix-sept ans, son bac en poche, il entra dans l'a telier de Meissonier. Cette rencontre, qui déboucha sur une affection réciproque, épargna à Detaille le détour académique par l'? Ecole des Beaux-Arts. Plutôt que de leur dicter un art précisément « officiel », Meissonier, au sommet de sa gloire, voyageait avec ses élèves et les initiait, à Bruxelles et à Lille, aux nuances du Titien, de Rembrandt, de Rubens. En 1867, le Paris du « libre échange » régnait sur le monde à travers les révolutions techniques de l'Exposition universelle et le jeune homme aimable, de belle prestance, découvrait le salon de la princesse Mathilde, le théâtre de Dumas fils. Il approcha même l'impératrice. « Pas mal l'i mpératrice », nota-t-il dans ses carnets. Tout Detaille était contenu dans cette observation : il ne doutait pas de son talent, cultivait le panache, goûtait la compagnie des jolies femmes et entendait conquérir les cercles du pouvoir sans perdre sa liberté.

Dès l'enfance, il avait écouté sa vocation : « Avant de savoir mes lettres, je devinais les sujets des batailles, les noms des généraux illustres, l'arme des officiers et des soldats, par les images que j'avais admirées dans les livres de Norvins, de Laurent de l'Ardèche ».. Il fréquentait les collectionneurs et n'aurait pas manqué - pour un Empire ! - la revue militaire sur les Champs Elysées… Son premier tableau exposé au Salon, en 1868, « la Halte de tambours », fut salué par la critique qui discerna aussitôt « une vérité d'observation et une simplicité d'effet vraiment remarquables ». L'achat de cette œuvre par la princesse Mathilde, la cousine de l'empereur Louis-Napoléon, fit de Detaille, à vingt ans, une célébrité enviée, connue de tous : Sainte-Beuve, Théophile Gautier, les frères Goncourt et Flaubert. La vision humaniste du jeune artiste tranchait sur les compositions de ses prédécesseurs. Ses œuvres montraient des soldats en manœuvre, méditatifs et résignés dans l'attente de la guerre qui couvait.

La vision du combattant

Le siège de Paris, où il manqua de perdre la vie en 1870, et la mort de deux de ses frères dans cette défaite, assombrit son regard. A partir de 1871, Detaille ne masquait plus les cruautés de la guerre : tirailleurs allemands fauchés par une mitrailleuse, cuirassiers et chevaux affolés pris au piège d'un guet-apens, prés labourés d'obus et jonchés d'animaux morts. La tragédie sans fard : « C'est un fait absolu que jamais un peintre jusqu'ici n'a rendu tel qu'il est un champ de bataille couvert de morts, commentait Jules Claretie. Les cadavres tombés là-bas gardent encore, dans leur rigidité glacée, les apparences de la vie. » Le témoignage de Detaille sur la foudroyante défaite, sur les effets dévastateurs de la première guerre totale de l'histoire, n'était pas une célébration de l'héroïsme mais une déploration, une « leçon de ténèbres ». « De la guerre, qui passait autrefois pour l'? effort suprême du génie humain, nous ne voyons plus que les mélancolies et les horreurs», jugeait un écrivain devant ses toiles.

« Detaille a connu, jeune, l'expérience du feu au cours de cette guerre qui portait en germe les deux conflits mondiaux du XXème siècle, explique François Robichon. Avec un souci de réalisme très grand, Detaille peint la guerre du point de vue du combattant. Il introduit une humanité, une lucidité critique sur l'évolution du phénomène guerre. On retrouve chez Detaille, avec un incroyable degré d'intensité, la violence, la puissance du feu des armes nouvelles comme les mitrailleuses. » Detaille devint, alors qu'il n'? avait pas trente ans, le chroniqueur de ces années de douleur. Il exposait, comme l'écrivait un critique, un « portrait ressemblant de la guerre moderne » que les Français - civils et les soldats - avaient vécue de près. Il incarnait une jeunesse humiliée, impatiente de revanche. Mais cet artiste scrupuleux se souvenait aussi, dans ses vastes paysages, dans les plateaux crayeux de l'Ile de France ou dans la plaine russe, des leçons de Corot et de Courbet. Manet n'était pas si loin. « Je ne voudrais pas qu'on réduisit mon art à n'être que de l'art patriotique », assurait-il. « Un système que j'emploie souvent et que j'aime beaucoup, indiquait Detaille, est d'exécuter d'abord le paysage, très à l'e ffet, très poussé, très serré, d'après nature… » En lui, résonnait toujours le conseil de Meissonier : « Fais comme moi ; la nature, toujours la nature ! » Detaille était si proche de ce père de substitution qu'après avoir habité rue Legendre, de 1872 à 1875, il se fit construire, à 26 ans, à partir de 1874, à côté de l'atelier de son bon maître, au 129 boulevard Malesherbes, un hôtel particulier sur un terrain de 425 m2 acheté aux Pereire. Il avait d'? ailleurs choisi le même architecte que Meissonier : Paul Boesvilwald. Célibataire et séducteur impénitent, le peintre recevait ses conquêtes, notamment Valtesse de la Bigne, au milieu de ses collections. Il avait bâti son atelier dans la cour.

Acteur diplomatique

La notoriété de Detaille s'amplifiant, l'hôtel du boulevard Malesherbes ne tarda pas à être le lieu où les princes étrangers, les hommes politiques et les chefs d'Etat se côtoyaient, et où Juliette Adam, l'égérie de Léon Gambetta, lui prodiguait de judicieux conseils. Ainsi, le prince de Galles, le futur Edouard VII, noua une véritable amitié avec le peintre. « Ce fervent patriote, ami de Déroulède, était extraordinairement ouvert sur le monde, raconte François Robichon. Il avait acquis, en quelques années une dimension sociale, culturelle, internationale considérable. Reçu à Windsor, à la Cour d'Angleterre, il était l'i ntime du tsar Alexandre III et le grand ami de Félix Faure.

A ce titre, Detaille fut un acteur décisif de l'Entente Cordiale, signé en 1904, entre l'Angleterre et la France, de l'alliance franco-russe, en 1894, et par là, de la Triple Entente entre les trois puissances. » Témoin engagé de son époque - associé à la naissance de la «Ligue des Patriotes » avec Alphonse de Neuville et Déroulède, fondateur de la « Sabretache » et initiateur du Musée de l'Armée -, Detaille n'était pas aveuglé par ses convictions. Il n'était pas insensible aux hommages que Guillaume II et le Kronprinz lui rendaient discrètement, par la voie diplomatique. Comme Barrès, il avait placé ses espoirs dans la restauration d'un symbole terni par Sedan : l'armée française.

Au-delà de ce choix, c'était un homme tourné vers la modernité. « Informé aux meilleures sources, Il était au centre de la vie européenne, » observe François Robichon. Instruit des potentialités de la photographie, il avait été l'un des premiers, dans le 17ème arrondissement, à faire installer l'électricité, le téléphone, à conduire une automobile et à assister aux séances du cinématographe des frères Lumière, en 1896. Il avait même envisagé de tourner un film historique. En ce sens, c'était un précurseur. Ses étonnants panoramas de guerre - Champigny et Rezonville -, longs plans séquences réalisés avec Alphonse de Neuville, rue de Saussure, près de la porte d'Asnières, anticipaient le cinéma historique d'Abel Gance, le naturalisme de John Ford, les fresques d'Andrei Tarkovski, la puissance émotionnelle d'Apocalypse Now. Abel Gance n'a-t-il pas puisé sa veine épique napoléonienne dans les tableaux de Detaille ? Detaille avait imaginé une peinture hors du cadre, capturant l'ensemble et le détail du bouleversement cathartique de la guerre. Il avait repoussé les limites traditionnelles de son métier pour ouvrir la voie à l'art majeur du vingtième siècle : le cinéma. Mort le 24 décembre 1912 chez lui, boulevard Malesherbes, il eut des obsèques quasi nationales, en l'é glise Saint-Charles-de-Monceau, le 27 décembre. Une compagnie du 28ème régiment d'infanterie, dont il avait dessiné le nouvel uniforme, lui présentait les armes. Le président du Conseil, Raymond Poincaré, tête nue, marchait derrière la famille. Aujourd'h ui, François Robichon, qui a su faire revivre avec sensibilité et passion le destin du peintre, se bat pour sauver sa sépulture au Père Lachaise. Sic transit gloria mundi…

(1) Edouard Detaille, un siècle de gloire militaire, éditions Bernard Giovanangeli, 144 pages, 40 €. www.bgedition.com

HENRI FANTIN-LATOUR (1836-1904)

C'est sans doute parce qu'il ne disputait pas ses titres de gloire à son maître et ami Manet que Fantin-Latour, habitué du café Guerbois, s'effaça derrière un chef-d'œuvre énigmatique : « Un atelier aux Batignolles ». Retour sur une réunion prophétique.

Le centenaire de la mort de Fantin-Latour, cette année, n'a pas fait couler beaucoup d'encre. A peine quelques chroniques frileuses et de distraits hommages pour celui qui, malgré le sentiment presque filial qui le liait à Edouard Manet, le chef de file des Impressionnistes, s'est toujours gardé de s'identifier à une école, à un courant. Pourtant, il s'agit d'un des plus singuliers paradoxes de la peinture moderne. Avec Bazille, qui recevait tous les fins de semaine le groupe impressionniste dans son atelier de la rue La Condamine, Henri Fantin-Latour a fixé pour toujours, dans ce qui devait rester l'un de ses tableaux les plus célèbres, l'image de la solidarité étroite qui unissait tous ces peintres résolus à en finir avec les académismes.

Distributeur de gloires

Que voit-on dans « Un atelier aux Batignolles » ? Manet, le visage aigu, taillé en lame, et la barbe fauve, abondante, est assis devant son chevalet tenant le pinceau dans la main droite. La palette est calée dans sa main gauche. Il semble composer le portrait de Zacharie Astruc, sculpteur, journaliste et animateur de la Nouvelle Athènes. Debout, de gauche à droite, dans une attitude respectueuse, presque grave : Otto Schölderer, peintre allemand venu en France pour connaître les émules de Courbet, Auguste Renoir, coiffé d'un chapeau de notaire endimanché, Emile Zola, porte-parole du renouveau de la peinture dans deux manifestes qui ont fait scandale - « Mes Haines » et « Mon Salon » -, Edmond Maître, fonctionnaire à l'Hôtel de Ville et factotum de Renoir, Frédéric Bazille, qui sera fauché pendant la guerre de 1870, quelques mois plus tard, et Claude Monet qui scrute l'auteur du tableau. Résumons : Manet, côté jardin, et Monet, côté cour. Tout le mystère de l'Impressionnisme et de son incroyable rayonnement universel semble contenu dans ce tableau de visionnaire, dans ce portrait de groupe présenté au Salon de 1870 où chacun pose pour la postérité avant la défaite de Sedan et la Commune.

« L'Atelier » exprime, à sa manière, l'opinion de Zola sur Manet : « Autour du peintre vilipendé par le public s'est créé un front commun de peintres et d'écrivains le revendiquant comme un maître. » Fantin-Latour - dont les contemporains, comme Proust et Mirbeau, ne retiendront que les natures mortes et les bouquets - a une intuition prodigieuse pour identifier à coup sûr les génies. Il associe, par exemple, sa passion pour Wagner et Schumann, à une période particulièrement xénophobe, à celle qu'il éprouve pour Berlioz et capte, dans « Un coin de table », les regards de Rimbaud et de Verlaine. Dans l'Hommage à Delacroix, il fixe la moue crispée de Baudelaire. L'atrabilaire Edmond de Goncourt raille dans son journal celui qu'il nomme « le distributeur de gloire aux génies de brasserie ».

Prédiction géniale

Bourgeois respectueux de son milieu et de ses maîtres, Fantin est un artiste qui n'aime guère jouer les premiers rôles. Ce naturaliste tempéré et discret, qui aurait exécuté cent dix-sept copies au Louvre en une vingtaine d'années, refuse les ruptures. L'art du copiste est chez lui une école d'humilité et un moyen de retrouver les leçons des anciens. Sait-on de sa copie des Noces de Cana, d'après Véronèse, est toujours exposée au musée de Belfast ?

Avec « Un atelier aux Batignolles », Henri Fantin-Latour, qui n'appartient pas au groupe des Impressionnistes mais partage la rigueur un peu ombrageuse de Manet, révèle au monde entier ceux qui, la paix retrouvée, sous la Troisième République, domineront le marché de l'art. Autant qu'un tableau, c'est une prédiction géniale.

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« Un atelier aux Batignolles » est exposé au Musée d'Orsay

Texte Lucien Maillard

Théodore Géricault (1791-1824) est un peintre français du XIXe siècle. Incarnation de l'artiste romantique, sa vie courte et tourmentée a donné naissance à de nombreux mythes. Théodore Géricault provient d'un milieu aisé, qui lui permet d'approfondir son art en compagnie des plus grands (Vernet, Guérin). Il présente sa première toile, Officier de chasseurs à cheval chargeant, en 1812. Il impressionne déjà par les tons vifs utilisés et par le traitement du mouvement. Deux ans plus tard, il expose le Cuirassier blessé puis quitte la France pour un séjour en France. C'est alors qu'il puise chez Michel-Ange l'i nspiration nécessaire à sa consécration artistique. Il réalise en effet le Radeau de la Méduse, son France majeure. La souffrance et l'agonie font partie de ses thèmes de prédilection. D'un réalisme dérangeant, la toile n'est pas appréciée de tous mais suscite tout de même l'admiration des Londoniens. Il consacre finalement le reste de sa carrière à représenter des chevaux (la Course d'Epsom, 1821), puis des portraits de fous (l'Aliéné, 1822).

Source Wikipédia

Henri Gervex est un peintre et pastelliste français. Il entre à l'Institut de France en 1913 ; il est élu président de la Société des pastellistes. En 1918, il reçoit la croix de guerre, pour service rendus à la patrie. En 1925, il est élu membre associé de la section peinture de l'Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Bruxelles. Il possédait un hôtel particulier en bordure du Parc Monceau, dont les rideaux jaunes de la chambre de sa fille sont souvent reproduits dans ses tableaux.

Source Wikipédia

Jean-Louis-Ernest Meissonier, né à Lyon le 21 février 1815 et mort à Paris le 21 janvier 1891, est un artiste-peintre et sculpteur français, spécialisé dans la peinture historique militaire. Peintre très soucieux du détail authentique, il s'i nscrit dans le mouvement de réalisme historique qui apparaît dans les arts plastiques sous le Second Empire.

Texte de Lucien Maillard

Pierre Cécile Puvis de Chavannes est un peintre français, considéré comme une figure majeure du mouvement symboliste. Après des études à l'Ecole polytechnique, Pierre Puvis de Chavannes décide de se lancer dans la peinture à l'issue d'un séjour en France à l'âge de 23 ans. Il expose au salon de 1850, mais ses peintures sont refusées plusieurs fois par la suite. En 1854 et 1855, il peint les fresques qui ornent l'une des galeries et l'e scalier d'honneur du musée de Picardie à Amiens ainsi que des peintures murales au Panthéon et à la Sorbonne à Paris. C'est à partir de ce moment qu'il bénéficie d'une réelle reconnaissance. Son obsession de la Beauté et de l'Idée pure lui attirent la sympathie et l'admiration de Mallarmé, d'Alfred Jarry et de Jules Verne. Ses France ne s'inspirent d'aucun mouvement, mais par leur construction rigoureuse, originale et leur côté presque abstrait, elles ont inspiré les symbolistes tels Gauguin et Seurat. En 1890, il est le cofondateur de la Société Nationale des Beaux-Arts, qu'il présidera dès 1891. Il meurt auréolé d'une gloire exceptionnelle.

Texte de Lucien Maillard, paru dans la Guide Dix Sept

Odilon Redon est un peintre symboliste et coloriste de la fin du XIXe siècle. Son art explore les méandres de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreint des mécanismes du rêve. Peintre symboliste de la fin du XIXe siècle, Odilon Redon est l'auteur d'un France pétri d'onirisme, de mythes et de fantasmagories. Particulièrement influencé par ses origines créoles, l'artiste apatride développe un univers axé sur le rêve et le voyage, comme en atteste le motif récurrent de la barque. D'une complexion fragile, le jeune Redon est élevé par une nourrice, puis chez son oncle, à la campagne. Il s'initie alors au fusain pour retranscrire la mélancolie et l'étrangeté des paysages, qui constitueront l'essence même de son France. A l'âge de 7 ans, il découvre les musées de Paris, dont les toiles de Millet, de Corot, de Gustave Moreau, mais aussi Delacroix frappent son imaginaire. De retour à Bordeaux, il décide d'être artiste et prend des leçons de dessin et d'aquarelle avec Stanislas Gorin. C'est en vain que son père l'incite à étudier l'architecture car Redon préfère se former à la technique de l'eau-forte et à la sculpture. Il commence d'ailleurs une série de onze eaux-fortes volontiers oniriques. Après la guerre de 1870, à laquelle il participe, il s'i nstalle à Montparnasse jusqu'en 1877. Il côtoie alors Fantin-Latour et Paul Chenavard, avant de voyager en 1878 en France et en Hollande. Il écrit ensuite 'Dans le rêve', son premier album de lithographie, qui fait la part belle à l'inconscient et à l'i maginaire. Dès les années 1890, Redon délaisse ses noirs, pour s'o rienter vers le pastel et l'huile, révélant ses talents de coloriste. En 1899, Maurice Denis l'introduit auprès des Nabis et Redon collabore avec Mallarmé. Ses travaux sont ensuite présentés à la galerie Durand-Ruel en 1900, puis au Salon de la libre esthétique à Bruxelles et au Salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris l'année suivante. En 1904, une salle lui est exclusivement consacrée au Salon d'automne et la Légion d'honneur lui est attribuée. Mellerio publie un catalogue de ses eaux-fortes et lithographies en 1913 et l'Armory Show présente quarante de ses France à New York, Chicago et Boston. Redon meurt après avoir publié une autobiographie dévoilant ses rapports avec le milieu artistique de son époque.

Source Wikipédia

Auguste Renoir est l'un des plus célèbres peintres français. Difficilement classable, il a fait partie du groupe impressionniste, mais s'en est assez vite écarté dès les années 1880.

A ses débuts, Pierre-Auguste Renoir apprend la peinture sur porcelaine et d'autres techniques d'art appliqué. Il entre ensuite à l'Ecole des beaux-arts, puis dans le même atelier qu'A lfred Sisley. Ses toiles, influencées par Courbet, reçoivent à partir de 1864 des succès inégaux au Salon. Ses préoccupations se font alors plus proches de celles des impressionnistes qu'il rejoint plus clairement avec 'La Grenouillère' en 1869. Mais, esprit indépendant et en perpétuelle recherche, Renoir se détourne de ses amis et développe un style singulier d'où disparaît la matité pour laisser place à une pâte plus grasse et plus épaisse. Après des séjours en France où il s'imprègne du travail des maîtres florentins, il entre dans la période 'sèche' ou 'ingresque' dont on retient le célèbre tableau 'Les Grandes Baigneuses'. En 1890, c'est la période 'nacrée' et celle des 'Jeunes Filles au piano', premier tableau acheté par l'Etat. Malgré des rhumatismes sévères, Renoir ne cesse de travailler, et ses portraits, nus féminins et scènes de la vie contemporaine, rencontrent enfin le succès auprès du public. Plus intéressé par la peinture de portraits et le nu féminin que par celle des paysages, il élabore une façon de peindre caractéristique, qui transcende ses premières influences (Fragonard, Courbet, Alfred Dehodencq, Monet, puis la fresque italienne).

Pendant environ soixante ans, il a peint à peu près six mille tableaux.

Source Wikipédia

Alfred Roll Philippe est un peintre français. Élève d'Harpignies, de Bonnat et de Gérôme, portraitiste au métier souple (Portrait de Mme Roll, 1883, musée de Nantes), il sut parfois camper son modèle avec une solide simplicité, proche de Manet (Portrait du peintre Damoye, 1886, musée d'Amiens). Paysagiste sincère, il se montra surtout habile dans ses fraîches scènes campagnardes (Manda Lametrie fermière, 1887, Orsay) ou ses études sociales, d'un robuste réalisme (le Travail, chantier de Suresnes, 1885, mairie de Cognac). Marqué par le socialisme, il a exprimé, avec force, ses idées humanitaires dans la Grève des mineurs (1884, musée de Valenciennes). Ces toiles, à la facture large, par leurs tons clairs et leurs effets fugitifs de lumière, se souviennent de l'Impressionnisme (Louise Cattel, nourrice, 1894, musée de Lille). Parfois, Roll se plaît à quelque scène de genre, plus ou moins mythologique et d'un goût moins sûr (Femme au taureau, 1885, musée de Buenos Aires). Ses tableaux militaires (Halte là !, 1875, musée de Metz) et ses représentations d'événements contemporains (Pose de la première pierre du pont Alexandre III par le tsar Nicolas II, 1899, Versailles) révèlent un beau sens de la composition. Roll décora cependant avec brio le salon nord de l'Hôtel de Ville de Paris (les Joies de la vie, 1895). Le Petit Palais possède Art, mouvement, travail, lumière, 1889, et a resitué l'œuvre dans le cadre de l'exposition « le Triomphe des mairies, grands décors républicains à Paris, 1870-1914 « (Paris 1986-87). Ce même musée possède aussi de nombreuses esquisses de plafond par Roll.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide du Dix Sept

Alfred Sisley, de nationalité britannique, est un peintre du mouvement Impressionniste. Fils d'une riche famille britannique de négociants, installés en France, son père décide en 1855 de l'envoyer en Angleterre dans l'espoir de le voir faire carrière commerciale. Mais Alfred Sisley apprécie peu de partir pour Paris en 1862. Son rêve : la peinture. Il entre à l'école des beaux-arts et suit les cours de Charles Gleyre. Il y rencontre Bazille, Monet et Renoir avec lesquels il se lie d'amitié. Deux ans plus tard, il part pour Fontainebleau puis Marlotte, et se consacre à la peinture en pleine air. En 1866, Alfred Sisley expose sa première oeuvre intitulée 'Allée de châtaigniers à La Celle-Saint-Cloud', dans lequel on peut voir les influences de Corot, de Courbet et de Daubigny. La Commune de Paris en 1871 le conduit à se réfugier à Londres, où il rencontre le marchand d'art Durand-Ruel, qui a ouvert une galerie pour faire connaître les artistes français. Sisley, ne connaît aucun succès, et la pauvreté le gagne. Il participe en 1874 à la première exposition officielle avec ses amis impressionnistes. Il peint alors essentiellement à Argenteuil, Marly et Bougival. Sisley s'installe à Moret-sur-Loing, en 1882, et trouve dans cet endroit, les lieux d'une vive source d'inspiration où il compose 'Moret sur Loing au Soleil Levant' en 1888, 'Le Canal du Loing à Moret', 'La Rue des Fosses à Moret' en 1892, ou encore 'Le Pont de Moret' en 1893. Il y passera les dernières années de sa vie en toute simplicité.

