Grands projets

Réaménagement du Mail Bréchet

Une concertation et un débat exemplaires

PREMIÈRE ÉTAPE DANS LA RÉNOVATION DU QUARTIER DE LA PORTE POUCHET: FAIRE DU MAIL BRÉCHET UNE VÉRITABLE AIRE DE DÉTENTE ET DE RENCONTRES POUR LES FAMILLES. AVEC LE "JARDIN BRÉCHET" CE QUARTIER RETROUVE LA CONVIVIALITÉ D'UN VILLAGE.

Une réunion à l'école Bréchet, le 3 février, a réuni plus d'une centaine d'habitants de la Porte Pouchet autour du premier réaménagement de ce quartier promis à une véritable métamorphose: le mail Bréchet. Françoise de Panafieu, maire du 17e arrondissement, Jérôme Dubus, adjoint au maire du 17e chargé de l'Urbanisme, Véronique Grimonpont, chef du Grand Projet de Renouvellement Urbain de la Porte Pouchet et Hélène Driancourt, de la Direction de la Politique de la Ville, ont présenté, en compagnie des urbanistes et des architectes de l'agence Cobe, les options pour la transformation du mail Bréchet devenu depuis longtemps un parking dénué de tout charme malgré ses nombreux arbres.

Pourtant, le mot mail est trompeur. En effet, dans les villages, autrefois, le mail désignait une aire de jeu, une allée ombragée et herbeuse où l'on jouait au croquet… Aujourd'hui, dans le quartier de la porte Pouchet, il est plutôt synonyme de lieu sans qualité, c'est-à-dire sans vocation, sans autre utilité que d'accueillir des véhicules ventouses.

Deux réunions publiques avaient eu lieu, précédemment, en 2003 et 2004, pour l'aménagement global du quartier. La réunion consacrée au mail Bréchet avait été précédée par une exposition de deux mois sur les deux projets et tous les habitants ont été conviés, par des affiches et des tracts, à livrer leur opinion. Pour la première fois, avec la présentation des deux options du cabinet Cobe, les résidents entraient dans le vif du sujet. Avant de décrire les propositions soumises à l'agrément des habitants, Michel Guthmann, urbaniste à l'agence Cobe, a rappelé que le grand projet urbain de la porte Pouchet prévoit une transformation radicale des espaces publics. Les petits bâtiments de logements entourés de jardins privatifs qui seront construits rue Rébière donneront un air résidentiel à cette partie du quartier. Quant au square Émile-Borel, peu valorisé, il sera remplacé à terme par plusieurs petits jardins de proximité, l'un au centre de la rue Rébière, un deuxième au pied de la tour Bois le Prêtre et un autre sur le mail Bréchet. Ce quartier, un peu isolé de l'arrondissement et mal relié aux communes voisines, a toujours pâti de l'absence d'espace central, d'un pôle où convergeraient les habitants, où se croiseraient les familles, les jeunes et les personnes âgées. Une piazza à l'italienne, en somme. Le projet défini par l'agence Cobe s'articule autour d'une vraie place qui se situera à l'emplacement actuel du garage des TAM, dans le prolongement des espaces verts de la ZAC Victor Hugo à Saint-Ouen. Des commerces et un équipement public animeront ce coeur de ce village retrouvé. La question du stationnement prolongé de véhicules extérieurs au quartier trouvera rapidement sa solution dans le passage systématique au stationnement payant. En même temps, il est prévu de réaliser des parkings en sous-sol pour les logements neufs. Enfin, la circulation de transit, qui emprunte actuellement la rue André-Bréchet large comme un boulevard, sera définitivement découragée par l'aménagement d'une rue de quartier.