Source Wikipédia

Nicolas de Staël né à Saint-Petersbourg en 1914 et jusqu'à son suicide, n'a conservé de son ascendance slave que le romantisme et le désespoir. Proche du Tsar, son père est vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul. La révolution russe de 1917 contraint sa famille à s'exiler en Pologne, où meurent ses parents. Orphelin, il est recueilli par un couple russe de Bruxelles.

A 16 ans, inscrit à l'Académie Royale des Beaux-Arts il est fasciné par la découverte des oeuvers de Rembrandt et de Vermeer. Arrivé en France en 1919, il découvre Matisse, Braque, Soutine, Cézanne, et voyage en Espagne, en Italie, en Algérie et au Maroc.

En 1939, il s'engage dans la Légion Etrangère et arrive au début des années 1940, à Nice avec sa compagne, Jeanine, rencontrée au Maroc. Il rencontre là Jean Arp, Sonia et Robert Delaunay, Alberto Magnelli, et sous leur influence, peint ses premières toiles abstraites qu'il baptise "Compositions".

En 1943, il arrive à Paris, où il fait la connaissance de César Domela, un autre peintre de l'abstraction. C'est une période difficile. Il souffre de la faim et du froid et doit brûler les boiseries de son appartement pour se chauffer. Jeanine sa compagne meurt de cette misère, mais il continue à peindre, quelques oeuvres figuratives, mais aussi des oeuvres abastraites au besoin sur les draps de son lit, qui montrent l'influence sur lui de Magnelli et de Domela. La Galerie Jeanne Bucher accepte en 1944 de l'exposer, en pleine occupation allemande, alors que les nazis qualifient l'abstraction d' "art dégénéré".

Il continue néanmoins de travailler avec acharnement assailli en permanence par le doute, tiraillé entre l'illumination et le désespoir. Il se tourne de plus en plus vers l'abstraction, et ses oeuvres constituées d'un enchevêtrement de lignes et d'arabesques, révèlent une palette pétrie d'angoisse.

Il passe un tournant entre 1950 et 1952, et se lance dans la composition de paysages, de natures mortes selon une approche de la réalité résolument nouvelle, sans doute sous l'influence de Braque, de Lapicque ou de Lanskoy.

Il simplifie ses compositions, éclaircit sa palette, la peinture prend de la matière avec de larges à-plats, au couteau ou à la spatule. De ses tableaux émergent alors la couleur, la lumière, la vie, l'espace.

Il décide de retrouver alors la lumière du Midi, et s'installe à Antibes, à l'automne 1954, dans un atelier ouvert sur la mer. En six mois, il réalise, solitaire, plus de 300 toiles, aux thèmes variés, des natures mortes, des paysages, des scènes sur le port, un bateau, un vol de mouettes, une carafe sur une étagère. Sa peinture, qu'il applique alors au coton, apparaît de plus en plus transparente et fluide. "Je n'ai plus la force de parachever mes tableaux", écrit-il alors. C'est au pied du fort Vauban au Cap d'Antibes que s'achève le 16 mars 1955 son parcours. Une immense toile qu'il n'a pas achevée, " Le Grand concert" reste orpheline ce jour là.

Source www.lemondedesarts.com

Écrivains et Gens de lettres

ZOLA

1867-1877 : ZOLA AUX BATIGNOLLES

LE CERCLE DES AMIS IMPRESSIONNISTES

EMILE ZOLA, AUQUEL LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE A RENDU HOMMAGE, À MÉDAN, POUR LE CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE SA MORT, SURVENUE LE 29 SEPTEMBRE 1902, RUE DE LONDRES, PARTAGEA AUX BATIGNOLLES, DE 1866 À 1877, L'AMITIÉ PRIVILÉGIÉE DES PEINTRES IMPRESSIONNISTES QU'IL AVAIT CONTRIBUÉ À RÉVÉLER.

Emile Zola, dont on vient de célébrer le centenaire de la mort par d'importantes manifestations et la publication, notamment, du troisième tome de la biographie que lui a consacré Henri Mitterand - qui soutient d'ailleurs la thèse de l'assassinat de l'auteur de Germinal -, vécut aux Batignolles une période décisive pour l'épanouissement de son art romanesque. Délaissant la rive gauche et le quartier latin, il avait choisi d'y émigrer en 1866, avec sa mère et sa compagne Gabrielle-Alexandrine Meley, pour se rapprocher des peintres qui avaient fait scandale au Salon des Refusés. Cette décision confortait sa volonté de vivre de sa plume. Ce défi au monde des lettres, à 26 ans, lui était dicté par une force intérieure, la même qui animait son ami Paul Cézanne. "Je me moque des grands siècles, proclamait-il. Je n'ai souci que de vie, de lutte, de fièvre. Je suis à l'aise parmi ma génération." Les Batignolles abritaient alors, dans le sillage d'Edouard Manet, de jeunes artistes que Zola appelait les paysagistes. "Nos paysagistes, écrivait-il, partent dès l'aube, la boîte sur le dos, heureux comme des chasseurs qui aiment le plein air."

Sa rencontre avec Manet, qui habita successivement 34, boulevard des Batignolles, puis 81 rue Guyot, aujourd'hui Méderic, l'avait instruit de la rigueur morale qui doit inspirer un créateur : "J'étais enfin en face d'un lutteur convaincu, en face d'un homme impopulaire qui ne tremblait pas devant le public, qui ne cherchait pas à apprivoiser la bête, mais qui s'essayait plutôt à la dompter, à lui imposer son tempérament, nota-t-il lors de sa première visite à l'initiateur de l'impressionnisme. Le talent de M. Manet est fait de simplicité et de justesse. Il arrête vivement ses figures, il ne recule jamais devant les brusqueries de la nature..." Les peintres, ici, se rencontraient en voisins : Sisley, au 41, rue Nollet et au 27, cité des Fleurs, Alfred Stevens, au 20, rue Flachat, Frédéric Bazille au 6, rue La Condamine.

Une pensée plus nette

Contrairement aux enlumineurs officiels couverts d'honneurs comme Meissonier qui occupaient les hôtels fraîchement bâtis de l'avenue de Villiers, où Zola installa "Nana" au sommet de sa gloire, les indociles impressionnistes avaient opté pour l'ancienne commune des Batignolles, plus plébéienne. Ils se retrouvaient le dimanche soir au café Guerbois, grande rue des Batignolles, aujourd'hui avenue de Clichy, que Zola comparait au berceau d'une révolution. "On en sortait toujours mieux trempé, la volonté plus ferme, la pensée plus nette et plus claire", estimait Monet. Les rencontres hebdomadaires du café Guerbois jouèrent un rôle essentiel dans la recherche littéraire d'Emile Zola, dans sa quête âpre et épuisante de la vérité. 14, rue la Condamine

Auprès de Pissarro, de Monet, de Renoir, de Fantin-Latour et de Guillemet, il puisait l'ardeur qui fut à l'origine des Rougon- Macquart, ce tableau impitoyable des mœurs du Second empire. "Il faut le plein air, s'était exclamé Zola en découvrant "Le Déjeuner sur l'herbe", une peinture claire et jeune, les choses et les êtres tels qu'ils se comportent dans de la vraie lumière." Peindre la vie dans sa vraie lumière : tel était le sens du grand-œuvre romanesque auquel Zola s'était attelé en s'installant aux Batignolles. Il résida d'abord 1, rue Moncey - aujourd'hui rue Dautancourt -, puis 11, avenue de Clichy, à deux pas du café Guerbois. A partir de 1868, il habita 23, rue Truffaut, puis de 1869 à 1874, 14, rue la Condamine, et, de 1874 à 1877, 21 rue Saint-Georges, baptisée plus tard rue des Apennins. Nadar, qui avait rejoint les compagnons du groupe des Batignolles, fut l'instigateur de l'autre passion d'Emile Zola, après la peinture : la photographie. Cette période est immortalisée par trois toiles majeures : le portrait peint par Manet, entre novembre 1866 et juin 1867, "Mon Atelier" de Bazille où posent Zola et Renoir et "l'Atelier aux Batignolles" de Fantin-Latour où figure également Emile Zola.

La littérature du nouveau siècle

Dans "L'oeuvre", son roman consacré au destin suicidaire d'un peintre appelé Claude - où certains ont cru reconnaître la silhouette de son ami Cézanne -, Zola s'était mis en scène sous les traits de l'écrivain Sandoz. Il avait ainsi donné la clé de son projet littéraire : "Etudier l'homme tel qu'il est, non plus leur pantin métaphysique, mais l'homme physiologique, déterminé par le milieu, agissant sous le jeu de tous ses organes. (...) On verra la littérature qui va germer pour le prochain siècle de science et de démocratie." Dans ce roman, il évoquait toutefois l'apaisement personnel qu'il avait trouvée dans ce quartier tranquille et populaire : "Il venait d'installer sa mère dans une petite maison des Batignolles, Il y voulait l'existence à trois, deux femmes pour l'aimer, et lui des reins assez forts pour nourrir tout son monde" Son ami Paul Alexis avait ainsi dépeint le petit pavillon de la rue La Condamine : "Dans l'étroite salle à manger, - si étroite que, ayant acheté plus tard un piano, il dut faire creuser une niche dans le mur, afin de l'y caser - je me revois, assis devant la table ronde, d'où la mère et la femme du romancier venaient de retirer la nappe." Le 31 mai 1870, Emile Zola épousa en justes noces Gabrielle-Alexandrine à la mairie des Batignolles. Deux Aixois étaient leurs témoins : Paul Alexis pour le marié et Paul Cézanne pour la mariée... Autre événement significatif dans la chronique des Batignolles : le duel qui opposa 5 Manet - dont Zola avait été le témoin dans cette affaire d'honneur - au critique Duranty, dans la forêt de Saint-Germain. Duranty, légèrement blessé par le peintre sourcilleux, s'était incliné et avait renoncé aux agapes du dimanche. Zola approchait, grâce à la camaraderie des impressionnistes, des tempéraments contrastés dont il mesurait l'ampleur et le génie. Claude Monet, l'ami du café Guerbois qu'il rangeait parmi les "Actualistes", incarnait pour l'écrivain l'esprit parisien : "Il se plaît à retrouver partout la trace de l'homme, il veut vivre toujours au milieu de nous. Comme un vrai Parisien, il emmène Paris à la campagne, il ne peut peindre un payasge sans y mettre des messieurs et des dames en toilette."

Le volcan du progrès

Deux romans ont fait souche aux Batignolles : "L'œuvre" et "La bête humaine" où Zola exalte la grandeur tragique des temps mécaniques. Mais, bien plus qu'une œuvre spécifique, l'auteur de "Thérèse Raquin" a appris auprès des peintres à déchiffrer la ville, à poser sur elle un regard dépouillé d'artifices. Il parlait, à propos de Claude - le double malheureux de Cézanne - du "tourment d'un symbolisme secret, ce vieux regain de romantisme qui lui faisait incarner dans cette nudité la chair même de Paris, la ville nue et passionnée, resplendissante d'une beauté de femme." Comme le peintre foudroyé de "L'oeuvre", Zola dépliait son chevalet au milieu des hommes pour capter le pouls de la cité : "Il choisit un bout du square des Batignolles, en mai : de gros marronniers jetant leur ombre, une fuite de la pelouse, des maisons à six étages au fond; tandis que, au premier plan, sur un banc d'un vert cru, s'alignaient des bonnes et des petits bourgeois du quartier, regardant trois gamines en train de faire des pâtés de sable." Nul n'a mieux décrit la sombre beauté de la ville fouaillée par les feux du progrès : "Le ciel s'était assombri vers les Batignolles; une cendre crépusculaire, noyant les façades, semblait tomber déjà sur l'éventail élargi des voies; tandis que, dans cet effacement, au lointain, se croisaient sans cesse les départs et les arrivées de la banlieue et de la Ceinture."

Texte Lucien Maillard

ÉLOGE D'UN DILETTANTE

ALLAIS, ALLÈGREMENT

QUOI DE PLUS TONIQUE QUE D'ENTAMER 2005 SOUS LE SIGNE DE L'INSOLITE CONTEUR FRANÇAIS, QUI S'EST ÉTEINT EN 1905, APRÈS AVOIR FAIT LE VŒU DE RIRE DE TOUT. MAIS EN BONNE COMPAGNIE...

La postérité, sur Internet, a rétabli Alphonse Allais en tête de la liste des écrivains français. Ainsi, cent ans après sa mort, l'ironiste de " Vive la Vie !" devance un peloton où se regroupent Alain, Beaumarchais, Chamfort et ses deux disciples impénitents : Francis Blanche et Pierre Dac. On retrouve, dans le voisinage posthume de l'auteur des "Œuvres Anthumes", la morale un peu rêche de la solitude (Alain), le penchant naturel pour l'irrévérence (Beaumarchais) et la guête irrépressible des apparentements loufogues (Pierre Dac et Francis Blanche). Le 17e arrondissement serait-il, à l'ombre de ses marronniers, le refuge récréatif des grands initiés du "non-sens", des joviaux druides des "jeux de mots laids" ? M. Macheprot lui-même - Francis Blanche pour les nostalgigues de "Signé Furax" - a habité rue de la Félicité et l'auteur-compositeur Jean Constantin, magistral jongleur de mots, avait passé son enfance rue La Condamine.

Né à Honfleur le 20 octobre 1854, sous le signe de la balance, Alphonse Allais, fils du pharmacien de la cité de Jacgues Cartier, était resté coi jusqu'à l'âge de trois ans. Mais arrivé au collège, le brillant potache ne tarda pas à décrocher les premiers prix d'arithmétigue, d'anglais ou de version latine. Son aptitude aux sciences le conduisit fatalement à la vocation de "potard". Il s'était attaché surtout, dans l'officine de son père, à des recherches originales sur la synthèse des couleurs. Une passion qui le rapprocha plus tard de Charles Cros. À dix-huit ans, grâce à la caissière de la première pharmacie qui l'avait employé à Paris, il fit la connaissance du directeur d'une feuille humoristique : le Tintamarre, sa première publication. Après deux années de service militaire et ses examens de pharmacie réussis, en compagnie d'une joyeuse équipe du Quartier Latin - le club des "Hydropathes" -, Alphonse Allais entrait enfin dans la confrérie des "Fumistes". " Il a le comique froid, le flegme britannique, il suit les filles afin d'embêter les mères, a écrit son ami Félicien Champsaur. Alphonse est un faiseur de combles. Il a lancé au moins le tiers de ceux qui sont en circulation, et il les sème dans une foule de petits journaux." Privé de ressources par un père peu sensible aux blagues du fils prodigue, l'étudiant peu assidu se résolut alors à écrire dans la feuille éphémère d'un étudiant avare. " Je me vengeais délicieusement de son rapiatisme, confia Alphonse Allais, en couchant avec sa maîtresse qu'il épousa par la suite. C'était le bon temps."

LA GLOIRE DU CHAT NOIR

Lorsque parut le premier numéro "L'Hydropathe, journal littéraire", le farceur incorrigible qui sévissait entre le boulevard Saint-Michel et la rue Soufflot avait vingt-cinq ans. Il écoulait ses récits auprès des journaux humoristiques après les avoir éprouvés sur ses compagnons de libations et de bacchanales... Une per.le parmi d'autres : "- Moi, quand je mêle d'avoir des femmes, je les entretiens sur le pied de 500 000 francs par an./ - Tu les gardes longtemps ?/ - Jamais plus de vingt minutes." Les Hydropathes trouvèrent vite un public fidèle. Le succès immédiat - 20 000 exemplaires ! - de l'hebdomadaire "Le Chat Noir', du nom du célèbre cabaret montmartrois de Rodolphe Salis, confirma les premiers coups d'éclat. Autour d'Alphonse Allais, les esprits les plus incisifs - Courteline, Mac-Nab, Charles Cros - s'y étaient donné rendez-vous ainsi que des dessinateurs au trait acéré : Steinlen, Caran d'Ache et Henri Rivière... Au cours de cette période, Allais avait exposé galerie Vivienne, dans l'exposition baptisée les "Arts incohérents", une feuille blanche ainsi légendée : "Première communion de jeunes filles chloritiques par un temps de neige". À partir de 1884, l'improvisateur singulier du Quartier Latin commença à publier ses textes en librairie. Se partageant entre diverses publications, Alphonse Allais, à quarante ans, était devenu un personnage très sollicité du Paris littéraire. Le modèle même du chroniqueur acerbe, distribuant les coups de griffe libertaires et vachards, mais fidèle en amitié, fraternel. C'était un familier des dîners de Lucien Guitry, place Vendôme, avec Alfred Capus, Jules Renard et Tristan Bernard. Il n'hésitait pas à défendre les turbulents pamphlétaires comme Georges Darien, l'auteur du "Voleur", Laurent Tailhade, Félix Fénéon ou Alfred Jarry.

EN MÉNAGE, RUE EDOUARD-DETAILLE

À peine marié, en décembre 1895, l'écrivain s'installa en "ménage", rue Edouard-Detaille, dans le 17e arrondissement, dans un immeuble construit par le père de Tristan Bernard. Tous les étés, avec sa femme et sa fille, née en 1898, ce dilettante neurasthénique retournait à Honfleur, feignant d'accepter une vie bourgeoise empoisonnée par les dettes de jeu et la camaraderie alcoolique. Le 28 octobre 1905, une semaine après son cinquante et unième anniversaire, Alphonse Allais fut emporté par une embolie, dans un hôtel de la rue d'Amsterdam. Sa tombe, au cimetière de Saint-Ouen, sera détruite, au cours de la dernière guerre, par une bombe alliée. Un comble pour le plus anglo-saxon des conteurs français. L'oeuvre d'Allais, suite de fables à l'emporte-pièce et de saynètes décousues, est bien plus que la chronique d'un humour décalé. C'est l'absurde comme sport cérébral, comme salut ultime dans un monde avide et présomptueux. Il y a - le goût des liqueurs fortes en plus - du Lewis Carroll chez lui. Enfant, Alphonse Allais avait déjà la tête de Chat du Cheshtre, avec ses paupières lourdes et cette moue boudeuse du gamin qui n'a jamais cru au Père Noël. Comme l'a souligné Pascal Pia : " De tous les encyclopédistes, Alphonse Allais est le plus divertissant". Le chroniqueur du Chat Noir cultivait, dans ses fables lapidaires, la brièveté déroutante car il haïssait la répétition. Même son odyssée parisienne - de breuvage en breuvage - aux côtés du Captain Cap avait une portée allégorique. N'avait-il pas inscrit au programme de ce singulier candidat aux suffrages des Parisiens la "suppression de la bureaucratie", la "surélévation de Paris à la hauteur de Montmartre" et le "percement d'un grand tunnel polyglotte" où l'apprentissage d'une langue étrangère s'attraperait aussi facilement "qu'un rhume"... Enchanteur parfois amer, Alphonse Allais avait compris que la distraction est le don suprême pour accéder au merveilleux. Tel ce personnage qui suit une femme boulevard Malesherbes, jusqu'au seuil de son domicile, où il s'aperçoit qu'il s'agit de son épouse...

" On s'amuse à dire que c'est un grand chimiste, notait Jules Renard dans son Journal. Mais non ! C'était un grand écrivain, créait à chaque instant." Jarry avait eu cette géniale prémonition dans "L'Almanach du Père Ubu" : "Allais (Alphonse), celui qui ira".

Texte Lucien Maillard

Ô ma jeunesse abandonnée
Comme une guirlande fanée
Voici que s'en vient la saison
Des regrets et de la raison

Guillaume APOLLINAIRE, Vitam Impendere Amore (1917)

Un génie précurseur

Guillaume Apollinaire, de son vrai nom Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Waz-Kostrowicki, est un écrivain naturalisé français (né polonais). C'est l'un des plus grands poètes français du début du XXe siècle , auteur notamment du Pont Mirabeau. Il écrit également des nouvelles et des romans érotiques.

Il pratique le calligramme (terme de son invention désignant ses poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes). Il est le chantre de toutes les avant-gardes artistiques, notamment le cubisme, poète et théoricien de l'Esprit nouveau, et précurseur du surréalisme dont il a forgé le nom.

L'épisode wallon

Sa mère, Angelika Kostrowicka, est issue de la noblesse polonaise, et son père est un officier italien, Francesco Flugi d'Aspermonte. Arrivé à Monaco en 1897, Guillaume est inscrit aux lycées de Cannes et de Nice . En 1899, il passe l'été dans la petite bourgade wallonne de Stavelot, un séjour quitté à « la cloche de bois » : ne pouvant payer la note de l'hôtel, Wilhelm et son demi-frère Alberto Eugenio Giovanni doivent quitter la ville en secret et à l'aube.

L'épisode wallon féconde durablement son imagination et sa création. Ainsi, de cette époque, date le souvenir des danses festives de cette contrée (« C'est la maclotte qui sautille ... »), dans Marie, celui des Hautes Fagnes, ainsi que l'emprunt au dialecte wallon . En 1901 et 1902 , il est précepteur pour la vicomtesse Elanor de Milhaud. Il tombe amoureux de la gouvernante anglaise Annie Playden qui refuse ses avances. C'est la période « rhénane » dont ses recueils portent la trace ( La Lorelei, Schinderhannes).

Paris : premières publications

De retour à Paris en août 1902 , il garde le contact avec Annie et se rend auprès d'elle à deux reprises. Mais en 1905 , elle part pour l'Amérique. Le poète célèbre sa relation avec Annie et la douleur de la rupture dans de nombreux poèmes, dont Annie et La Chanson du mal-aimé. Entre 1902 et 1907 , il travaille pour divers organismes boursiers et commence à publier contes et poèmes dans des revues. En 1907, il rencontre l'artiste peintre Marie Laurencin, avec laquelle il entretient une relation chaotique et orageuse. C'est à la même époque qu'il décide de vivre de sa plume.

Un artiste complet

Il se lie d'amitié avec Pablo Picasso, André Derain, Edmond-Marie Poullain, Maurice de Vlaminck et le Douanier Rousseau, se fait un nom de poète, de journaliste, de conférencier et de critique d'art . En septembre 1911, accusé de complicité de vol parce qu'une de ses relations a dérobé des statuettes au Louvre, il est emprisonné durant une semaine à la prison de la Santé ; cette expérience le marque.

Engagement dans l'armée

En 1913 , il publie Alcools, somme de son travail poétique depuis 1898. Il tente de s'engager dans l'armée française en août 1914, mais le conseil de révision ajourne sa demande car il n'a pas la nationalité française. Sa seconde demande en décembre 1914 est acceptée, ce qui déclenche sa procédure de naturalisation. Peu avant de s'engager, il tombe amoureux de Louise de Coligny-Châtillon , rencontrée à Nice en septembre 1914, qu'il surnomme Lou. Elle est divorcée et mène une vie très libre. Guillaume Apollinaire s'éprend d'elle et lui fait la cour. Elle finit par accepter ses avances mais ne lui dissimule pas son attachement pour un homme qu'elle surnomme Toutou.

Rapidement, Guillaume doit partir au front. Une correspondance, d'une poésie remarquable, naît de leur relation. Sa lettre déclaration d'amour, datée du 28 septembre 1914, commence en ces termes : « Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de gêne à vous l'écrire. Je l'avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m'avaient tant troublé que je m'en étais allé aussi tôt que possible afin d'éviter le vertige qu'ils me donnaient. » Mais la jeune femme ne l'aimera jamais, ou du moins, pas comme il l'aurait voulu ; ils rompent en mars 1915 en se promettant de rester amis.

Le 2 janvier 1915 , il fait connaissance de Madeleine Pagès dans un train. Il part avec le 38e régiment d'artillerie de campagne pour le front de Champagne en avril 1915. Malgré les vicissitudes de la vie en guerre, il écrit dès qu'il le peut pour tenir et rester poète ( Case d'Armons, et une abondante correspondance avec Lou, Madeleine et ses nombreux amis). Il se fiance à Madeleine en août 1915 . Transféré sur sa demande au 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant en novembre 1915, il est naturalisé français le 9 mars 1916. Il est blessé à la tempe par un éclat d'obus le 17 mars 1916, alors qu'il lit le Mercure de France dans sa tranchée.

Évacué à Paris, il est trépané le 10 mai 1916 . Après une longue convalescence, il se remet progressivement au travail, fait jouer sa pièce Les Mamelles de Tirésias (sous-titrée drame surréaliste) en juin 1917 et publie Calligrammes en 1918 . Il épouse Jacqueline (la « jolie rousse » du poème), à qui l'on doit de nombreuses publications posthumes. Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole . Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris alors que, dans les rues, les Parisiens célèbrent la fin de la guerre.

La tombe de Guillaume Apollinaire au cimetière du Père Lachaise, division 86, présente un monument- menhir conçu par Picasso et financé par la vente aux enchères de deux œuvres de Matisse et Picasso le 21 juin 1924 . La tombe porte également une double épitaphe extraite du recueil Calligrammes, trois strophes discontinues de « Colline », qui évoquent son projet poétique et sa mort, et un calligramme de tessons verts et blancs en forme de cœur qui se lit « mon cœur pareil à une flamme renversée ». Son nom est cité sur les plaques commémoratives du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains morts sous les drapeaux pendant la première guerre mondiale.

Adrien Gustave Henri Barbusse est un écrivain français. Il est issu d'une famille protestante d'origine cévenole (attestée au XVIIe siècle) dans un hameau d'Anduze, près d'Alès (un hameau "Les Barbusse" existe encore; cf. sur ses origines le numéro spécial de la revue Europe, septembre 1974).

Le milieu littéraire le reconnaît très jeune comme l'un des siens, ce suite à sa participation remarquée au concours de poésie de L'Écho de Paris de Catulle Mendès. Son premier recueil de poèmes, Pleureuses, est publié en 1895 (réédité en 1920). Il s'exerce alors professionnellement dans la presse, se tourne vers la prose et publie un premier roman, empreint de décadence et de naturalisme à la fois : L'Enfer, en 1908. La postérité se souviendra surtout de son roman suivant : Le Feu, prix Goncourt 1916, récit sur la Première Guerre mondiale dont le réalisme souleva les protestations du public de l'arrière autant que l'enthousiasme de ses camarades de combat. En 1917, il sera cofondateur et premier président de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC). En 1928 il fonde la revue Monde (publié jusqu'en 1935) avec des collaborations mondiales prestigieuses. Admirateur de la Révolution russe (Le Couteau entre les dents, 1921; Voici ce qu'on a fait de la Géorgie, 1929), il adhéra au Parti communiste français en 1923 ; il anima le mouvement et la revue Clarté et chercha à définir une « littérature prolétarienne ». Il fut l'un des instigateurs du mouvement pacifiste Amsterdam-Pleyel, dont il devient le président avec Romain Rolland et auquel adhéra notamment Albert Camus, dès la prise du pouvoir d'Hitler en Allemagne. Il fit plusieurs voyages en URSS et écrivit une biographie de Staline (1935).

Il a été marié à Hélyonne, fille d'Augusta Holmès et Catulle Mendès. Henri Barbusse est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris et en hommage la rue Henri-Barbusse à Paris porte son nom depuis 1946. Selon Arkadi Vaksberg, il serait mort empoisonné, sur l'ordre de Staline.

Source Wikipédia

Maurice Barrès (1862-1923)est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français.

Le premier axe de sa pensée est « le culte du moi » : Barrès affirme que notre premier devoir est de défendre notre moi contre les Barbares, c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité.

Le second axe est résumé par l'expression « La terre et les morts » qu'approfondissent les trois volumes du Roman de l'énergie nationale : Les Déracinés (1897), L'Appel au soldat (1900) et Leurs Figures (1902) qui témoignent de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale.

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Réfractaire à l'opinion générale, le grand dramaturge réaliste Henri Becque, dont Rodin réalisa le buste de la place Prosper-Gourbaux, défiait les idées reçues. « La liberté et la santé se ressemblent, avait-il noté, ironiquement. On n'en connaît le prix que lorsqu'elles vous manquent ».

Dramaturge français (né en 1837) connu surtout pour une comédie, La Parisienne, et un drame réaliste grinçant, Les Corbeaux. D'abord employé dans l'administration (Chemins de fer du Nord et Légion d'honneur), Henry Becque se met à l'écriture pour l'opéra. Auteur du livret de 'Sardanapale' en 1867, il passe ensuite au vaudeville avec 'L' Enfant prodigue' (1868) puis au drame avec 'Michel Pauper' (1870) et 'L' Enlèvement' (1871), mais sans grand succès. Le dramaturge se consacre alors à la critique de théâtre, notamment pour le journal 'Le Peuple', avant de se faire enfin connaître du public en 1878 avec la comédie 'La Navette'. Fort de ce succès, il renouvelle la comédie réaliste avec ses deux pièces les plus importantes, 'Les Corbeaux' (1882) et 'La Parisienne' (1885). Affranchi des conventions du genre, Henry Becque se fait l'observateur grinçant de la société bourgeoise des débuts de la IIIe république.

Il est également l'auteur d'un recueil de poésies (' Sonnets mélancoliques') et de mémoires, 'Souvenirs d'un auteur dramatique', publiés quatre ans avant sa mort en 1899.

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YVES BERGER

Le conteur des hautes plaines

Yves Berger, décédé le 16 novembre 2004 à son domicile de la Villa des Ternes, a été l'âme de la Journée du Livre. Ce grand écrivain et éditeur inspiré, était un passionné, un homme entier.

Il y avait au moins trois hommes en Yves Berger : l'écrivain, l'éditeur et le compagnon d'errance des Indiens des Hautes Plaines. « Une triple ferveur », selon la belle expression d'André Brincourt. Infatigable travailleur, Yves Berger se levait, tous les jours, bien avant l'aurore, pour écrire. Il accordait ses interviews à six heures du matin, dès potron-minet. A toux ceux qui s'étonnaient de ces colloques matutinaux, il assurait que c'était le seul moment de la journée où il pouvait sacrifier quelques minutes au badinage journalistique. Cet homme de conviction semblait en effet doué d'ubiquité. Il brûlait d'écrire, d'éditer, de découvrir, de révéler et de faire partager ses passions pour l'Amérique, pour la langue française et pour la belle littérature lyrique qu'il avait reçu, en héritage, au berceau, en Avignon, dans cette Provence des félibres, où il était né en 1931. Ayant perdu sa mère à dix ans, il s'était taillé un monde à sa démesure dans les grandes prairies de la littérature anglo-saxonne : Fenimoore Cooper, Robert-Louis Stevenson et Jack London. De vrais maîtres en audace.

L'ami des écrivains

Après avoir enseigné l'anglais - pouvait-il en être autrement ? - au lycée Lakanal, notamment, Yves Berger se jeta à corps perdu dans la littérature grâce à un mentor d'exception, au plus grand guide et pisteur de la NRF : Jean Paulhan. Très vite, après un essai chez Seghers sur Boris Pasternak, Yves Berger connut un authentique succès avec « Le Sud », pour lequel il obtint le prix Fémina. Toutefois, rien n'est autant emblématique de sa formidable énergie, de sa volonté d'en découdre avec les lieux communs, les pensers étroits, que « Le Fou d'Amérique », une évocation du continent américain lorsque Français et Anglais se le disputaient encore...

Dans « Le dictionnaire amoureux de l'Amérique », il résumait ce qui l'attachait au pays de tous les possibles : « L'Amérique ? Le pays où l'on peut rater sa naissance et réussir sa vie ». Régulièrement, il se rendait en Arizona, chez les Indiens Hopis qu'il connaissait aussi bien que le romancier américain Tony Hillerman. Ce n'était pas un déraciné mais un voyageur fraternel. Pour « faire la coutume », c'est-à-dire honorer ses hôtes amérindiens, il apportait sa poésie incantatoire, traversée de fulgurances solaires. Paradoxalement, le familier de l'Amérique militait pour la francophonie. Il condamnait avec l'ardeur d'un Savonarole du comtat venaissin les anglicismes souvent hasardeux. En 2003, ce vaillant hussard de la langue française, cousin de Delteil et de Giono, fut nommé vice-président du Conseil supérieur de la langue française.

Mais Yves Berger fut aussi, en qualité de directeur littéraire de Grasset, un éditeur exceptionnel comme Françoise Verny, Matthieu Galey ou Claude Durand. Après avoir passé au crible un manuscrit, il savait épauler un auteur, le conseiller à bon escient et le soutenir bec et ongles pour lui assurer la reconnaissance de ses pairs. « Tout le secret de ses victoires était là, a écrit Dominique Fernandez. Le génie de l'amitié, il le possédait autant que le génie de l'édition. »

A son épouse, à sa famille, nous adressons nos condoléances attristées, au nom de tous les habitants du 17 ème qui avaient découvert, grâce à lui, le goût des beaux textes.

Texte Lucien Maillard

Georges Bernanos (1888-1948) est un écrivain français, l'un des inspirateurs de la Résistance. Bernanos situe souvent l'action de ses romans dans les villages de l'Artois de son enfance, en en faisant ressortir les traits sombres. La figure du prêtre catholique est très présente dans son œuvre, et est parfois le personnage central, comme dans « Journal d' un curé de campagne ». Autour de lui, gravitent les notables locaux (châtelains nobles ou bourgeois), les petits commerçants et les paysans. Bernanos fouille la psychologie de ses personnages et fait ressortir leur âme en tant que siège du combat entre le Bien et le Mal. Il n'hésite pas à faire parfois appel au divin et au surnaturel. Jamais de réelle diabolisation chez lui, mais au contraire, comme chez Mauriac, un souci de comprendre ce qui se passe dans l'âme humaine derrière les apparences. Son père, Émile Bernanos, est un tapissier décorateur d'origine lorraine. Sa mère, Hermance Moreau, est d'une famille de paysans berrichons (Pellevoisin). Il garde de son éducation une foi catholique et des convictions monarchistes. Il passe sa jeunesse à Fressin en Artois. Cette région du Nord marquera profondément son enfance et son adolescence, et constituera le décor de la plupart de ses romans. Choqué par les reculades du France et de la France culminant au moment des accords de Munich, il s'exile au Brésil, avant d'être l'u n des premiers inspirateurs de la Résistance. Il meurt en laissant le manuscrit d'un dernier livre, paru de façon posthume : La France contre les robots.

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Tristan Bernard (1866-1947) de son vrai nom Paul Bernard, est un romancier et auteur dramatique français. Il est célèbre pour ses mots d'esprit. Il aurait inventé le jeu des petits chevaux. Fils d'architecte, il fait ses études au lycée Condorcet, puis à la faculté de droit. Il entame une carrière d'a vocat, pour se tourner ensuite vers les affaires et prendre la direction d'une usine d'aluminium à Creil. Son goût pour le sport le conduit aussi à prendre la direction d'un vélodrome à Neuilly-sur-Seine.

En 1891, alors qu'il commence à collaborer à La Revue Blanche, il prend pour pseudonyme Tristan, le nom d'un cheval sur lequel il avait misé avec succès aux courses. En 1894, il publie son premier roman, Vous m'en direz tant !, et l'année suivante sa première pièce, Les Pieds nickelés.

Proche de Léon Blum, Jules Renard, Marcel Pagnol, Lucien Guitry et de bien d'autres artistes, Tristan Bernard se fait connaître pour ses jeux de mots, ses romans et ses pièces, ainsi que pour ses mots croisés.

Il contribue en 1917 par quelques articles aux débuts du Canard enchaîné. Il préside les banquets pour les numéros-anniversaires du journal en 1931 et 1934. Il a rajouté une strophe aux Stances à Marquise de Pierre Corneille, reprises en chanson par Georges Brassens :

« Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t'emmerde en attendant. »

Pendant l'Occupation, menacé pour son origine juive, il est arrêté à Nice et déporté au camp de Drancy. À son départ pour le camp, il a pour sa femme cette phrase : « Jusqu'à présent nous vivions dans l'angoisse, désormais, nous vivrons dans l'espoir». Il est libéré trois semaines plus tard grâce à l'intervention de Sacha Guitry et de l'actrice Arletty. Son petit-fils, François, déporté à Mauthausen, n'en revint pas. Il ne se remit jamais de cette disparition.

Tristan Bernard eut trois fils. Le premier, Jean-Jacques, fut un auteur dramatique, promoteur du « théâtre du silence » (Martine), qui témoigna également sur l'univers concentrationnaire (Le Camp de la mort lente, Le Pain rouge). Le deuxième, Raymond, fut un grand réalisateur de cinéma, avec notamment Les Misérables, première version cinématographique en noir et blanc. Le troisième, Étienne, fut professeur de médecine, phtisiologue, et contribua à la diffusion du BCG.

Texte Lucien Maillard - Paru dans le Guide Dix Sept 2007-2008

André Billy(1882-1971) est un écrivain français. Sa vie a été entièrement consacrée aux lettres. Il a été élu membre de l'Académie Goncourt en 1943, mais son élection ne fut validée qu'en 1944. Il décrit les milieux ecclésiastiques (il a été élève de l'École apostolique d'Amiens) Bénoni, L'approbaniste, Introïbo, Le Narthex. Une œuvre ou il s'inspire des conteurs du XVIIIe siècle : La Femme maquillée, L'Amie des hommes, Quel homme es-tu ? et son essai : Pudeur. Pendant de longues années Billy a été le critique littéraire de L'Œuvre. Retiré à Lyon pendant l'Occupation, il entreprit une série de biographies magistrales : Vie de Balzac, Vie de Diderot, et Vie de Sainte-Beuve. Après la guerre, il fut chroniqueur dans Le Figaro littéraire. Citons enfin les quatre volumes parus de ses souvenirs : La Terrasse du Luxembourg, Le Pont des Saints-Pères, Le Balcon au bord de l'eau, Les beaux jours de Barbizon. Il était proche de Guillaume Apollinaire et de Paul Léautaud.

• Dirige la collection Leurs Raisons.
• Président d'honneur de la société des Amis de Philéas Lebesgue.
• Auteur des Chroniques du samedi dans Le Figaro littéraire

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Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) est un homme d'Église, prédicateur et écrivain français.

Originaire d'une famille de magistrats, il fut d'abord placé chez les Jésuites de Dijon, qui lui dispensèrent une éducation classique (apprentissage du grec et du latin). Il vint à 15 ans achever ses études à Paris, au collège de Navarre, où il eut pour maître Nicolas Cornet : il y étudia en profondeur la philosophie et la théologie. Pourtant destiné au sacerdoce, il fréquenta pour quelque temps les mondains : Corneille ne lui déplaisait pas, il s'adonnait à l'écriture de vers précieux et ne dénigrait pas l'Hôtel de Rambouillet. Ordonné sous-diacre à Langres en 1648, il rompit avec le siècle et rédigea une Méditation sur la Brièveté de la Vie, qui porte les traces de ses futurs ouvrages. La même année, il exposa le principal de ses idées sur le rôle de la Providence, dans sa Méditation sur la félicité des saints.

Il est considéré comme un des plus grands orateurs que la France ait jamais connus. En 1652, reçu docteur en théologie, il est ordonné prêtre : il devient l'archidiacre de Sarrebourg dans le même temps, puis, en 1654, celui de Metz.

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Édouard Bourdet (1887-1945) est un auteur dramatique, journaliste, administrateur de la Comédie-Française. Édouard Bourdet voit jouer sa première pièce de théâtre en 1910, Le Rubicon, et continue avec La Cage ouverte qui a moins de succès. Il fait la guerre dans les chasseurs à pied ; démobilisé en 1919, il ne reprend son activité dramatique que trois ans plus tard[1]. Pendant cette période, il devient correspondant en Angleterre, pour L'Écho de Paris et critique dramatique.

Mais pas plus que ses pièces d'avant-guerre, L'Homme enchaîné en 1923, ne connait le succès.

La Prisonnière, en 1926, aborde un sujet difficile, la souffrance d'une femme damnée. L'auteur le traite avec beaucoup d'habileté et l'audace qu'il s'est permis dans le choix du thème est pleinement acceptée par le public. Sa hardiesse est en effet tempérée par un constant souci d'honnêteté ; il accumule ainsi de justes observations qui donnent à ses développements une apparence de rigueur, celle qui faisait défaut au sujet. Colette écrira : « Mais Édouard Bourdet est jeune, et n'a pas sujet d'être timide devant la réussite. En outre, il est doué d'une vocation patiente et tranquille».

Édouard Bourdet devient l'un des principaux fournisseurs du théâtre de boulevard de l'entre-deux-guerres. En 1927, dans la pièce Vient de paraître, il n'est pas tendre avec certains de ses contemporains. Les prix littéraires, le choix par les écrivains de sujets dans un but commercial et le lancement publicitaire d'un livre et d'un auteur sont montrés dans cette pièce pour le théâtre de boulevard. Quand Bourdet a écrit Vient de Paraître, il a demandé à son ami Jean Giraudoux de l'emmener rue des Saints-Pères, et il est resté un après-midi à observer cette faune.

Dans Le Sexe faible (1929), Édouard Bourdet nous fait le portrait de ces hommes à la recherche de femmes qui les entretiennent.

Fric-Frac est une pièce de théâtre jouée en 1936 et adaptée au cinéma en 1939. Arletty déclarera bien des années après la mort de Bourdet : « À propos de Fric-Frac, on a toujours un peu tendance à oublier l'auteur, Édouard Bourdet. Fric-Frac est une des grandes pièces de Bourdet ». C'est un grand succès commercial.