Deux propositions assez différentes ont été présentées en détail le 3 février. La première, baptisée "le jardin Bréchet", consiste à supprimer la circulation sur la moitié ouest de la rue afin d'y aménager un square équipé de jeux d'enfants et une chaussée piétonne accessible aux vélos et aux rollers. La circulation, dans cette hypothèse, est maintenue sur la moitié est et il est même prévu d'aménager des places de stationnement en épis. Le long des façades des logements et de l'école, les trottoirs seront élargis et une nouvelle rangée d'arbres sera plantée. Le mail, bien nommé cette fois, sera restauré pour accueillir des jeux pour adolescents, des jeux de boules et des bancs. La deuxième proposition d'aménagement, qui maintient le mail dans sa longueur "originelle", consiste en une rénovation d'une véritable promenade continue sous les arbres. Tout au long de ce parcours, des haltes destinées aux enfants, aux adolescents - des tables de ping-pong - et aux seniors - un boulodrome et des salons de verdure - seraient ménagées. La rue serait maintenue sur toute sa longueur mais une nouvelle répartition des sens de la circulation dissuaderait le transit. Des stationnements longitudinaux et des pistes cyclables protégées seraient créées rue André Bréchet. En l'occurrence, dans la deuxième option, les façades des logements seraient végétalisées.

Françoise de Panafieu a estimé que la seconde proposition semble plus classique, moins innovante que la première. "Pour la végétalisation des façades, a-t-elle fait remarquer, il faudra s'assurer de l'accord de l'OPAC et prévoir l'entretien des végétaux." Les questions de la salle ont, immédiatement après l'exposé, porté principalement sur le sort des marronniers. "Est-il raisonnable, a interrogé un résident du quartier, d'envisager une suppression d'arbres pour revaloriser un espace public?" Michel Guthmann a assuré qu'il fallait faire "un peu de lumière" pour développer des activités sur le mail. Les suppressions ne concerneraient que quelques arbres situés du côté du square ou à l'emplacement des bancs. Dans la première proposition, il est d'ailleurs prévu une nouvelle rangée d'arbres le long des façades de logement. "Dans la deuxième proposition, a précisé Michel Guthmann, le trottoir sud n'est pas suffisamment élargi pour accueillir des arbres d'alignement, mais la suppression d'arbres sur le mail est encore plus parcimonieuse." De nombreux participants ont également abordé la question du stationnement. M. Dechandon, de la direction de la Voirie et des Déplacements de la Ville de Paris, a estimé que le nombre de places sur la voie publique restera excédentaire par rapport à la demande des riverains après l'aménagement du mail. De plus, au-delà des 500 places supplémentaires offertes au parking de la porte de Saint-Ouen, des parkings seront réalisés en sous-sol sous les nouveaux logements. Toutefois, à cet égard, Françoise de Panafieu a mis en exergue le fait que selon les règles du PLU, les nouveaux logements ne disposeront plus que d'une place pour 100 m2, c'est-à-dire l'équivalent d'une place pour deux logements. "Au cours de la mise au point du projet, a-t-elle indiqué, il faudra examiner de près cette question ainsi que celle de la localisation des emplacements réservés aux personnes handicapées." En ce qui concerne la vie même du quartier, son animation, Michel Guthmann mise sur les nouveaux usages dans un cadre rénové: "La future place "Pouchet" devrait répondre à l'objectif de mieux articuler les territoires. L'installation de commerces au pied des immeubles, sur ces nouveaux passages, changeront les habitudes".

Au terme d'échanges instructifs et parfois passionnés avec les architectes et les urbanistes, la majorité des participants à cette réunion s'est nettement prononcée en faveur du premier projet : le jardin Bréchet. Mais la concertation n'est pas terminée. Loin de là. Les services de la Ville s'attachent à mettre au point l'avant-projet qui sera bientôt présenté aux habitants. Une fois cette étape franchie, le projet d'aménagement sera finalisé et soumis au vote du Conseil de Paris. Après les appels d'offres et la sélection des entreprises, les travaux, qui débuteront au début de 2006, dureront environ un an. Le déroulement exemplaire de ce projet prouve qu'une consultation régulière fondée sur une information de qualité, ambitieuse et dépourvue de complaisance, peut efficacement contribuer à tisser un vrai dialogue entre les urbanistes et les architectes, d'un côté, et les élus soutenus par la population.