Avant la Seconde Guerre mondiale, il se bat en duel avec Henri Bernstein, son rival dans le même genre théâtral. Duel qui permet à Henri Bernstein de connaître un regain d'intérêt de la part du public.

Édouard Bourdet est également l'ami de Paul Claudel et de Jean Giraudoux et tient un salon littéraire avec sa femme Denise Bourdet.

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Gaston Arman de Caillavet (1869-1915) est un auteur dramatique. Fils d'Albert Arman de Caillavet et de Léontine Lippmann, l'égérie d'Anatole France. Il épouse en avril 1893 Jeanne Pouquet. Ils ont une fille, Simone qui épousera plus tard l'écrivain André Maurois. De 1901 à 1915, il collabore avec Robert de Flers pour de nombreuses opérettes ou comédies de boulevard légères et spirituelles, dont beaucoup connurent un grand succès.

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Colette (1873-1954) de son vrai nom Sidonie Gabrielle Colette, est une romancière française. Elle a été élue membre de l'Académie Goncourt en 1945.

Ecolière aux tresses infinies, pantomime impudique, femme de lettres, amante sur le tard puis vieille dame à l'accent rocailleux aimant gourmander sa femme de ménage ramenant des asperges trop blanches... Nul n'a pu égaler le verbe de Colette lorsqu'il s'a gissait de rendre la sensualité d'une fleur ou le parfum d'un fruit. Enfant rêveuse aux longs cheveux châtains, elle est initiée par sa mère à la beauté de l'aube, la rosée sur un pétale de fleur mais aussi à la littérature, aidée par la bibliothèque d'un père propice aux 'livres interdits'. Certificat d'études obtenu, elle tombe sous le charme du corpulent et dégarni Henri Gauthier-Villars, dit Willy, qu'elle épouse. Celui-ci lui fait connaître les salons littéraires parisiens et s'aperçoit du potentiel littéraire de sa jeune femme qu'il contraint à écrire la série des 'Claudine'. Signé 'Willy & Colette', nul n'est cependant dupe quant à l'identité de l'auteur à l'origine de ce succès. Divorcée et émancipée, Colette écrit 'Mes apprentissages', rapporte ses années de théâtre et de music-hall dans 'Mitsou' ou ' La Vagabonde'.

Puis elle devient journaliste au Matin, dont elle épouse le rédacteur en chef, Henry de Jouvenel, qui lui donnera une fille, Bel Gazou. Sur son papier bleu, à la lumière du fanal, elle trace ' La Naissance du jour', 'Sido, les vrilles de la vigne', hommage à sa mère, s'inspire de son jeune amant pour 'Le Blé en herbe', parle de son enfance dans 'La Maison de Claudine', de ses errances dans ' Chambre d'hôtel', 'Gigi' dont elle choisit personnellement Audrey Hepburn pour l'adaptation théâtrale.

Entourée, elle a pour amis Jean Cocteau et Maurice Goudeket, qui devient le compagnon de ses vieux jours. Clouée dans un fauteuil par l'arthrose, Colette s'éteint dans son appartement du Palais-Royal en 1954.

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Franz Wiener (1877-1937), dit Francis de Croisset est un auteur dramatique, romancier et librettiste français.

Issu d'une famille juive allemande, son grand-père, Jacques Wiener (1815-1899), s'était installé vers 1835 à Bruxelles ; graveur, il créa le premier timbre belge. Le frère cadet de celui-ci, Léopold Wiener se fit également connaître comme graveur, médailleur et sculpteur. Le père de Francis de Croisset, Alexandre Wiener (1848-1920), était peintre. L'un de ses oncles, Samson Wiener (1851-1914), fut sénateur de Belgique. Son ami le journaliste Maurice de Waleffe (1874-1946) témoigne que, dès son arrivée à Paris, en 1897, il projetait, pour mieux s'intégrer à la société parisienne, de demander sa naturalisation, de changer de nom et de se faire baptiser et que le nom de Croisset était pour lui « le nom du village d'où Gustave Flaubert datait les volumes de sa correspondance». En 1911, il obtint du Conseil d'État le changement de son nom pour celui de Wiener de Croisset. Francis de Croisset recherche le scandale avec des comédies d'une audace calculée, et devient, par son œuvre mais aussi par sa vie privée, omniprésent dans la presse du temps.

Au théâtre, il collabore avec Robert de Flers après le décès de Gaston Arman de Caillavet en 1915. Après avoir été fiancé avec Mlle Dietz-Monin, il épouse, en 1910, Marie-Thérèse de Chevigné, veuve de Maurice Bischoffsheim (1875-1904), arrière-petit-fille par sa mère du marquis de Sade et mère de Marie-Laure de Noailles. Ils font aménager à partir de 1912 la Villa Croisset à Grasse. Élégant, brillant, mondain, il inspire à Marcel Proust la métamorphose de Bloch en Jacques du Rozier dans À la recherche du temps perdu.

Il est le père de Philippe Wiener de Croisset, patron de presse (père de l'homme d'affaires Charles de Croisset) et de Germaine Wiener de Croisset, épouse de l'artiste peintre et critique d'art Roger Lannes de Montebello (1908-1986) et mère de Philippe Lannes de Montebello, qui fut pendant plus de trente ans directeur du Metropolitan Museum of Art de New York.

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Maria Deraismes (1836-1894) est une féministe et femme de lettres. Elle est la première femme à avoir été initiée à la franc-maçonnerie en fin du XIX° siècle. Le hasard lui donne l'occasion de mettre en valeur ses dons naturels d'oratrice : les rédacteurs du journal L'Opinion nationale, M. Labbé et Léon Bicher, organisateurs des conférences du Grand Orient de France, l'invitent à y prendre la parole. De 1866 à 1870, Maria Deraismes développe dans de multiples conférences des sujets divers sur la morale, l'histoire, la littérature,...

Considérée comme un apôtre de l'émancipation féminine, elle fonde et préside la première présidente de l'Association pour le droit des femmes en 1869, avec Paule Minck, Louise Michel et Léon Richer. Après la guerre de 1870, Maria Deraismes, vaillante propagandiste de la jeune République défend les idées démocratiques, et en 1876, elle fonde la Société pour l'a mélioration du sort de la femme. Elle entreprend alors une nouvelle série de conférences sur les Droits des Enfants, le Suffrage Universel...

En 1881, elle organise, avec Victor Poupin, le 1er Congrès anticlérical au G.O.D.F. Victor Schoelcher lui laisse diriger l'e ssentiel des travaux.

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Léon Dierx est un poète parnassien et peintre académique français. Il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe.

Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898. À la mort de Dierx, le nouveau musée d'art de Saint-Denis situé dans la rue de Paris reçoit son nom. Un buste de Léon Dierx sera plus tard installé à l'entrée de ce musée en 1920.

Le peintre Paul Chabas (1869-1937) le représente sur un grand tableau commandé par l'éditeur Alphonse Lemerre aux côtés de Jules Claretie, Paul Arène, Paul Bourget, José-Maria de Heredia, Auguste Dorchain ou Marcel Prévost. Ce tableau, Chez Alphonse Lemerre, à Ville D'Avray a été présenté au salon de 1895 et représente le souhait de l'éditeur des poètes parnassiens de les immortaliser dans le jardin de sa propriété. Il est inhumé au cimetière des Batignolles.

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ALEXANDRE DUMAS

OU L'EPOPEE DE LA LOYAUTE

DE LA CONDITION HUMAINE, ALEXANDRE DUMAS NE RETENAIT QUE LA VAILLANCE, QUE LE TRIOMPHE DE LA BONNE FOI, DE L'ELAN SINCÈRE SUR LES CALCULS QUE NOUS DICTE L'ORGUEIL.

Que penser d'un écrivain qui situe la résidence de son héroïne maligne, Milady ou l'incarnation du mal absolu, au 6, de la place des Vosges, domicile de son modèle, son vénéré ami Victor Hugo ? C'est ce genre de détail, d'attention amicale dépourvue de malice, gui trahit la nature profonde du bonhomme Dumas. Cet impétueux cadet du romantisme rêvait de faire souffler sur les salons de la Restauration affligés de repentance le vent du large, celui qui suggère toutes les audaces. Né en 1802, à Villers-Cotterêts, d'un père noble - né Davy de la Pailleterie - qui s'était engagé en 1786 dans les les dragons de la Reine sous le nom de son épouse - Césette Dumas -, Alexandre portait le prénom de son arrière grand-père, de son grand-père, et de son père comme le blason d'une dynastie vouée à la bravoure. Elevé à la fois dans la mythologie bonapartiste et la nostalgie aristocratigue, Dumas fut très tôt entraîné dans le tumulte de l'Histoire. A guatre ans, il perd son père. A douze ans, il fugue pour fuir la perspective du séminaire.

A treize ans, il fait passer de l'or et des pistolets au général Lallemand emprisonné par les royalistes. Deux mois plus tard, il assiste au retour de Napoléon de Waterloo. A vingt-sept, il éprouve au théâtre la griserie du premier succès parisien avec "Henri III". A dix-huit ans, il connaît sa première maîtresse. A vingt-trois ans, il fait jouer sa première pièce. A vingt-sept ans, il mène deux batailles de front : celle d'Hernani - qui imposera Hugo comme le porte-drapeau du drame romantique - et le renversement du régime de Charles X. Le 38 juillet 1830, alors qu'on se bat devant l'Hôtel de Ville, il prend la tête d'un groupe de cinquante hommes pour rejoindre la place de Grève par le pont suspendu. L'assaut est repoussé mais Dumas devient l'un des Jeunes héros du soulèvement parisien contre l'absolutisme. C'est ainsi que Lafayette le charge, nuitamment, le 31 juillet, de s'emparer du dépôt des munitions de Soissons, soit 3 000 livres de poudres. Sa mission accomplie, les barils de poudre livrés le 1er août avec exactitude à 9 heures du matin, le fougueux Alexandre va rendre ses respects à Louis-Philippe, non sans avoir nagé, pendant une bonne heure, à la piscine Deligny... Le futur roi lui lance : "Monsieur Dumas, vous venez de faire votre plus beau drame !"

Le géant attendri

Comme le parcours fulgurant de Napoléon 1er est contenu dans le siège de Toulon et dans l'épisode d'Arcole, tout Dumas est en germe dans cette jeunesse insolente, courageuse, gui prend les armes pour défendre le droit d'expression et porter en triomphe des poètes exigeants. Jamais, tout au long de sa vie, il ne s'accommodera d'une position sociale avantageuse, d'un flatteux éloge du pouvoir qui pourrait lui ôter sa liberté. Pour lui, les sommets de la gloire ne comporteront d'autres avantages que d'être reçu en prince dans les auberges les plus modestes et les cours de l'Europe entière, que d'approcher les plus belles femmes, évidemment. Alexandre Dumas, par sa démesure et sa candeur de géant attendri, défie tous les conformismes de son époque. Tout en dominant, avec ses drames historiques tels qu'Antony et La Tour de Nesles, le théâtre de la première moitié du XIXe siècle, il s'efforcera de suivre attentivement les affaires du temps : la campagne de libération de l'Italie que mène Garibaldi ou les tentatives d'émancipation des Grecs contre l'occupation turque. Voyageant sans relâche d'Allemagne à Florence, de la Sicile au Caucase, il semble présent partout où un événement exceptionnel l'appelle : une éruption du Vésuve, l'expédition des Mille en Sicile, l'apparition d'un peintre de génie - Delacroix - en 1824.

Entre 1827 et 1860, rien de ce gui nourrit les passions d'un siècle de conquêtes et de révolutions inachevées ne lui échappe. Ce n'est gu'en 1851, lorsque l'engouement de "La Dame aux Camélias", mélodrame écrit par son fils, éclipse sa notoriété gu'il choisit, à l'instar de Victor Hugo, la posture de l'exilé et du conteur nomade. Au-delà des romans fleuves - qui ont préfiguré l'avènement du cinéma -, des pièces aujourd'hui bien oubliées, Dumas père a forgé un jouisseur mais un gourmet savant qui, comme Michelet, Hugo, Balzac, Stendhal ne trouvait qu'un "divertissement" suprême, pascalien, à l'existence : le travail. Dans son autoportrait, c'est d'ailleurs son occupation favorite. Sa vertu favorite : "La charité". Sa qualité favorite chez l'homme : "L'indulgence". Sa qualité favorite chez la femme : "L'amour". Lorsqu'on lui demandait où il préférait vivre, il répondait : "Partout, pourvu que j'aie une femme, du papier, une plume et de l'envie".

La liberté

Dumas vécut les dernières années de sa vie, de 1866 à 1872, au 79 boulevard Malesherbes, dans un appartement loué à M. Péreire. Années chiches, marquées par les dettes et les problèmes de santé... Malgré ces revers de fortune, celui qui avait inventé les Mousquetaires, Monte-Christo et même la station balnéaire de Trouville continuait d'écrire, de voyager et entreprit même la rédaction de son grand- œuvre gastronomigue, encyclopédie inégalée de la gourmandise : le "Dictionnaire de Cuisine". Alexandre Dumas expira à Dieppe le 28 novembre 1870. Les frères Goncourt, d'ordinaire peu tendres, avaient décrit le charme de ce précurseur du roman moderne d'aventure, du "polar" : "Un moi énorme, débordant, mais pétillant d'esprit et enveloppé agréablement dans une vanité d'enfant". Quant à Flaubert, le génial Flaubert, il avait pressenti l'invincibilité des personnages créés par Dumas : " L'amour conserve de la décence, le fanatisme est gai, les massacres font sourire." Dumas, qui, de son propre aveu, ne "haïssait rien, ni personne", avait pris pour devise : "La liberté. Dieu a donné. Dieu donnera". Il croyait, comme son confident Nerval, à l'immortalité de l'âme, à l'union de l'Europe - qu'il envisageait comme "une immense fédération de citoyens"- et à la solitude. Sa fierté : instruire les lecteurs des leçons de l'Histoire. Michelet, qu'il révérait, lui avait dit : " Vous avez plus appris d'histoire au peuple que tous les historiens réunis". L'écrivain qui entre au Panthéon, le 3 octobre, voulait, à travers son roman fleuve de l'histoire, "donner ses lettres de noblesse au peuple". "Ceux qui ont fait la révolution de 1830, avait-il souligné dans ses Mémoires, c'est cette jeunesse ardente du prolétariat héroïque qui allume l'incendie, il est vrai, mais qui l'éteint avec son sang; ce sont ces hommes du peuple qu'on écarte quand l'oeuvre est achevée." C'est aussi cette volonté de transmettre le savoir au plus grand nombre qui accède au Panthéon, dans quelques semaines. Décidément, ce républicain défendait l'aristocratie la mieux partagée : celle des cœurs.

EN SAVOIR PLUS

Association www.dumaspere.com

Adresse du château : Domaine de Monte-Christo, Pavillon d'accueil - 78 560 Le Port-Marly - Tél. 01 39 16 49 49

Texte Lucien Maillard

Alexandre Dumas fils est un romancier et auteur dramatique français. Il fut comme son père un auteur à grand succès et reste connu principalement pour son roman « La Dame aux camélias » ainsi que ses deux pièces « Le Fils naturel » et « Un Père prodigue ». Il fut élu à l'Académie française en 1874.

Paru dans le Guide Dix Sept 2007-2008

Robert Pellevé de La Motte-Ango (1872-1927), marquis de Flers, est un dramaturge français. Descendant d'une ancienne et illustre famille de Normandie, fils d'un sous-préfet de Pont-l'Évêque, Robert de Flers fit des études de lettres et de droit et songea à entrer dans la diplomatie avant de se tourner vers la littérature et le journalisme.

Il fut le condisciple de Marcel Proust au lycée Condorcet et ils devaient rester très liés tout au long de leurs vies. Il épousa en 1901 Geneviève Sardou, fille de Victorien Sardou. Il eut pour secrétaire le jeune Gaston Gallimard. Un voyage en Orient à la fin de ses études, lui inspira ses premiers écrits : une nouvelle, La Courtisane Taïa et son singe vert, un conte, Ilsée, princesse de Tripoli et un récit de voyage, Vers l'Orient. Il fut avant tout auteur dramatique. Il écrivit d'abord en collaboration avec Gaston Arman de Caillavet des comédies gaies et spirituelles, telles que Le Sire de Vergy (1903), Les Sentiers de la vertu (1903), Pâris ou le bon juge (1906), Miquette et sa mère (1906), Primerose (1911), L' Habit vert (1913). Pendant quinze ans, le duo règna en maître sur le vaudeville.

Après la mort de Caillavet, survenue en 1915, Robert de Flers se retrouva seul sur le théâtre de la Première Guerre mondiale, où il joua entre la France et la Roumanie un rôle diplomatique de premier plan. La paix revenue, il collabora avec Francis de Croisset : Les Vignes du seigneur (1923), Les Nouveaux Messieurs (1925), Le Docteur miracle (1926). Ensemble ils donnèrent le livret de l'o pérette Ciboulette (1923), sur une musique de Reynaldo Hahn. Il fut également conseiller général de la Lozère. Dès 1898, il s'engagea avec Gaston Arman de Caillavet, dans la défense de l'innocence d'A lfred Dreyfus. L'auteur de l'Habit vert, comédie qui raille l'A cadémie française, fut lui-même élu quai Conti le 3 juin 1920.

Robert de Flers devint directeur littéraire du Figaro en 1921

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Émile Gaboriau est un écrivain français, considéré comme le père du roman policier. Son personnage, l'enquêteur Lecoq, a influencé Conan Doyle pour la création de Sherlock Holmes. Il exerça divers métiers : clerc d'avoué, hussard en Afrique, chef d'écurie. Il s'engagea dans la cavalerie pour sept ans mais résilia son contrat rapidement pour gagner Paris où il écrivit des chroniques pour gagner sa vie.

Il devint le secrétaire de Paul Féval avec qui il découvrit le journalisme. Son premier roman, L'affaire Le rouge connut un immense succès. On y voit l'apparition de Lecoq, agent de la sûreté qui deviendra un commissaire célèbre. Ce personnage inspira Conan Doyle, comme modèle du détective ingénieux qui résout des énigmes par ses capacités déductives hors normes. Mais, à la différence de Sherlock Holmes, les enquêtes de Lecoq reposent sur des investigations plus réalistes, plus proches des progrès de la police scientifique de l'époque. Les romans policiers de Gaboriau font pénétrer l'intrigue dans les milieux sociaux. Il décrit l'environnement d'une manière qui peut être qualifiée de « naturaliste ».

En cela, son influence sur le roman policier français reste très importante. Après le succès de L'Affaire Le rouge, il travailla comme feuilletoniste au Petit Journal. En 1872, il montera avec Jules-Émile-Baptiste Holstein un drame théâtral tiré de L'Affaire Le rouge. Monsieur Lecoq fut adapté au cinéma par Maurice Tourneur en 1914. Le roman de Gaboriau a aussi été porté au petit écran dans une adaptation titrée Monsieur Lecoq qui fut diffusée par la Société Radio-Canada en 1964 et 1965.

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Sacha Guitry, de son nom complet Alexandre Georges-Pierre Guitry est un comédien, dramaturge, metteur en scène de théâtre, réalisateur et scénariste de cinéma.

Auteur dramatique très prolifique, il a écrit plus d'une centaine de pièces de théâtre et en a adapté lui-même un grand nombre au cinéma.

Interprète de la quasi-totalité de ses films, il est l'auteur d'une œuvre, riche de trente-trois films, qui comprend notamment Le Roman d'un tricheur, Désiré, Mon père avait raison, Quadrille, Ils étaient neuf célibataires, La Poison, Si Versailles m'était conté, Assassins et voleurs

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L'enchanteur de l'art moderne

Après le succès de balade/spectacle autour de Françoise Sagan, l'an dernier, trois journées, dans le cadre du festival « Paris en toutes lettres » seront dédiées, les 10,11 et 12 juin au sourcier de la poésie moderne : Max Jacob, l'ami d'Apollinaire et de Picasso qui avait réuni rue Nollet, entre 1928 et 1933, au cœur des Batignolles, une communauté de créateurs. Là se retrouvaient Henri Sauguet, Christian Dior, Charles Trenet, Charles-Albert Cingria et René Barjavel. Cocteau venait s'y ressourcer. Texte : Familier du 55 rue Nollet, Jean Cocteau décrivait le « Quartier Général » de Max Jacob, bruissant de musique et de poèmes déclamés, comme une « pépinière de talents ». Le metteur en scène Jean Grimaud et le « conteur forain » Lucien Maillard, après avoir évoqué l'œuvre de Françoise Sagan, l'an dernier, dans le quartier Malesherbes, recréent, dans le cadre du festival « Paris en toutes lettres » l'atmosphère de ce foyer de l'art moderne à travers des récits, des saynètes et des poèmes de Max Jacob, des lettres de Picasso, d'Apollinaire, des témoignages de Cocteau et d'Henri Sauguet. Jongleur de calembours, Max Jacob avait excellé dans tous les arts, mourut le 5 mars 1944, à Drancy. La Gestapo l'avait arrêté au monastère de Saint-Benoît sur Loire, à la sortie de la messe. Toute sa vie était guidée par la fidélité et la foi. « L'a mitié est le clou où est pendue ma vie ! », confessait-il. Aux côtés de Cendrars, de Modigliani, de Satie, de Picasso et de Dior, il avait enjambé le siècle des géants avec ses quatrains et ses sonnets. Il fut élevé, en 1960, au rang de poète mort pour la France. Après avoir enchanté le monde et laissé l'ombre d'un « magicien qui remue les hommes des photos / Et qui sait faire partir les voitures sans chevaux »… En savoir plus : Balades/spectacles : le 10 juin à 18 h, le 11 juin à 15 h et 18 h, le 12 juin à 14 h et 18 h. Départ devant le 58, rue Nollet (hôtel Cyrano) et déambulation par la rue la Condamine et la rue Truffaut jusqu'à la mairie du 17è, 16/20, rue des Batignolles. www.mairie17.paris.fr - Email : compagnieclarance@wanadoo.fr Citation à mettre en exergue : «Sautez à la corde en descendant l'escalier, vos pieds ne le toucheront pas ! » Max Jacob Interview sur la poésie dans la revue Conferencia (directrice Yvonne Sarcey), n° XXII, faite le 11 mars 1938. Entretien entre Jean Cocteau et Pierre Lagarde Jean Cocteau : « Quand vous faites un poème, vous faites un poème très serré, et qui se dénouera à la longue, et, généralement, vous n'en profitez pas ; il existe un mot définitif de Max Jacob : « Il ne faut pas être connu pour ce qu'on fait. » Max Jacob veut dire par là qu'il y a toujours dans une œuvre assez de mauvais, assez même de détestable pour prendre racine, pour plaire, et qu'à l'abri de ce détestable, les choses bonnes restent, vieillissent à merveille et apparaissent un jour. Tout possède son équilibre, un équilibre astral…(…) Deux actualités se combattent : l'actualité quotidienne et l'actualité inactuelle. L'actualité inactuelle est celle des poètes. (…) Si vous regardez la vitrine des grands magasins, vous y voyez, en fin, de courbe, tous nos essais lyriques. Qui fait ces devantures, qui fait les manchettes des journaux ? De jeunes poètes, pour vivre. (…) Quand on pense que Baudelaire a rêvé de faire du théâtre et que les portes des théâtres lui étaient closes, on a un peu honte. Comment oser se plaindre d'une époque où la jeunesse est à même de s'exprimer n'importe comment et n'importe où ? »

max jacob

Joseph Kessel est un aventurier, journaliste et romancier français, né à Clara (Argentine).

Fils de parents russes, Joseph Kessel fait ses études à Paris et choisit le journalisme. Lors de la Première Guerre mondiale, il découvre en Sibérie le goût de l'aventure. A son retour, il publie un recueil de nouvelles, 'La Steppe rouge' : succès immédiat confirmé par 'L'Equipage'. Il alterne alors voyages, grands reportages et vie mondaine. 'Les Captifs' reçoit le prix de l'Académie française en 1926 et le rend célèbre. En 1936, il dénonce la menace nazie dans 'La Passante du sans-souci' et part pour un projet de travail aux France. Puis il s'engage dans la Résistance et rejoint Londres d'où il s'envole pour la France lors de la Libération.

Il poursuit ensuite sa carrière de journaliste et couvre les grands procès d'après-guerre. D'Afrique, il rapporte 'Le Lion' qui lui vaut une gloire internationale, consacrée par son élection à l'A cadémie française en 1962.

Quatre ans plus tard, il signe son plus beau roman, 'Les Cavaliers', fait un dernier voyage en Afghanistan et meurt d'une crise cardiaque à 81 ans.

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Pierre Loti (1850-1923), né Louis Marie Julien Viaud, est un écrivain français qui a mené une carrière d'officier de marine. Pierre Loti dont une grande partie de l'œuvre est autobiographique s'est inspiré de ses voyages de marin pour écrire ses romans, par exemple à Tahiti pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882), au Sénégal pour Le Roman d'un spahi (1881) ou au Japon pour Madame Chrysanthème (1887).

Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie où le fascinait la place faite à la sensualité, en particulier à la sensualité féminine : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d'Orient (1892). Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ces œuvres les plus connues comme celui de la Bretagne dans Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886) et du Pays basque dans Ramuntcho (1897).

Sa maison à Rochefort est devenue un musée où l'on retrouve l'univers magique et exotique de l'écrivain et les souvenirs de sa vie.

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Étienne Mallarmé (1842-1898), dit Stéphane Mallarmé, est un poète français.

Auteur d'une œuvre poétique ambitieuse et difficile, Stéphane Mallarmé a été l'i nitiateur, dans la seconde moitié du XIXe siècle, d'un renouveau de la poésie dont l'influence se mesure encore aujourd'hui auprès de poètes contemporains comme Yves Bonnefoy. Le 'Prince des poètes', fut enseignant d'anglais dès 1864 à Toulon, à Besançon, à Avignon et à Paris. Influencé par Charles Baudelaire, Edgar Poe et les Parnassiens, Mallarmé écrit très jeune de la poésie. Dès 1865, paraît 'L' Après-midi d'un Faune', qui inspira la composition du même nom de Debussy et que Manet illustra.

Il révolutionne les conceptions traditionnelles de la poésie par l'art de l'allusion et du dévoilement, contenus dans les mots et les espaces du poème. Rendu célèbre avec les recherches poétiques de Verlaine et d'Huysmans, Mallarmé est reconnu comme chef de file du symbolisme, bien qu'il défende l'originalité de sa démarche. Il s'attache dès lors à rassembler et à travailler ses poèmes pour parachever son 'Grand France'. Incompris ou adulé, Mallarmé se distingue par son perfectionnisme qui retourne à l'essence même de la poésie. Avec 'Un coup de dés', inachevé et publié de manière posthume, il expérimente encore les possibilités du vers et sa place dans le poème 'absolu'.

Il meurt sans avoir pu terminer 'Hérodiade', pièce maîtresse du ' Grand France'.

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Jules Michelet (1798-1874) est un historien français. Fils d'un imprimeur, docteur ès lettres à 21 ans, Jules Michelet devient professeur d'h istoire. En 1831, il entre aux Archives nationales et enseigne à l'université puis, en 1838, au Collège de France. A partir de 1833, il rédige son 'Histoire de France', France de toute une vie fondée sur une documentation rigoureuse. Dès 1840, il affiche des idées démocratiques et anticléricales : son hostilité à Louis Napoléon le prive de ses fonctions de professeur et d'archiviste en 1852. Tout en travaillant aux tomes successifs de son histoire de France, il écrit aussi pour le peuple des ' cours d'éducation nationale ' ainsi que des textes lyriques sur la nature et les passions humaines.

Le culte de la vie et la proximité avec le peuple participent à la qualité de son France historique et poétique.

Texte de Lucien Maillard

Marcel Pagnol est un écrivain, dramaturge et cinéaste français.

Marcel Pagnol devient célèbre avec Marius, pièce représentée au théâtre en mars 1929. Il fonde à Marseille en 1934 sa propre société de production et ses studios de cinéma, et réalise de nombreux films avec les grands acteurs du moment (en particulier Raimu, Fernandel, Pierre Fresnay ou Louis Jouvet) : Angèle (1934), Regain (1937), La Femme du boulanger (1938)…

Élu à l'Académie française en 1946, il abandonne le cinéma et le théâtre, et commence la rédaction de ses Souvenirs d'enfance avec notamment La Gloire de mon père et Le Château de ma mère. Il publie enfin, en 1962, L'Eau des collines, roman en deux tomes : Jean de Florette et Manon des Sources, près de dix ans après son film Manon des sources avec Jacqueline Pagnol. Marcel Pagnol est le fils de Joseph Pagnol, instituteur laïque, utopiste et républicain, et d'Augustine Pauline Henriette La Brochette Lansot, couturière. Il est l'aîné de trois autres enfants. Marcel Pagnol écrira en Incipit de la Gloire de mon père « Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers ».

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Jean Richepin (1849-1926) est un poète, romancier et auteur dramatique français. Ce poète turbulent, fils d'un médecin militaire originaire d'Ohis (Aisne), eut dans sa jeunesse une réputation de « fort en thème », ce qui lui permit de faire de brillantes études secondaires et d'i ntégrer l'École normale supérieure en 1868, avant d'obtenir une licence ès lettres en 1870.

Avec la guerre, il prend goût à l'aventure en s'engageant dans un corps de francs-tireurs et, faisant alors l'expérience de la liberté, il mène pendant quatre ans une vie d'errance, gagnant sa vie en s'engageant successivement comme journaliste, professeur, matelot, docker à Naples et à Bordeaux. En 1866, il découvre le quartier latin, où il se fait très vite remarquer par ses excentricités et fait la connaissance de Léon Bloy, Paul Bourget, Maurice Rollinat et surtout Raoul Ponchon, rencontré dans les salons de la maîtresse de Charles Cros, Nina de Villard, et qui deviendra son ami inséparable. Avec ce dernier et Maurice Bouchor, il fonde le Groupe des Vivants. Fortement inspiré par les œuvres de Petrus Borel, Baudelaire et Jules Vallès, qu'il considérait comme le réfractaire par excellence, il se décide à rejeter le joug des conventions sociales et culturelles, à célébrer l'instinct. Vantant, non sans humour, sa force physique, sa virilité, sa prétendue hérédité bohémienne, il se crée une biographie imaginaire et riche en couleurs.

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Edmond Eugène Alexis Rostand (1868-1918) est un auteur dramatique français.

Fils de l'économiste Eugène Rostand, Edmond Rostand fait des études de droit à Paris avant de se consacrer à l'écriture. Il écrit, d'abord sans succès, des poèmes puis une comédie en vers, ' Les Romanesques'. Ses pièces en vers, 'La Princesse lointaine' et ' La Samaritaine', écrites pour l'actrice Sarah Bernardt ont connu un certain succès. Mais, si Edmond Rostand est encore lu aujourd'hui c' est grâce à la gloire qu'a rencontré sa pièce en cinq actes, ' Cyrano de Bergerac'. 'L' Aiglon' reçoit quelques années plus tard un succès analogue. Rentré à l'âge de trente trois ans à l'Académie française, il meurt de la grippe espagnole en 1918. 'Cyrano de Bergerac' est la pièce qui a réhabilité le drame romantique en France et qui, sans subir l'usure du temps, connaît des succès jamais démentis lors de chacune des ses adaptations au théâtre ou au cinéma.

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Françoise Sagan, disparue le 24 septembre 2004 à Honfleur, avait vécu son enfance et son adolescence boulevard Malesherbes, à deux pas du parc Monceau. Portrait d'une jeune fille française. Tendre pour l'éternité.

Ce matin là, le 6 janvier 1954, une jeune femme mince, emmitouflée dans un manteau de bonne coupe, franchit le seuil du 167 boulevard Malesherbes, un dossier sous le bras. Elle se hâte vers la station Malesherbes et lance un regard de connivence, sans trop y croire, à la statue d'Alexandre Dumas. Arrivé à Saint-Germain-des-Prés, elle pousse la porte des éditions Julliard. Sur le manuscrit figurent son nom - Françoise Quoirez -, son âge - 18 ans - et son numéro de téléphone : Carnot 59-81. Quelques jours plus tard, elle est convoqué avec son père, un industriel aisé, par René Julliard. Priée de trouver un pseudonyme, la lectrice de Proust opte pour Sagan, un personnage qu'elle a croisé dans « La Recherche du Temps Perdu ». Le 15 mars, « Bonjour tristesse » fait son apparition en librairie. Paris, dans l'un de ces élans irrationnels, se toque de ce récit mélancolique, au ton détaché, qui réjouit un Mauriac jubilatoire plutôt intrigué par le « dévergondage de l'adolescence féminine ». En quelques mois, 500 000 exemplaires sont vendus…

Célèbre, douce et indocile

« Elle avait écrit, à dix-huit ans, confessera Françoise Sagan dans « Des bleus à l'âme », une jolie dissertation française, que l'on avait publiée et qui l'avait rendue célèbre. Elle avait refusé de prendre tout cela au tragique, voire au sérieux : de toute façon écrire était a priori un plaisir pour elle. » Le jeune écrivain du 17ème arrondissement incarne alors une nouvelle génération de femmes qui récusent à la fois la provocation et le conformisme. Une petite musique court tout au long des pages résignées à la cruauté du monde adulte. Un ton incomparable : « Seulement quand je suis dans mon lit, à l'aube, avec le seul bruit des voitures dans Paris, ma mémoire parfois me trahit : l'été revient et tous ses souvenirs. Anne, Anne ! Je répète ce nom très bas et très longtemps dans le noir. Quelque chose monte alors en moi que j'accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse. »

« Nous étions voisins, presque cousins, écrira plus tard son ami Bernard Frank. Sagan était du boulevard Malesherbes et moi de l'avenue de Wagram. Monceau était notre parc. » Avec ce bonheur d'expression qui le rend unique, Bernard Frank - dans son ermitage des littératures loyales - a bien défini la générosité de Sagan : « Grâce à Sagan, nous aurons vécu double : la vie de tous les jours et notre amour pour elle. » Pierrette Rosset, journaliste à « Elle » dans le sillage d'Hélène Gordon-Lazareff, a retenu d'elle les manières tendres et l'élégance du cœur : « C'était une femme très aimable, courtoise, bien élevée. Elle n'avait pas l'affectation des mauvaises manières à la mode dans ces années-là. Son célèbre regard, sa manière de bouffer les mots, sa bonne éducation…elle était très plaine Monceau. Très comme ça, mais aussi très autrement. »

Sagan était plus proche de Chardonne et de Jouhandeau, qui louait sa prose « crépitante sur un fond d'exceptionnelle modestie » que de Proust qu'elle vénérait. Née Anglaise, dans le Dorset, elle aurait fondé une école littéraire. Mais elle restait humble et impatiente devant l'acte d'écrire : « Destin étrange, que celui de l'écrivain. Il doit se mener les rênes courtes, à un pas bien accordé, l'échine droite, alors qu'idéalement il devrait faire le cheval fou, crinière au vent, gambadant par-dessus des fossés ridicules, telles la grammaire, la syntaxe ou la paresse, cette dernière étant une haie gigantesque… Voleur volé, arroseur arrosé, c'est notre lot. Les pires brimades ne peuvent jamais venir que de nous-mêmes. » Elle avait fait le tour des choses essentielles : « J'ai vu des plantes vertes pousser à Paris, sans souci. J'ai vu des gens fous d'amour qui acceptaient que leur amour soit unilatéral. J'ai vu des amis donner leurs vestes à leurs amis tout en sachant que ces derniers l'ignoreraient toujours… J'ai vu des hiboux se cacher et refuser des nuits entières d'ouvrir les yeux, tellement ils en avaient leur claque de notre félicité. » Sa noblesse s'était cristallisée dans l'amour des autres : « Peut-être parce que j'y accorde une valeur morale, je tiens au bonheur. »

Texte Lucien Maillard

Victorien Sardou (1831-1908) est un auteur dramatique français, connu également pour ses eaux-fortes médiumniques.Auteur dramatique, il dut ses premiers succès à Virginie Déjazet ; il écrivit un grand nombre de pièces de théâtre qui furent jouées au Vaudeville, au Gymnase, à la Porte Saint-Martin, au Palais-Royal, à la Gaieté, à la Comédie-Française ; ses principales œuvres sont : Nos intimes, La Famille Benoiton, Nos bons villageois, Patrie, La Haine, Rabagas en 1872, Daniel Rochat en 1880, Thermidor en 1891 ; ces trois dernières soulevèrent, par les questions politiques qu'elles abordaient, de violentes protestations ; il écrivit en collaboration avec de Najac, Divorçons qui fut jouée au Palais-Royal, et pour Mme Sarah Bernardt, qui en joua le rôle principal, Fédora, Théodora, la Tosca, La Sorcière. Victorien Sardou fut souvent accusé de copier d'autres auteurs, il défendit les droits de l'auteur dramatique dans une brochure intitulée Mes plagiats ; il écrivit peu en dehors du théâtre.Il fut élu à l'Académie après plusieurs tours de scrutin contre le duc d'Audiffret-Pasquier et Leconte de Lisle, le 7 juin 1877 en remplacement de Joseph Autran, et reçu le 23 mai 1878 par Charles Blanc.

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Résonances africaines

Le continent Senghor, humanisme universel

En novembre 2006, la mairie du 17e a rendu hommage à l'œuvre de Léopold Sédar Senghor qui aurait eu cent ans cette année-là. Ce grand poète de langue française, qui avait sa résidence parisienne dans le 17è arrondissement, a vécu l'un des destins les plus épiques du XXe siècle. Sous la silhouette du grammairien policé brûlait l'âme d'un héros mythologique, de ces « conquérants » que Malraux a célébrés.

Si Hugo incarna les drames et les espérances du XIXe siècle, Senghor, symbole - avant Mandela - de la dignité reconquise de l'Afrique, trouva les mots rares et justes pour stigmatiser les tragédies du siècle écoulé, toucher du doigt les plaies béantes de la barbarie et prodiguer, au-delà des repentances cauteleuses, la force réconciliatrice d'un humanisme universel. Poser la question de l'héritage poétique senghorien, de la postérité de ces métaphores portées par les balafongs, serait aussi inconvenant que de s'interroger sur le legs d'Apollinaire ou de Saint John Perse. Comme l'a opportunément souligné Jean-René Bourrel dans une superbe publication consacrée au premier Président du Sénégal par l'A ssociation pour la diffusion de la pensée française, « l'itinéraire intellectuel et spirituel de Senghor, mené au prix d'un effort de ' synthèse conciliante' constamment maintenu, repose sur l'accord d'u ne identité nègre sans cesse approfondie et d'un christianisme pénétré de la conviction que l'humanité tend à s'accomplir dans l'h istoire en une unique communauté d'espérance et de destin ». Toute la geste de Léopold Sédar Senghor, né à Joal en 2006, se déploie entre des forces contraires que le poète, l'agrégé, le combattant au feu, le dirigeant politique, le chrétien, le député, le ministre français, le père de l'indépendance du Sénégal et l'académicien français a dépassées et maîtrisées.

Le griot primordial

Cette destinée hors norme invite au respect, à l'admiration et à la modestie. C'est dans cet esprit de liberté, de franchise et de cordial respect de l'autre - infiniment senghorien - que la mairie du 17e arrondissement avait organisé, en l'honneur de son ancien prestigieux administré, le 18 novembre, à l'initiative de Françoise de Panafieu, alors maire du 17e, et de Francis Courcelle, adjoint chargé de l'Intercommunalité, une journée consacrée aux « Résonances africaines » dont Senghor fut le griot précurseur, génial et infatigable. Senghor ou la parole d'éveil aux autres : « Mon enfance, mes agneaux, est vieille comme le monde et je suis jeune comme l'aurore éternellement jeune du monde. »

Texte de Lucien Maillard

Georges Joseph Christian Simenon est un écrivain belge francophone né à Liège.

L'abondance et le succès de ses romans policiers (notamment les « Maigret ») éclipsent en partie le reste d'une œuvre beaucoup plus riche.

Simenon est en effet un romancier d'une fécondité exceptionnelle : on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom et 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes.

Les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d'exemplaires. Georges Simenon est, selon l'Annuaire Statistique de l'UNESCO de 1989, le dix-huitième auteur toutes nationalités confondues, le quatrième auteur de langue française, et l'auteur belge le plus traduit dans le monde. Il a été choisi comme un des « Cent Wallons du siècle », par l'Institut Jules Destrée, en 1995.

André Gide, André Thérive et Robert Brasillach sont parmi les premiers hommes de lettres à le reconnaître comme un grand écrivain. André Gide, fasciné par la créativité de Georges Simenon qu'il avait souhaité rencontrer dès son succès policier, le questionna à maintes reprises, échangea une correspondance quasi-hebdomadaire pour poursuivre les méandres créatifs de cet écrivain populaire et prit la surprenante manie d'annoter en marge tous ces romans pour conclure en 1941 : « Simenon est un romancier de génie et le plus vraiment romancier que nous ayons dans notre littérature d'aujourd'hui ». Menant une enquête encore plus intense mais plus courte en convoquant l'auteur à Darmstadt pour trois jours et nuits de questions ininterrompues, le philosophe allemand Hermann von Keyserling déclarait péremptoirement : « C'est un imbécile de génie. ».

Paru dans le Guide Dix Sept

Paul Marie Verlaine est un poète français (1844-1896).

Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes. C'? est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ». Fils d'un officier napoléonien, Paul Verlaine étudie à Paris au lycée Bonaparte. Il travaille par la suite à l'hôtel de ville de la capitale. Supportant mal cet emploi, il fréquente les cafés et leurs poètes et commence son idylle avec l'alcool. Cette compagnie l'incite à rédiger ses premiers vers, emprunts de mélancolie, où se mêlent préciosité et personnages de la commedia dell'arte (' Fêtes galantes' 1869). En 1870, il fait la connaissance de Mathilde Mauté, qu'il épouse. Il écrit pour elle le recueil 'La Bonne Chanson'. En 1871, il rencontre Arthur Rimbaud qui exerce sur sa personne une fascination telle qu'il lui sacrifie son couple et s'enfuit en Angleterre. Une dispute survenant entre eux, le contraint à tirer à coups de pistolet sur le jeune poète. Condamné pour homosexualité, Verlaine passe deux ans en prison où il rédige l'essentiel des recueils 'Romance sans paroles' (1874) et 'Sagesse' (1881), à la musicalité frappante. De retour à Paris, il sombre à nouveau dans l'alcoolisme. La mort de sa mère en 1886, le condamne à la misère, malgré l'admiration des symbolistes.

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Musiciens, compositeurs et chanteurs

DEBUSSY

Claude-Achille Debussy est un compositeur français, né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 25 mars 1918 à Paris.

C'est grâce à sa tante que Claude Debussy découvre lamusique et entre ainsi au conservatoire à l'âge de 10 ans. La baronne von Meck, protectrice de Tchaïkovski, l'engage et le fait voyager à Vienne, Venise et Moscou. En 1884, il reçoit le prix de Rome pour sa cantate 'L'Enfant prodigue' et part comme pensionnaire de l'Académie des beauxarts à la villa Médicis. Il y compose, entre autres, 'La Damoiselle élue'. De retour à Paris, c'est avec 'Le Prélude à l'après-midi d'un faune' tiré d'un poème de Mallarmé qu'il obtient son premier vrai succès. Cependant, ce triomphe ne lui apporte ni notoriété ni aisance et Claude Debussy doit enchaîner leçons de piano et piges pour des critiques musicales.

Marqué par les France de Wagner et de Chopin, il compose des France vocales, pour orchestre et pour piano. Sa vie se partage entre compositions musicales, concerts et soirées poétiques jusqu'à ce qu'il meure, à 56 ans, des suites d'un cancer.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Chanteuse, auteur-compositeur-interprète française s'accompagnant souvent au piano. Sa poésie lyrique, la beauté mélodique de ses compositions, et la profondeur de l'émotion que dégageait sa voix lui assurèrent un public qui la suivit pendant quarante ans. Grand Prix du disque de l'Académie Charles-Cros, catégorie : meilleure interprétation pour l'album Barbara chante Brassens.

Grand Prix international du disque de l'Académie Charles-Cros pour l'album Barbara chante Barbara.

Grand Prix National de la Chanson pour sa contribution à la culture française. Chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur, citée à l'Ordre du Mérite fédéral allemand, au nom de l'amitié entre les peuples, pour la chanson Göttingen.

Médaille d'honneur de la ville de Göttingen.

Victoire de la musique, catégorie : Artiste interprète féminine de l'année pour l'album Châtelet 93. Victoire de la musique, catégorie : Artiste interprète féminine de l'année pour l'a lbum Barbara.

La mairie du 17è lui a rendu hommage accueillant deux expositions dans ses salles et a procédé à la pose d'une plaque commémorative sur la façade de l'immeuble où elle vécut, rue Brochant, à l'initiative de l'Association des amis de Barbara.

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Jacques Brel (1929-1997), né Jacques Romain Georges Brel, est un auteur et chanteur belge. Il était également acteur et réalisateur de films.

Bruxellois, Brel se disait chanteur flamand de langue française. Le "galérien des galas" abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966.

Le Grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages , gesticulait, suait. Ses spectacles étaient de véritables marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel.

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Louis Charles Bonaventure Alfred Bruneau est un compositeur français. Il joua un rôle

déterminant pour introduire le réalisme sur la scène lyrique française.

Alfred Bruneau étudia le violoncelle au Conservatoire de Paris et joua pour les concerts

Pasdeloup. Il commença bientôt à composer, écrivant une cantate, Geneviève de Paris. En 1884, il fit jouer son Ouverture héroïque, suivie par les symphonies chorales Léda (1884) et La Belle au bois dormant (1886) puis, en 1887, par son premier opéra, Kérim. L'année suivante, Bruneau fit la connaissance d'Émile Zola. Les deux hommes entamèrent une collaboration qui allait durer quinze ans.En 1891, Bruneau compose un opéra intitulé Le rêve, basé sur le roman de Zola. Dans les années suivantes, Zola fournit le sujet de plusieurs des ouvrages du compositeur, telle que L'Attaque du moulin (1893). Zola écrit lui-même le livret de Messidor (1897) et de L'Ouragan (1901) ainsi que de L'enfant roi (1905). Parmi d'autres opéras influencés par Zola, on peut citer Naïs Micoulin (1907), Les quatre journées (1916) et Lazare (créé à titre posthume en 1954 et toujours sur un livret de Zola). Dans ses opéras, Bruneau s'est également inspiré d'Hans Christian Andersen, (Le jardin de Paris, 1923) et de Victor Hugo (Angelo, tyran de Padoue, 1928). Ses pièces pour orchestre révèlent l'influence de Wagner. Ses autres oeuvres comprennent un Requiem (1896), des pièces instrumentales ainsi que de nombreuses mélodies dont les Lieds de France et Chansons à danser sur des poèmes de Catulle Mendès. Bruneau obtint la légion d'honneur en 1895 et fut également élu à l'Académie des Beaux-Arts. Son livre de souvenirs, À l'ombre d'un grand coeur (1931), évoque sa belle amitié et sa collaboration fructueuse avec Émile Zola.

Texte Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Édouard Judas Colonne est un chef d'orchestre français, fondateur des célèbres Concerts Colonne, en 1873.

Né dans une famille de musiciens (son père et son grand-père sont tous deux musiciens professionnels), il entre au Conservatoire de Paris en 1856, remporte un Premier prix d'harmonie en 1858 et, en 1863, un Premier prix de violon.À côté de ses études au Conservatoire, il travaille comme simple violoniste de rang au Théâtre-Lyrique (actuellement Théâtre de la Ville) puis, en 1858, devient premier violon à l'Opéra de Paris. Il est également second violon du Quatuor Lamoureux, aux côtés du violoniste Charles Lamoureux (lequel fondera par la suite l'Orchestre Lamoureux, grand rival des Concerts Colonne), puis dans l'orchestre de Jules Pasdeloup, où il effectue ses premières armes à la baguette.

En 1873, grâce aux fonds apportés par la maison d'édition musicale Hartmann, il fonde le « Concert National » au Théâtre de l'Odéon. Il donne, lors du concert inaugural, la première mondiale de l'oratorio de César Franck, Rédemption, avec Vincent d'Indy à la direction du choeur. Après le retrait d'Hartmann, suite à des difficultés financières, il crée son propre orchestre, les« Concerts du Châtelet », rapidement rebaptisé en « Association artistique des Concerts Colonne » et installé au Théâtre du Châtelet et se fait une spécialité du répertoire françaiscontemporain.En 1892, il est nommé directeur artistique de l'orchestre de l'Opéra de Paris, où il avait débuté, mais n'y reste qu'une saison, préférant se consacrer à son orchestre.

Il est, avec André Messager et Camille Chevillard, l'un des trois chefs français de renom, pionniers de l'enregistrement orchestral. En 1907, il réalise une vingtaine d'enregistrements pour Pathé, à la tête d'un orchestre réduit, nécessité par la technique de prise de son d'alors par cornets acoustiques.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Gabriel Fauré est un compositeur français.Élève de Saint-Saëns à l'École Niedermeyer de Paris, il est d'abord organiste à l'église de laMadeleine à Paris. Il est ensuite professeur de composition au Conservatoire de Paris, puis directeur de l'établissement de 1905 à 1920. Avec Debussy, Ravel et Saint-Saëns, il est l'un des grands musiciens français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Connu pour ses mélodies et sa musique de piano, Fauré participe largement au renouveau de la musique française à une période où le public parisien s'intéresse surtout à l'art lyrique.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Charles Gounod est un compositeur français. Si Gounod reste surtout réputé pour ses opéras, En 1839, il remporte le Grand Prix de Rome pour sa cantate Fernand. Il composa également deux symphonies et une Petite symphonie pour neuf instruments à vent (1885) - de la musique religieuse - dont son célébrissime Ave Maria, non destiné à être interprété dans une église et dérivé du premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach -, de nombreuses mélodies sur des poèmes d'Alfred de Musset, Jean-Antoine de Baïf ou Jean Racine, tels Venise, Ô ma belle rebelle, D'un coeur qui aime ou L'Absent qu'il a écrit lui même.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept 2008-2009

Yvette Guilbert est une chanteuse française du café-concert. Pour la première fois elle monte sur les planches, celles de l'Eldorado en 1889. Le succès n'est pas au rendez vous. Ce n'est qu'à partir de 1893 que sa carrière débute. Elle crée ce personnage de « diseuse de fin de siècle » portant des longs gants noirs, une robe de satin vert. Jusqu'e n 1899 elle se produit sur les scènes de France, France, France, Angleterre, États Unis. A partir de 1900 la maladie l'oblige à abandonner la scène. Rétablie en 1913 elle commence une seconde carrière dans un nouveau répertoire. Elle retrouve les chansons anciennes de France. Yvette Guilbert interprète entre autres Madame Arthur (1892), Le fiacre (1892) et D' elle à lui (1898).

Source Wikipédia

André Jolivet est un compositeur français. Après des études de violoncelle et d'harmonie, d'écriture, d'orchestration et de composition, en marge d'études universitaires qui le mène à l'enseignement, André Jolivet, passionné de théâtre et de peinture, à laquelle il s'initie, compose un 'Quatuor à cordes' (1934), oeuvre d'inspiration atonale, 'Mana' (1935) et les 'Cinq incantations' (1936), posent les fondements d'un art restituant à la musique 'son sens originel antique, lorsqu'elle était l'expression magique et incantatoire de la religiosité des groupements humains'. Co-fondateur du mouvement 'Jeune-France', il est mobilisé en 1940 et compose les 'Trois complaintes du soldat' puis 'Guignol et Pandore', créée à l'Opéra de Paris en 1944. Directeur de la musique de scène à la Comédie Française (1945- 1959), il est l'auteur d'un essai sur Beethoven et participe à la renaissance du genre concertant - 'Concertos' pour ondes Martenot, pour trompette, pour percussion, pour violoncelle, pour violon. De nombreux voyages le mènent aux Etats-Unis, en URSS et au Japon, avant qu'il ne soit nommé professeur de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (1966-1970). Sa mort brutale interrompt la composition du 'Lieutenant perdu', commande du Théâtre de l'Opéra, sur un livret de M. Schneider.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept

Lily Laskine est une harpiste française d'origine russe.Elle voit le jour dans une famille de mélomanes et musiciens. Après un essai au piano, Lily,encore jeune, se met à la harpe et répète six heures par jour. En 1904, elle entre auConservatoire de Paris. Elle obtient ses premiers prix à 11 et 13 ans. Pendant la Première Guerremondiale, elle s'intéresse également au chant et à la danse ainsi qu'à l'harmonie. À 16 ans, elleentre à l'Opéra en tant qu'harpiste ; elle est alors la première femme admise dans l'orchestre. En 1934, elle devient harpiste soliste de l'Orchestre national de France à sa création. Elle est abritée

pendant la Seconde Guerre mondiale au Château Pastré à Marseille comme de nombreux juifs qui tentaient de quitter la France.Sa carrière connaitra un nouvel élan dans les années 1950 avec sa collaboration avec la firme de disques Erato dont elle deviendra la harpiste attitrée. Ses disques feront le tour du monde et c'esten compagnie de son ami Jean-Pierre Rampal qu'elle enregistrera le fameux Concerto pour flûte et harpe de Mozart avec l'orchestre de Jean-François Paillard.Parallèlement à toutes ces occupations, elle est également professeur de harpe, notamment au Conservatoire de 1948 à 1958, et enregistre des musiques de films et des disques avec des chanteurs de variété. Elle joue aussi pour la Comédie-Française pendant plus de 30 ans. Il existe un concours international de harpe Lily-Laskine depuis 1993 comprenant un grand prix et un prix junior. Il a connu 5 éditions jusqu'en 2005.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

VERA LAUTARD, FEMME D'ABSOLU

Au-delà du talent, de la générosité, du courage de s'exposer aux rigueurs d'un enseignement sans complaisance, la vertu profonde d'un musicien, d'un interprète ou d'un compositeur, est la volonté. Volonté de transmettre l'émotion d'u ne oeuvre ; volonté, aussi, de défier les préjugés de ses contemporains. Vera Lautard- Chevtchenko, qui inspira en 1989 au cinéaste russe Valery Akhadov le film "Ruth", avec Annie Girardot, était un personnage dont la force d'âme mériterait aujourd'hui d'ê tre honorée. Née à Turin d'un père français et d'une mère espagnole, elle jouait déjà, à 12 ans, dans l'orchestre de Toscanini. Elève d'Alfred Cortot, qui lui transmit la passion de Chopin et de Debussy, elle acquit très tôt, à Vienne, à New York et à Buenos Aires, la renommée d'une concertiste prodige...

Sa vie vacilla en 1938 lorsqu'elle suivit, avec ses enfants, son mari russe, Vladimir Chevtchenko, en Russie soviétique. Dans l'atmosphère de paranoïa stalinienne qui régnait alors - à l'époque du pacte germanosoviétique ! -, Vladimir Chevtchenko fut arrêté et fusillé, victime d'une des purges ordonnées par le "petit père des peuples". Vera fut jetée au goulag, à Sakhaline puis à Sevuralag. Au bagne décrit plus tard par Soljetnitsyne, elle avait taillé un clavier dans le bois de son châlit pour ne pas oublier Bach. Redécouverte par un savant sibérien en 1965, après sa libération, Vera Lautard put enfin, près de Novossibirsk, reprendre le piano. Jusqu'à sa mort, en 1981, elle enseigna et donna des concerts dans l'ensemble de la Russie. Bien qu'invitée à revenir en France pour y finir ses jours, elle refusa et invoqua sa fidélité aux victimes du goulag : " Ce serait trahir la mémoire des femmes russes qui m'ont aidée à survivre à l'enfer de la réclusion".

Sa tombe, à Akademgorodok, porte cette épitaphe : " Bénie est la vie de celui qui a rencontré Bach". La Fondation Boris Eltsine a créé, en 2005, le concours international de piano Vera Lautard-Chevtchenko - avec la Région, l'Opéra, la Philharmonie et le Conservatoire Glinka de Novossibirsk - afin de distinguer les jeunes pianistes de l'Oural. Les concerts des 18 et 19 septembre, organisées à Cortot par l'association France- Oural, permettent précisément de découvrir les lauréats du premier concours de Novossibirsk dans des oeuvres de Brahms, de Schumann, de Rachmaninov, de Debussy, de Scarlatti, de César Franck, de Rimski-Korsakov, de Scriabine, de Liszt et de Wagner. C'est une rencontre exceptionnelle avec les talents russes de demain.

Marguerite Long est une pianiste française, de renommée internationale.

Elle excella dans le répertoire français de l'époque moderne mais aussi dans Chopin et les romantiques. Épouse du musicologue Joseph de Marliave connu notamment pour son oeuvre sur les quatuors de Beethoven, elle fut l'amie entre autres de Gabriel Fauré, Claude Debussy, Pierre Vellones ou Maurice Ravel, qui restèrent toute sa vie les grands noms de son répertoire.

Ravel, qui la tenait en haute estime, lui dédia son Concerto en sol qu'elle créa en janvier 1932 et présenta à travers l'Europe. Elle fut la co-fondatrice avec Jacques Thibaud (violoniste célèbre, membre du trio qui comptait Pablo Casals et Alfred Cortot) du concours international Long-Thibaud auquel ils ont voué une partie de leur carrière.

Professeur réputée, Marguerite Long compta parmi ses élèves Samson François, Setrak, Lucette Descaves, Bruno Leonardo Gelber Harry Datyner, Marie-Thérèse Fourneau et Ada Cecchi, mère des pianistes Katia et Marielle Labèque.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Jules Massenet est un compositeur français. Benjamin d'une famille de douze enfants, Jules Massenet suit l'enseignement musical de sa mère jusqu'à l'âge de 11 ans, où il entre au Conservatoire de Paris. Il compte parmi ses professeurs Adolphe Laurent, puis Ambroise Thomas - grand compositeur d'France lyriques - dont l'influence se fait sentir pendant toute sa carrière. Il reçoit en 1859 le Grand prix de piano, joue dans des cafés pour subvenir à ses besoins et obtient en 1863 le prix du concours de Rome avec la cantate 'David Rizzio'. Il rencontre Liszt qui lui propose de le seconder dans ses tâches d'enseignement et vit à Rome pendant trois ans. Pendant cette période, il compose sa première symphonie : ' Ouverture en sol'. De retour à Paris en 1867, il y connaît ses premiers succès avec 'La Grande Tante' à l'Opéra comique cette même année, ou encore 'Le Roi de Lahore' en 1877, salué par la critique et représenté aux quatre coins du globe, de Budapest à Rio de Janeiro en passant par Milan. Il est nommé professeur au Conservatoire de Paris en 1878 et le reste jusqu'en 1896 ; il compte parmi ses élèves Gabriel Pierné, Gustave Charpentier et Florent Schmitt. Dans les années 1880, il compose ses opéras les plus célèbres dont 'Manon' (1884), d'après le roman 'Manon Lescaut' de l'Abbé Prévost, et 'Werther' (1886), d'après 'Les Souffrances du jeune Werther' de Goethe. Par son sens de la mélodie et sa connaissance de la voix humaine, Jules Massenet laisse à sa mort une France essentiellement lyrique, composée de vingt-cinq opéras.

Source Wikipédia

André Messager est un compositeur et chef d'orchestre français. Il compose principalement pour le théâtre et écrit des musiques de ballets (Les Deux Pigeons, 1886, donné à l'Opéra Garnier), des opérettes et des opéras. D'abord chef d'orchestre, Messager devient ensuite directeur de l'Opéra-Comique en 1898. En 1902, il y crée Pelléas et Mélisande de Claude Debussy. On lui doit de gracieuses oeuvres lyriques : La Basoche (1890), Les P't ites Michu (1897), Véronique (1898), Fortunio (1907), Béatrice (1914), Monsieur Beaucaire (1919), L'Amour Masqué (1923) sur un livret de Sacha Guitry, Passionnément (1926), Coups de roulis (1928).Du 1er janvier 1908 au 30 juillet 1914, il est codirecteur de l'Opéra de Paris avec Leimistin Broussan. Il est élu en 1926 à la Ve section (composition musicale) de l'Académie des beauxarts. Il a composé, avec Gabriel Fauré, la Messe des pêcheurs de Villerville ; et « Souvenirs de Bayreuth » sur des thèmes de Richard Wagner.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Robert Planquette est un compositeur français, spécialisé dans l'opérette. Planquette fut formé au Conservatoire de Paris où il eut pour professeur l'auteur d'opéras comiques Jules Duprato et dont il sortit sans la moindre récompense. Ses premières oeuvres furent des mélodies et des marches militaires dont le célèbre air patriotique Régiment de Sambre et Meuse (1867), qui évoque les armées révolutionnaires de 1792 sur un poème de Paul Cézano. Ténor à la voix agréable, il chanta dès sa jeunesse des chansons et airs d'opéra dans des cafés-concerts en s'accompagnant lui-même au piano. En 1872, il se mit à composer des ouvrages lyriques, dont les premiers furent des pochades : Méfie-toi du pharaon par exemple. Il obtint son premier succès avec sa quatrième opérette, Paille d'avoine, créée aux Délassements-Comiques en 1874. Entre 1872 et 1897, il composa une vingtaine d'opéras-comiques et d'opérettes aujourd'hui presque toutes oubliées. Quelques théâtres montent encore aujourd'hui Rip (1882), mais son oeuvre la plus célèbre, avec laquelle il acquit une immense notoriété, est l'opérette Les Cloches de Corneville (1877). L'intrigue fait appel à une vieille légende de Normandie. Elle connut un succès immédiat et fut représentée à Londres en 1878. Cette oeuvre continue à se maintenir à l'affiche et demeure l'un des ouvrages lyriques français les plus populaires. Robert Planquette était un compositeur doté d'un sens de la mélodie, du rythme et de la facilité d'écriture pour concocter des airs très populaires au goût du jour. On peut le classer parmi les « maîtres de l'opérette » au même titre de Jacques Offenbach, Hervé, Charles Lecocq, Edmond Audran et Louis Varney.

Texte de Lucien Maillard, paru dans la Guide Dix Sept de 2008-2009

Joseph Maurice Ravel est un compositeur français de l'époque moderne.

Son oeuvre, fruit d'une recherche obstinée de perfection et d'un héritage s'étendant de Jean-Philippe Rameau aux pionniers du jazz, dénote un style original qui, après avoir participé au début du siècle du mouvement impressionniste, s'orienta vers un néoclassicisme plus dépouillé. Reconnu comme un maître de l'orchestration et un artisan méticuleux, cet homme à la personnalité complexe ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité qui, selon Le Robert, lui firent évoquer dans son oeuvre

à la fois « les jeux les plus subtils de l'intelligence » et « les épanchements les plus secrets du coeur ». Assez peu prolifique (quatre-vingt-six oeuvres originales, vingt-cinq oeuvres orchestrées ou transcrites), la production musicale de Ravel se caractérise par la diversité des genres et par une proportion notable d'oeuvres reconnues comme majeures. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-12), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre (pour la main gauche, 1929-31 ; en sol majeur, 1930-31) et l'orchestration des Tableaux d' une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué, depuis des décennies, à la renommée internationale du musicien. Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut une des figures les plus marquantes de la musique française de la première moitié du XXè siècle.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Albert Roussel est un compositeur français. Membre d'une famille de la bourgeoisie industrielle tourquennoise, dans laquelle on compte plusieurs artistes amateurs de bon niveau, Albert Roussel fit ses études secondaires à l'Institution libre du Sacré-Coeur de Tourcoing. Orphelin à l'âge de sept ans, il est recueilli par son grand-père, maire de la cité, puis par sa tante maternelle. La lecture des romans de Jules Verne le décide à devenir marin. Il intègre donc le collège Stanislas de Paris, où l'organiste Jules Stolz lui fait découvrir Bach, Beethoven et Mozart.Après avoir servi quelques années dans la marine (il avait été admis à l'École navale en 1887), il décida en 1894 de se consacrer entièrement à la musique. Julien Koszul, grand père d'Henri Dutilleux, lui donna des leçons d'harmonie à Roubaix et l'encouragea à se rendre à Paris pour étudier avec Eugène Gigout. Il s'inscrivit en 1898 à la Schola Cantorum. Lui-même y enseigna le contrepoint entre 1902 et 1914, comptant parmi ses élèves Guy de Lioncourt, Jean Henry, Lucien Lambotte, Marcel Orban, Paul Le Flem, Roland-Manuel,Stan Golestan, Ladislas de Rohozinski, Erik Satie, Edgard Varèse. Après la guerre il continue d'enseigner en privé; viennent solliciter ses conseils :Bohuslav Martin?, Emile Goué, Jaroslav Kricka, Hans Krasa Julia Reisserova, Josef Palenicek, Piotr Perkowski, Pedro Petridis, Conrad Beck, Cesare Brero, Luigi Cortese, Jean Martinon, Jacques Leguerney, Joseph Vals, Jorgen Jersild, Knudage Riisagger, Suzanne Rokseth, Alexandre Voormolen, etc. Son influence sur les jeunes musiciens de l'entre-deux guerres qui le considéraient comme un chef de file est capitale. Bien qu'influencé au début de sa carrière par Debussy et Vincent d'Indy, Roussel fit preuve assez vite d'une grande originalité. Sa musique se distingue par le raffinement de l'harmonie, les audaces rythmiques et la richesse du coloris. Il a laissé entre autres des mélodies, de la musique de chambre, diverses pièces pour piano, deux concertos (pour piano et pour violoncelle), quatre symphonies (la troisième, en sol mineur, est considérée comme l'un des chefs-d'oeuvre du genre), les ballets Le Festin de l'araignée, Bacchus et Ariane et Aeneas. L'opéra-ballet Padmâvatî et le triptyque symphonique avec solistes et choeur Évocations furent inspirés par son voyage de noces aux Indes.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Camille Saint-Saëns est un compositeur et musicien français de l'époque romantique. Il était également pianiste et organiste. Il a écrit douze opéras dont le plus connu : Samson et Dalila 1877, de nombreux oratorios, cinq symphonies, cinq concertos pour piano, trois pour violon et deux pour violoncelle, des compositions chorales, de la musique de chambre, des pièces pittoresques : le Carnaval des animaux 1886. Enfant prodige, Camille Saint-Saëns a 11 ans quand il se produit pour la première fois en concert avec orchestre, éblouissant son auditoire par son interprétation virtuose d'un concerto de Mozart. D'abord élève de Stamaty, il suit les cours de maître Benoist et d'Halévy au Conservatoire. Il succède à Lefébure-Wély, organiste 'officiel' du Second Empire, à la tribune convoitée de la Madeleine. Il acquiert une réputation de musicien extraordinaire, admiré par ses pairs parmi lesquels Berlioz et Liszt qui voient en lui le 'premier organiste du monde'. En 1877, il compose son opéra 'Samson et Dalila' à Weimar. Pianiste talentueux, improvisateur génial, écrivain, caricaturiste, grand voyageur, Camille Saint-Saëns est pour beaucoup dans le renouveau de la musique française qui conduira à Debussy et Ravel. Son oeuvre, très variée, exploite la plupart des formes musicales, mais le classicisme et la perfection un peu obsessionnelle

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Gudie Dix Sept de 2008-2009

Henri Sauguet, de son nom patronymique Henri-Pierre Poupart, est un compositeur français. Il est inhumé au Cimetière de Montmartre à Paris (Section 27) près d'André Jolivet.

Henri Sauguet se consacre très tôt au piano, au chant et à l'orgue. La Grande Guerre l'empêche d'entrer au Conservatoire. Pourtant, avec Louis Emié et Jean-Marcel Lizotte, il fonde à Bordeaux le 'Groupe des Trois' dont le premier concert remonte à 1920.

Invité à Paris par Darius Milhaud, il se lie avec le Groupe des Six et fréquente Erik Satie. Il avait eu Canteloube pour professeur, Koechlin sera son maître. Il participe à la création de 'L'Ecole d'Arcueil' et se fait rapidement un nom dans la capitale. En 1927, arrive la consécration quand Diaghilev lui commande un ballet, La Chatte, créé à Monte-Carlo avec Serge Lifar.,Dès lors, la renommée lui vaut des commandes répétées. Et c'est en 1945 que vient la gloire internationale avec un autre ballet, Les Forains, qui fait aussitôt le tour du monde.

Il est la coqueluche du Tout-Paris pour son esprit, son humour, ses talents de comédien, sa gentillesse et sa fidélité envers ses amis. Il assume diverses fonctions officielles au sein de sociétés telles que la SACD, la SACEM, la SDRM etc... En 1976, il est élu à l'Académie des Beaux-Arts. Abordant tous les genres, non seulement l'opéra, l'orchestre, la musique de chambre et la mélodie, mais aussi la musique pour le cinéma, le théâtre, la radio ou la télévision, il ne s'arrête de composer qu'en 1987. Il s'éteint à Paris en1989, au soir de la Fête de la Musique.

Texte de Lucien Maillard, paru dans le Guide Dix Sept de 2008-2009

Gens du spectacle : danseurs et comédiens

SARAH BERNHARDT

Sarah Bernhardt (1844-1923), est une comédienne de théâtre française.

Elle était surnommée « la Voix d'or » (expression de Victor Hugo) ou « la Divine » mais aussi « la Scandaleuse ». Considérée par beaucoup, avec Rachel, comme une des plus grandes tragédiennes françaises du XIXe siècle, elle fut la première comédienne à avoir fait des tournées triomphales sur les cinq continents, Jean Cocteau inventant pour elle l'expression de « monstre sacré ».

Sa devise était « Quand même » en référence à son audace et à son mépris des conventions. On lui attribue aussi ce « mot-programme » : « Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier. »

Source Wikipédia

Maurice Chevalier est un chanteur et acteur français, il jouit à l'étranger d'une réputation d'amoureux (le fameux French lover) hors-pair. C'est aussi un peu à cause de (grâce à ?) Maurice Chevalier que le Français est souvent perçu, à l'étranger, comme un type sympa mais pas très sérieux, un bon-vivant pas trop bosseur. Pendant plusieurs décennies, Chevalier a incarné la France, particulièrement en Amérique. Il incarne pendant les Années folles un personnage de dandy frivole à l'accent faubourien qu'il garde lorsqu'il parle, parfaitement, anglais.

Source Wikipédia

JACQUES FRANCOIS

« Rappels » de Jacques François :

L'itinéraire d'un gentilhomme

Jacques François avait témoigné, dans un livre pudique et élégant, de sa passion du théâtre. Hommage à un acteur singulier, à une âme noble.

Jacques François pratiquait le théâtre en gentilhomme. Sans dandysme, sans trucage et sans feinte. Sa disparition, le 25 novembre 2003, a ému tous les amoureux du répertoire français contemporain qu'il a servi avec talent, de Cocteau à Anouilh. Ce disciple de Jean Giraudoux - qui fuyait les mondanités et les fausses révérences - aurait pu reprendre à son compte le mot de l'auteur d'Ondine : « Les pas les plus légers laissent les traces les plus profondes ». Son autobiographie, parue en 2004, révèle un homme complexe, attachant, passionné et meurtri par les déchirements de l'enfance. C'est avec le détachement d'un Félicien Marceau, un autre maître de l'ironie, qu'il décrivait ces années marquées par la séparation parentale : « Les nombreuses conquêtes de mon père, trouvant sans doute quelque peu encombrant le dauphin éternellement mélancolique que j'étais, réussirent, sans beaucoup de mal je suppose, à le convaincre que je recouvrerai l'équilibre dont chaque enfant a besoin en pension et que plus celle-ci serait lointaine, plus inébranlable deviendrait la stabilité de mon caractère ».

Cette éducation solitaire développa chez Jacques François le dédain des conventions et des idées reçues. Comme les écoliers mélancoliques des chansons de Trenet, il s'insurgea contre cette modestie pervertie qui confine souvent au mépris de soi. «J'ai éprouvé très tôt un goût immodéré pour la fréquentation de personnages d'exception, soulignait-il. De là à être taxé de snobisme, il n'y avait qu'un pas qui fut très largement et très tôt franchi. C'est un des griefs dont je suis encore aujourd'hui la victime indifférente. S'il y a snobisme à estimer que la gloire et la célébrité sont des états fascinants quand ils sont justifiés par le talent, la maîtrise d'un art quelconque, ou le miraculeux privilège qui fait de vous le descendant de ceux qui ont contribué à faire l'histoire d'un pays, d'un peuple ou d'une civilisation, je suis très snob, en dépit de l'origine généralement inconnue de ce terme.»

Le paradoxe du comédien

Cette exploration précoce des hautes sphères lui fit rencontrer, à l'âge où d'ordinaire les enfants rêvent de cavalcades échevelées, Marie Bonaparte, qui avait introduit l'œuvre de Freud en France, et Henri Bergson. Le philosophe avait confié ce conseil à l'enfant songeur : « On ne trouve le bonheur qu'à condition de ne pas le chercher ». Incorporé dans la marine en 1939, Jacques François vécut, à bord de son bâtiment, un événement douloureux, dévastateur : le bombardement par les Anglais de la flotte française à Mers el-Kébir, en juillet 1940. Cette tragédie, qui entraîna la mort de 1300 marins français, porta un coup fatal aux illusions du jeune homme. Seul salut après l'épreuve : le cours de Raymond Rouleau où Jacques François découvrit l'amitié de Jacques Dufilho, de Marcel Mouloudji et de Serge Reggiani. Associé à la troupe constituée autour de Marcel Herrand, le comédien participa, avec Daniel Gélin et Gérard Philipe, à la renaissance de la scène parisienne et contribua à l'apparition d'une génération nouvelle de dramaturges : Albert Camus, Maurice Clavel et Jean Anouilh, notamment.

Haïssant les poseurs et se gardant des raseurs, Jacques François recueillait les prodiges que dispensent les intelligences généreuses : Arletty, Robert Hirsch, Michel Simon, Pierre Fresnay, Laurence Olivier, Philippe Noiret ou Jean Yanne. Il cultivait le paradoxe du comédien comme une élégance suprême : « J'ai toujours dissocié, écrivait-il, presque complètement l'acteur de l'homme que je suis ». Héritier de Beaumarchais, Jacques François honora dans son métier sa passion exigeante : la liberté. Une passion française.

Editions Ramsay, 248 pages. 19 euros.

Texte Lucien Maillard

Rita Hayworth (née Margarita Carmen Cansino) est une actrice américaine. Elle fut le sexe symbole féminin des années 1940. Surnommée « la déesse de l'amour », elle devient une légende vivante avec son rôle principal dans le film mythique Gilda. Elle fut l'épouse d'Orson Welles et du Prince Aly Khan.

Source Wikipédia

Agustina Otero Iglesias, dite Caroline Otero, dite « La Belle Otero », est une chanteuse et danseuse de cabaret et grande courtisane de la Belle Époque. Née dans une famille misérable d'un petit village de Galice, Ponte de Valga, Caroline Otero est, selon ses biographes, violée à onze ans par un cordonnier et chassée de la maison familiale par sa mère alors qu'elle n'a encore que douze ans. Elle débute dans les cabarets de Barcelone, puis se rend à Paris où elle se produit au Grand Véfour et au Cirque d'été. Un avortement forcé la rend stérile alors qu'elle est prostituée de force par son mari. En 1890, elle fait une tournée triomphale aux États-Unis. Revenue à Paris en 1892 et désormais lancée, elle se fait une spécialité des rôles de belle étrangère aux Folies Bergère et au Théâtre des Mathurins. Elle porte des tenues de scènes somptueuses, où des joyaux authentiques mettent en valeur ses seins, dont la renommée est telle que l'on murmure que les coupoles de l'Hôtel Carlton à Cannes auraient été inspirées de leur moulage. Elle fait plusieurs tournées en Europe, en Amérique et en Russie.En août 1898, Otero devient « la première star de l'histoire du cinéma » lorsque l'opérateur Félix Mesguich filme un numéro de danse au moyen d'un cinématographe Lumière à Saint-Pétersbourg. La projection qui a lieu le lendemain au music-hall Aquarium suscite des réactions si violentes que Mesguich est expulsé de Russie. Elle devient l'amie de Colette et l'une des catins les plus en vue de la Belle Époque, avec la Carmencita, espagnole comme elle, ou encore Liane de Pougy, Cléo de Mérode et Émilienne d'Alençon. Elle entretient avec Liane de Pougy une rivalité tapageuse : « On se rappelle l'idée qu'elle eut, écrit André de Fouquières, pour éclipser une rivale, d'apparaître un soir au théâtre dans un boléro constellé de diamants. Mais la femme qu'elle jalousait était Liane de Pougy. Avertie de l'exhibition qui se préparait, elle arriva, les bras, le cou, les épaules et les mains absolument nus. Quand elle fut dans sa loge, qui faisait face à celle de Caroline Otero, on put voir qu'elle était suivie de sa femme de chambre portant tous ses bijoux». Elle séduit des rois - Édouard VII du Royaume-Uni, Léopold II de Belgique -, des aristocrates russes et britanniques - le Duc de Westminster, le grand-duc Nicolas de Russie -, des financiers, des écrivains tels que Gabriele D'Annunzio et des ministres tel qu'Aristide Briand, qui sera longtemps son amant. Elle fait tourner bien des têtes et serait à l'origine de plusieurs duels et de six suicides. Pendant la Première Guerre mondiale, elle se produit pour soutenir le moral des soldats français. Puis, en 1915, encore belle et au sommet de sa gloire, elle prend sa retraite et s'installe à Nice, où elle se ruine dans les casinos et meurt à l'âge de 96 ans, oubliée et pauvre. Caroline Otero a fait l'objet d'un film, La Belle Otero, réalisé par Marc-Gilbert Sauvajon.

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Les Grandes Figures du 17e

Savants, ingénieurs et humanistes

AUGUSTE BARTHOLDI

AUGUSTE BARTHOLDI (1834-1904)

Le 17è arrondissement a au moins deux raisons de saluer le centenaire de la mort de Bartholdi : la Statue de la Liberté, son grand-œuvre, monté rue de Chazelles, et le Monument aux Aéronautes, élevé place des Ternes jusqu'à la dernière. Portrait d'un sculpteur doublé d'un conquérant.

« Rue de Chazelles, dans le bruit des marteaux frappant sur les feuilles de cuivre, s'enthousiame le chroniqueur anonyme du Journal Illustré du 13 mai 1883, la statue s'achève, par fragments énormes, et c'est, de tous côtés, comme la dissection de Brobdingnac par des charpentiers ou des ouvriers marteleurs. » Le témoin ébloui de dépeindre la silhouette majestueuse surgissant au-dessus des toits des ateliers Gaget-Gauthier, au 25 de la rue de Chazelles : « La tête est achevée, le bras droit est fini, à mi-corps la Liberté est sortie de terre et, l'été dernier, vingt-cinq convives ont pu tenir à l'aise et déjeuner dans son mollet droit. Le reste, le sein, les épaules, les draperies de la poitrine, est encore dans la forge mais le travail s'achève. Des doigts gigantesques, des index de près de deux mètres et demi, sont là, tout fondus, contre la muraille. On se croirait au pays de quelque féérie, dans l'usine où des nains fabriqueraient un géant de métal. »

Une forte tête

Le responsable de ce chantier titanesque est un sculpteur alsacien d'à peine cinquante ans, né à Colmar : Frédéric-Auguste Bartholdi. Un petit homme nerveux et intransigeant, obsédé par des projets cyclopéens. « A cet esprit ouvert, déclarera un de ses amis, le jour de ses obsèques au cimetière Montparnasse où l'accompagnent Paul Doumer et même les autorités de la ville de Colmar, pourtant annexée par l'Allemagne, il fallait des expressions qui fussent comme les symboles géants de ses rêves.. » Dès l'enfance, le petit Auguste, chérie par une mère veuve, manifeste dans sa jolie cité alsacienne des dons précoces. Il est envoyé au lycée Louis-le-Grand , à Paris, où l'espace des forêts alsaciennes lui manque. C'est une forte tête. Il préfère les cours de l'artiste Ary Scheffer, rue Chaptal, aux versions latines. Il sèche ostensiblement les cours. « Travail nul », notent ses professeurs. Il n'y a qu'en philosophie qu'il manifeste un peu d'intérêt en classe. Décidant de devenir artiste, comme son maître Scheffer, il opte pour la sculpture et transpose, à dix-huit ans, un tableau de Scheffer en bas-relief. Sa vocation est confortée par les premiers succès au Salon, en 1855. Il signe, pour sa ville natale, une statue en bronze du général Rapp haute de 3,5 m.

Le projet de statue pour le canal de Suez

Devenant le protégé de Jean-Léon Gerôme, de dix ans son aîné, qui l'introduit dans tous les milieux parisiens, il s'embarque avec lui sur les traces des Saint-Simoniens en Egypte. Ainsi, Bartholdi remonte le Nil jusqu'aux cataractes puis prolonge son voyage jusqu'à Aden et en Abyssinie. Au Salon de 1857, le sculpteur expose « La lyre du Berbère », la première oeuvre inspirée par le voyage en Orient… C'est alors qu'il songe, pour le percement de l'isthme de Suez par un autre disciple des Saint-Simoniens, de Lesseps, à dresser à l'entrée du futur canal « une belle femme drapée à l'antique, coiffée à la mode des sphynx égyptiens », et supportant, au bout de son bras droit, la lanterne d'un phare. La préfiguration de la statue de la Liberté éclairant le Monde.

Sollicité, jusqu'en 1870, par des constructions de fontaines et de bustes un peu partout en France, il est mobilisé à Colmar au début de la guerre contre les Prussiens. Ce vaillant guerrier, après de sérieux accrochages, rejoint le gouvernement de la Défense Nationale à Tours où on le charge d'accompagner un allié encombrant et inattendu : Garibaldi. Il se bat avec énergie dans les troupes garibaldiennes qui repoussent l'ennemi à Autun. Mais, après la défaite, meurtri par la perte de l'Alsace, il s'embarque, en juin 1871, pour l'Amérique sur un bateau de la Compagnie transatlantique : le Pereire. Toujours la marque du saint-simonisme. Décidément ...

Aux Etats-Unis, sa première visite est pour le Président Grant qui le reçoit dans son cottage de Long-Branch, non loin de New-York. « Le général, écrit-il à sa mère à propos du vainqueur de la guerre de Sécession, m'a conduit sur sa terrasse et nous a fait fumer un cigare. » Bartholdi traverse l'Amérique entière, franchit les Rocheuses. Mais New-York le hante. Il veut que sa statue s'élève sur l'île de Bedloe. « Si j'ai senti cet esprit ici, c'est sûrement ici que ma statue doit être érigée, ici où les hommes ont le premier aspect du Nouveau Monde, ici où la Liberté jette son rayonnement sur les deux mondes. » Sa première œuvre, après ce long voyage, est une statue de groupe en argent offerte à Gambetta intitulée « La Malédiction de l'Alsace ».

La méditation de Victor Hugo

En 1875, revenu en France, Auguste Bartholdi travaille sur deux fronts. A l'est, commence la taille du colossal Lion de Belfort tandis qu'un comité baptisé « Union franco-américaine » se constitue à Paris pour l'édification du monument commémoratif de l'indépendance des Etats-Unis. Les Lafayette, les Rochambeau, ainsi que Viollet-Leduc et le comte de Tocqueville appartiennent au comité français, tout comme de Lesseps. « Il s'agit d'élever, explique le document de présentation du projet, un statue colossale se dessinant sur l'espace, encadrée à l'horizon par les grandes cités américaines de New-York, Hersey-City et Brooklyn. La nuit, une auréole lumineuse, partant de son front, rayonnera au loin sur la mer immense. » Le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, et Alexandre Dumas soutiennent publiquement ce projet lors d'un banquet qui se tient au récent l'Hôtel du Louvre, construit par Emile Pereire ...

Le président de la République, Jules Grévy se rend sur le chantier en mars 1883, rue de Chazelles, avec son gendre, le fâcheux M. Wilson, pour découvrir l'œuvre monumentale sous la conduite de Bartholdi, Gaget (1), Gauthier et Eiffel, le concepteur de la charpente intérieure. Un an plus part, le 24 novembre 1884, tête nue, Victor Hugo gravit lentement les deux premiers étages de la statue. Redescendu, il contemple longuement la Liberté, silencieux, les mains dans les poches, puis déclare : « La mer, cette grande agitée, constate l'Union des deux grandes terres apaisées. Ce gage de paix, entre l'Amérique et la France, demeure permanent. » Le 30 avril 1885, la statue, démontée, est embarquée à Rouen sur l'Isère au son de la Marseillaise.

Auguste Bartholdi expire chez lui, rue d'Assas, le 4 octobre 1904. « Il pensait, souligne le pasteur dans son éloge funèbre, que le sens de la beauté et de la justice dans le cœur de l'homme n'était pas sans objet ». Son monument à la mémoire des aéronautes parisiens de 1970, du siège de Paris, sera inauguré, le 3 février 1906, place des Ternes.

« La forme au statuaire est tout et ce n'est rien, avait écrit Hugo à Bartholdi en 1885. Ce n'est rien dans l'esprit. C'est tout avec l'idée. »

(1) Gaget faisait payer aux Parisiens la visite des ateliers de la rue de Chazelles au bénéfice du Comité constitué pour la construction de la statue. Plus tard, il produira des copies miniatures, passées dans le langage ordinaire comme des « gadgets ».

Texte Lucien Maillard

Le photographe Hippolyte Bayard :

L'autre inventeur resté dans l'ombre

Hippolyte Bayard, qui déposa en 1846 l'invention du tirage papier, procédé photographique moderne dont il partage la paternité avec l'Anglais Talbot, contre le clan acquis à Daguerre, réalisa ses premières expériences rue des Batignolles et rue Boursault. Les Z'Hippolytes, concours organisé par la mairie du 17ème, lui rendent hommage. Histoire d'un génie, loin des clichés.

En matière de sciences, la gloire posthume est aléatoire et tient du cornet à dés. Pourquoi Darwin a-t-il fait oublier Lamarck ? Pourquoi Edison a-t-il occulté Charles Cros ? Souvent, la postérité se laisse conquérir par d'habiles manœuvriers. Hippolyte Bayard, fondateur de la Société Française de Photographie en 1853 avec Delacroix, n'a jamais gagné, en France, la notoriété qu'il mérite en raison de l'acharnement dont il a été victime de la part des partisans de Daguerre et de sa plaque métallique. Récemment, à l'occasion de l'exposition Daguerre au musée d'Orsay, un inconsolable défenseur des daguerrotypes décrivait Bayard comme un imposteur. Le temps est venu de rendre justice à ce grand inventeur modeste, né dans l'Oise, qui monta à Paris pour travailler au ministère des Finances comme commis de 4ème classe.

Le jeune Hippolyte Bayard, qui s'était installé dans le village bucolique des Batignolles pour mener ses expériences, ne cessait de chercher un procédé de reproduction des images et de la lumière. Sa vocation était née d'une manie de son père. Celui-ci marquait les pêches de son jardin aux initiales de ses amis pour leur offrir. Sa technique était élémentaire : il découpait les initiales dans du papier et fixait les lettres sur les pêches au printemps. Quand le fruit était mûr, les initiales se détachaient en blanc sur la peau rougie et veloutée… Instruit par cette expérience, le jeune homme, tout ébloui par la découverte de Niépce, tenta, à son tour, avec une chambre noire bricolée et un objectif approximatif, de saisir les toits et les arbres des Batignolles. Tout en gagnant ses galons dans la hiérarchie du ministère, Bayard investit toute son énergie dans son idée fixe : faire mieux que Daguerre qui, grâce au soutien de François Arago, avait les faveurs des autorités officielles.

L'entêtement d'Arago

Quelques jours après que Daguerre eut révélé l'existence son procédé sur plaque de métal, le 5 février 1839 exactement, Bayard montra ses premières épreuves sur papier. Il s'agissait de négatifs, reproductibles à l'infini. Comme ceux que Talbot devait montrer le lendemain, par une curieuse coïncidence, au Royal Institute de Londres. En trois mois, Bayard réussit à faire descendre le temps de pose à un quart d'heure… Mais Arago, qu'il rencontra alors, n'était toujours pas convaincu par ce procédé argentique. Et, plutôt que d'aider Bayard, il acheta, au nom de l'Etat français, l'invention de Daguerre. Notre Hippolyte des Batignolles s'immortalisa alors dans un autoportrait dit « du noyé » où il s'exposait en suicidé avec ce commentaire vengeur : « Le gouvernement, qui avait beaucoup trop donné à Monsieur Daguerre, a dit ne rien pouvoir faire pour Monsieur Bayard, et le malheureux s'est noyé. »

Jardin aux Batignolles

Après ce canular, sans se décourager, Hippolyte Bayard persévéra et mis au point, vers 1848, ce qui bien plus tard devait devenir le polaroïd. Chargé de commandes publiques pour inventorier les monuments de Seine et Oise, il ouvrit un studio rue de la Madeleine en 1863. Il mourut paisiblement, à Nemours, en 1887 où il s'était consacré à la peinture cette fois.

Instruments de jardinage

Aux Batignolles, Hippolyte Bayard cultiva les deux passions de sa vie : la photographie et l'art du jardin. Dans une palette subtile, aux contours moins tracés et secs que ceux du daguerrotype, il fixa la procession de la Fête-Dieu rue des Batignolles en 1842, des jardins, un reposoir, des cours rue Boursault, la maison du meunier des Batignolles. Il s'attarda surtout à retenir des images de l'intimité douce, familiale, mêlant des objets liés à la plénitude modeste de ces petits jardins de faubourg : un chapeau de paille accroché à un treillage, des pots de fleurs renversés, un vieil arrosoir, une chaise qu'il faudrait rempailler… Le papier sensible de Bayard s'inscrit dans la même logique que les œuvres des peintres du dehors, de Corot à Pissarro. Il immobilise les bonheurs bénins de gens sans histoire. C'est en cela qu'il préfigurait Edouard Boubat et Willy Ronis. Le secret de Bayard tenait dans son étude des propriétés lumineuses spécifiques à chaque couleur. C'est la raison pour laquelle son ami et disciple Jules Ziegler écrivait : « Je connais de M. Bayard certains paysages qui font penser à Ruysdael. » Et, pourtant, Bayard n'avait jamais quitté les Batignolles...

Texte Lucien Maillard

Fulgence Marie Auguste Bienvenüe (1852-1936) est un ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et père du métro de Paris avec Edmond Huet. En 1895, il prépare avec Edmond Huet un avant-projet de métropolitain en s'inspirant des études de Jean-Baptiste Berlier. Il présente un projet définitif que le conseil municipal adopte le 9 juillet 1897. Le projet est déclaré d'utilité publique par une loi votée le 30 mars 1898 ; les travaux sont lancés le 4 octobre suivant afin d'être prêts avant l'Exposition universelle de 1900. Cette première ligne (Porte de Vincennes - Porte Maillot) est inaugurée le 19 juillet 1900 par M. Bienvenüe. La même année, il est nommé officier de la Légion d'honneur. En 1911, il est désigné chef du service de la voie publique, de l'éclairage et du nettoiement à la ville de Paris, mais s'occupe toujours de la construction du métro de Paris. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il demande à être mobilisé (il a alors 62 ans) ce qui lui est refusé au vu de ses compétences. Fulgence Bienvenüe est bien trop important pour la capitale. Puis il devient directeur du Port de Paris en 1917. Il rénove les canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis. Il fait aussi construire un nouveau port à Gennevilliers.

Le décret du 26 janvier 1929 l'élève à la dignité de Grand-Croix de la Légion d'honneur. Il choisit, comme l'usage le veut, un parrain pour être promu et ce fut le maréchal Foch qui est mort trois semaines plus tard[1],[2]. Cette distinction lui est décernée en récompense des services rendus auprès de la ville de Paris.

Fulgence Bienvenüe décide finalement de prendre sa retraite le 6 décembre 1932 à l'âge de 80 ans. L'année suivante, le Conseil de Paris décide de donner son nom à la station de métro et à la place du Maine. Un jour après Louis Blériot, Fulgence Bienvenüe meurt dans la capitale le 3 août 1936, et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise dans l'indifférence générale. En 1987, un timbre a été édité en sa mémoire.

Source Wikipédia

Henri Mondor est un médecin, chirurgien et historien de la littérature français.

Génie du XXe siècle, Henri Mondor s'adonna brillamment au métier de chirurgien (y compris à son enseignement) et à sa passion pour la littérature, notamment pour le poète Stéphane Mallarmé. Il fut également dessinateur et reconnu pour son savoir en étant élu à quatre académies.

Le nom d'Henri Mondor a été donné à des hôpitaux : l'établissement hospitalier public d'Aurillac, le CHU de Créteil.

Source Wikipédia

Louis Rustin (1880-1954) qui participa au 1er Tour de France cycliste est l'inventeur de la rustine.

C'est en effet à lui qu'on doit cette nouvelle application de la vulcanisation à froid, autant dire le pansement adhésif des chambres à air dont l'hypersensibilité mettait souvent les vélos à plat sur les routes caillouteuses de la Belle Epoque.

Rustin commercialisa ses rustines (et autres fournitures pour cycles) dès 1906, dans son petit atelier-boutique de la rue Truffaut.

Jean-François Forest

Les Grandes Figures du 17e

FRANCK MORGAN

Franck Morgan est un combattant valeureux. Ce vétéran de la Royal Air Force et de l'aviation américaine vit aujourd'hui rue des Acacias, paisiblement, dans l'immeuble d'un autre pilote célèbre : Jeff Kessel. Originaire de Portland, dans l'Oregon - « le pays où personne ne peut posséder le ciel », dit-il -, ce pilote surdoué s'est engagé, avant l'entrée en guerre des Etats-Unis, en décembre 1941, dans la Royal Canadian Air Force, à 18 ans. « Un officier dans un bel uniforme, raconte-t-il, m'a fait rêver. Je volais un peu pour transporter des pièces détachées agricoles. J'ai cru à son baratin et je suis parti au Canada. En Colombie britannique, en Alberta. On s'est retrouvé dans des baraquements vides, dans la neige. Et là, on a appris à piloter. »

Basé ensuite à Bournemouth, dans le sud de l'Angleterre, Franck Morgan démontra ses capacités sur Spitfire, puis sur P-51 Mustang. Il fut intégré, en 1943, après la Royal Canadian Air Force, dans l'aviation américaine. « Nous escortions les bombardiers. Le P-47 et le P-51 étaient moins rapides que les avions allemands mais plus faciles à manœuvrer. Nous avions des machines et des moteurs formidables qui nous permettaient de monter très haut ou de tomber très vite. Ma plus longue mission a duré 7 h 45. Je n'avais plus une goutte d'essence. »

Ce pilote d'exception, qui fut nommé capitaine à vingt ans à la tête d'un groupe de quatre Mustangs, fut l'un des rares « as » de la seconde guerre mondiale à abattre un bombardier quadrimoteur Heinkel III, pendant la bataille de Hollande. « Je pouvais voir mes balles frapper le nez du Heinkeil, les moteurs et une partie du fuselage. » Le 6 juin, Franck Morgan et ses camarades patrouillèrent dans le ciel du Nord et de Normandie pour tenir les Allemands à l'écart. « Nous avions pour mission de mitrailler les convois de renforts. Mon meilleur copain, Eddy Decker, avec lequel je partageais notre chambrée, fut tué, au sud de Saint-Lo, le jour du débarquement...

Pendant la bataille de Hollande, nous avons eu 30 % de pertes. Quelquefois, nous avions plus de morts à l'entraînement. Il faut être très jeune pour faire ça. Avec le bruit, le manque de visibilité. Trente ans, c'est déjà trop vieux pour piloter un avion de chasse. » Pendant la guerre, Franck Morgan fut décoré de la « Distinguished Flying Cross » pour « accomplissement extraordinaire ». Il est également titulaire de la Médaille de l'Air, à cinq feuilles de chêne... Pour montrer le fonctionnement d'un groupe dont il était le « leader », il ouvre encore les quatre doigts de la main et raconte, comme autrefois, le rôle de chacun. A vingt-sept ans, il quitta l'US Air Force avec le grade de commandant et de lieutenant-colonel dans la réserve. « Nous voulions gagner, martèle-t-il. Car nous savions que nous étions du bon côté. »

Son bonheur, Franck Morgan l'a connu avec Etiennette, une danseuse française classique qu'il a épousée à Paris après la guerre et qui tient encore un cours, dans une salle Pleyel désertée, abandonnée, avec la même vaillance qu'à vingt ans. Un couple aimant et courageux. De beaux Parisiens libres, en vérité...

Texte Lucien Maillard

Dans ses mémoires, l'éditeur André Balland évoquait la personnalité de Guy Môquet, son camarade de classe du lycée Carnot. Déjà attentif aux autres, généreux, passionné de littérature, excellent camarade et élève brillant. Le 13 octobre 1940, le jeune homme, qui distribuait des tracts, était arrêté gare de l'Est. Libéré, puis interné administratif au camp de Choisel, à Châteaubriant, Guy Môquet fut fusillé le 22 octobre 1941, avec vingt-six autres otages, dans la carrière de la Sablière. Il n'avait pas encore dix-huit ans. "J'aurais voulu vivre, écrivait-il à sa mère avant d'être conduit devant le peloton d'exécution, mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose."

Symbole de cette prémonition, de l'Europe solidaire, l'ambassadeur d'Allemagne en France, le 22 octobre 2003, assistait, aux côtés de Françoise de Panafieu, anciennement maire du 17e arrondissement, Jeannine d'Orlando, adjoint au maire chargé de la Petite enfance et des Cultes et Albert Guyon, à l'époque adjoint au maire chargé des Anciens combattants, à la cérémonie d'hommage à Guy Môquet, organisée au lycée Carnot en présence des élèves.

Texte Lucien Maillard

LES CENT ANS DE CLARA TOLUB

Une Française d'exception

Le destin de Clara Tolub, née Feingold, le 23 décembre 1906 à Paris, de parents venus de Pologne, mérite d'être médité. Son héroïsme, dans les heures noires de l'Occupation, révèle une âme forte, bouleversante.

L'enfance, l'école et le métier de chapelière

« Mal payé, mon père travaillait quotidiennement plus de dix heures, ne connaissant aucun jour de repos. Néanmoins, il se considérait heureux et fier de vivre dans le pays qu'il aimait et qu'il admirait. A l'âge de 11 ans, je me souviens encore du bombardement de Paris par l'artillerie allemande, lors de la Première guerre mondiale, la maison voisine de la nôtre avait été touchée par un obus de la grosse Bertha, et se trouva littéralement coupée en deux. Scolarisée à l'école de la place des Vosges, dans le Marais, où nous habitions, j'ai appris le dur métier de chapelière. »

Le mari mobilisé en 1940 avant l'étoile jaune

« En 1926, je me suis mariée par amour à Maurice Tych, ouvrier coiffeur pour hommes né en janvier 1901 à Varsovie. Cet homme avait du fuir à l'âge de18 ans sa Pologne natale dans un climat de pogroms. A force de travail et d'économies, nous avons pu ouvrir un salon de coiffure, au 100, rue du chemin vert dans le 11ème arrondissement. Ce n'est que bien plus tard que nous eûmes mes 2 filles Liliane et Renée, fruits de notre amour. Les évènements précipitèrent notre couple et toute l'Europe dans la seconde guerre mondiale. Mon mari fut mobilisé, comme tous les hommes de son âge en 1939, et vécut la drôle de guerre. Il fut démobilisé après la débâcle de 1940 et reprit son activité. Cependant dés 1940 le port de l'étoile, nous fut, imposé par un décret du gouvernement de Vichy. »

La Gestapo, rue Lauriston

« En 1941, la jeunesse et l'insouciance me firent aller chercher mon oncle Jacques Zito aux mains de la Gestapo. Il avait participé à un mariage dans le 19° arrondissement de Paris. A cette époque et depuis la promulgation des lois anti-juives, les réunions de plus de cinq personnes étaient interdites aux juifs. Dans ce climat de dénonciation, la police française est venue procéder à leur arrestation et les a directement livrés à la Gestapo. Alertée par ma tante je décidais d'aller au culot le chercher, rue Lauriston au siège même de la Gestapo, en exigeant qu'on le relâche immédiatement : « comment avez-vous pu le confondre avec un Juif ? Zito c'est italien et bon catholique » m'écriais-je outrée ! L'o fficier SS m'accompagna et me demanda de le désigner, et il fut aussitôt relâché. Peu de temps après cet oncle avec sa famille ont pu fuir aux USA. C'est en juillet 1941 que mon mari fut arrêté par de policiers français et interné à Drancy pour le seul crime d'être né juif. »

Drancy, la lettre de sa fille à Pétain et Auschwitz

« Les conditions de vie à Drancy étaient particulièrement pénibles et j'appris par un co-détenu ayant pu s'en échapper, que mon mari avait reçu de nombreux coups de bâtons pour avoir voler des épluchures de pomme de terre afin de se nourrir. Je me souviens encore, du barrage formé par la police française pour repousser à coups de matraques notre groupe de femmes venu apporter du pain à nos époux affamés. Cette même année, ma fille Liliane, âgée de 11 ans, avait obtenu le premier prix de dessin de la ville de Paris pour la réalisation du portrait du maréchal Pétain. Celui-ci lui demanda alors, par courrier, ce qui lui ferait plaisir. Ma fille implora la libération de son père. Il lui répondit qu'il ne pouvait accéder à cette demande qui ne relevait pas de son ressort. Le 5 juin 1942, il fut déporté à Auschwitz dans le convoi N° 2 où il mourut, peu de jours après son arrivée. C'est le 16 juin 1942, qu'i l fut assassiné, gazé, puis brûlé par ses bourreaux nazis. J'avais connu avec lui quatorze années de bonheur. »

Seule, avec ses filles

« Dés la fin de 1941, notre salon de coiffure fut confisqué par le commissariat aux affaires juives. En juin 1942, je fus témoin dans le XI° arrondissement, de l'arrestation des femmes juives étrangères. Certaines se précipitaient avec leurs bébés, enveloppées d'un drap, depuis leur fenêtre afin d'échapper à la rafle. Cet évènement effroyable par son horreur, me poussait à quitter précipitamment Paris. Par malchance, au même moment mes filles tombèrent malades. Le diagnostic du médecin était clair : scarlatine pour Liliane et coqueluche pour Renée. Accompagnant son ordonnance ses mots furent éloquents : «Madame, fuyez de Paris car de CES maladies on n'en meurt pas, alors que si vous restez ici vous risquez de tous mourir! » Pour pouvoir quitter Paris je dus falsifier mes papiers afin d'en effacer le mot JUIF marqué en rouge, comme un fer sur ma peau. »

La fuite, les escrocs et l'officier allemand de la Bourboule

« Je pris le train de la gare Montparnasse en route pour Dax. Le hasard me mis à l'abri des contrôles de police, puisque je pus voyager dans un compartiment destiné à l'armée allemande. Installées depuis 10mn dans le compartiment, les soldats de la Werhmacht, probablement séduits par ma beauté et mon élégance et attendris par mes enfants, se poussèrent pour nous faire asseoir au milieu d'eux et couvrir mes 2 filles, âgées de 4 et 9 ans, de leurs manteaux.

( Après avoir été victime d'un passeur escroc à Dax, craignant d'être « raflée », elle trouve asile avec ses filles, après avoir erré de ville en ville, à Saint-Sauve, en Auvergne où elle vit de petits travaux de couture)

Encore Pétain

« Le hasard me fit rencontrer le Maréchal Pétain. En effet le village de St Sauves se trouve à 5 km de La Bourboule. Au moment du passage de la voiture du maréchal, ma fille Liliane fit tomber, en secouant un tapis, une paire de chaussures sur lui. Ce qui déclencha la frayeur à la fois de la police et de moi-même. La police fit irruption dans la maison où toute ma famille se cachait. De peur d'être découverts, étant la seule à posséder des papiers, je descendis précipitamment avec Liliane en expliquant l'incident aux policiers et en la giflant devant le maréchal. Ce qui déclencha l'hilarité du Maréchal Pétain et de sa police. Au cours de cette époque j'ai pu découvrir que certains soldats allemands m'étaient apparus bien plus cléments que nombre de gendarmes français. En 1943, je décidais de me rendre à la Bourboule pour prendre un bain et chercher des médicaments pour soigner ma plus jeune fille. La ville était fermée par la gendarmerie car des officiels y résidaient en cure. Le gendarme de St Sauves à l'entrée de la ville se proposa de m'emmener chercher un laissez-passer auprès de la préfecture, mais au lieu de cela, il me conduisit directement à la Kommandantur, où je fus mise en présence d'un officier allemand. Le gendarme lui raconta que je tentais d'entrer en fraude. L'officier allemand bien plus aimable, ferma soigneusement la porte de son bureau et pris congé du policier. Il me fit asseoir calmement et me dit :

« - Madame que venez vous chercher ici ?
- Je viens chercher des médicaments pour mes filles et prendre un bain aux douches municipales.
- Où se trouve votre mari ?
- Il est prisonnier en Allemagne.
- Prisonnier ou déporté ?
- Pour une femme, vous savez, c'est la même chose.
- Combien de fois voulez vous venir ici, madame, 2 fois par semaine vous semblerait-il suffisant ? » Je hochais la tête et baissais les yeux. Il me reconduisit avec un sourire qui semblait me souhaiter bonne chance. Je ressortis de la ville avec l'Ausweis que je présentais au gendarme stupéfait !

( En 1943, un fonctionnaire de préfecture résistant lui fournit de nouveaux papiers)

Libération

Mon mari, un frère, une sœur et plusieurs cousins avaient été décimés, victimes de la Shoah. A la douleur morale de la perte d'être cher, et à la souffrance physique de toutes ces années de privation s'ajoutaient les regards méprisants de tous ceux qui nous faisaient comprendre que nous n'étions pas bienvenus. » (Entre 1945 et 1948, elle se bat encore pour récupérer son logement, occupé par des indésirables odieux. « Ils finirent par le quitter, non sans l'avoir souillé d'immondices, en nous traitant de sales youpines », confie Clara Tolub qui s'est remariée en 1957 avec Maurice Tolub, décédé en 1981. Jamais, elle n'a cessé de travailler. Ses filles, ses petits-enfants et les enfants de son mari lui ont redonné le goût du bonheur.)

Leçon de noblesse

« Il est difficile pour moi de faire le bilan de ce siècle passé. Cent ans qui ont su entremêler tant de joie et tant de malheur, tant de tragédie et tant de félicité. La dignité et l'a mour de ma famille sont encore aujourd'hui les piliers de ma vie. Car il est une richesse au-delà, de toutes celles convoitées, c'est celle de voir rassemblés autour de moi tous ces êtres chers, enfants petits-enfants et arrière-petits-enfants. Je garde au fond de moi la profonde aspiration à donner de l'amour, une authenticité fruit de l'expérience et de la sagesse d'une femme de 100 ans. »

Texte Lucien Maillard

Dernière mise à jour le lundi 26 juin 2017

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