Plan Local d'Urbanisme

La ZAC des Hauts de Malesherbes accueillera à terme 3 000 à 3 500 nouveaux habitants. Cette apparition d'un véritable quartier neuf implique nécessairement la mise en place d'équipements publics et d'infrastructures publiques, comme le gymnase, ainsi que la réorganisation de la circulation porte d'Asnières.

La couverture du périphérique, prévue dans la contrat Etat/Région 2000/2006, concerna la zone comprise entre l'avenue de la Porte des Ternes et le stade Paul Fabert et celle délimitée par la rue du Caporal Peugeot à la rue de Courcelles. Dans une seconde phase, cette couverture du périphérique sera étendue, dans le contrat de plan 2006/2012, à la partie Villiers. Ce chantier, dans sa totalité, correspondra à 23 000 m 2 de surfaces à aménager.

L'aménagement des terrains Batignolles/Clichy/Cardinet demeure toutefois, pour l'équipe municipale mobilisée autour de Françoise de Panafieu, le défi le plus ambitieux des prochaines années. Ce véritable remodelage du nord-ouest de Paris permettra à la fois de créer des logements, de répondre à la demande croissante d'équipements socio-culturels et de faire sortir de ce vieux "terroir" industriel un véritable poumon vert d'environ 10 ha dont 5,5 livrés fin 2006.

Outre l'implantation d'activités économiques, l'installation d'un centre de tri sélectif et d'une plate-forme multimodale de fret etde logistique, l'aménagement des terrains Batignolles/Clichy/Cardinet comprendra un programme mesuré de logements, d'équipements publics locaux et d'équipements structurants. Françoise de Panafieu a également renouvelé sa demande de voir le village olympique s'installer sur les terrains Cardinet si, comme chacun l'espère, la candidature de Paris est retenue pour 2012. La couverture de la rue de Rome et la fin de la couverture du boulevard Pereire sont également liées aux études d'aménagement de ces quarante hectares vierges.

Le jardin des Hauts de Malesherbes sera livré fin 2004. La première tranche de 5,5 ha des Batignolles, fin 2006.

L'amélioration de la vie quotidienne s'est articulée autour des sept priorités énoncées et défendues par l'équipe municipale de Françoise de Panafieu lors de la campagne électorale de 2001 : la préservation des acquis patrimoniaux, la création de nouveaux équipements publics, la redynamisation de l'outil commercial et de l'activité économique, les déplacements et les transports, l'augmentation de la capacité de logements, la garantie de la sécurité et les progrès dans le domaine de l'environnement. En ce qui concerne le logement, dans le cadre du Plan Local de l'Habitat, la qualité doit aller de pair avec la quantité.

Le logement est aussi, dans la perspective du PLU, une préoccupation constante. 300 logements sociaux vont être livrés en 2003-2004 dont une grande partie sur la ZAC de la porte d'Asnières.

Aménagement des terrains Cardinet

La concertation autour de l'aménagement des terrains Cardinet s'est poursuivie, le 21 octobre, à l'hôtel Ibis, en présence de nombreux habitants du 17ème qui ont pu découvrir les premières esquisses du futur parc et du projet de village olympique présenté officiellement, le 15 novembre, au Comité Olympique International. Il s'agit d'un acte décisif pour la candidature de Paris aux JO de 2012.

La réunion de concertation, organisée à l'hôtel Ibis, porte de Clichy, le 21 octobre, a permis aux habitants du 17ème arrondissement de prendre connaissance de l'état d'avancement du projet d'aménagement des terrains Cardinet et du village olympique promis, si Heraklès et Apollon le veulent bien, à accueillir en 2012 les athlètes du monde entier. Françoise de Panafieu a présenté les différentes phases d'aménagement des terrains Cardinet selon les deux scenarii possibles. Première option : Paris est retenu, le 6 juillet prochain à Singapour, pour l'organisation des Jeux olympiques de 2012.

Selon ce premier scénario, la réalisation du parc de 5 ha est programmée en même temps que la construction du village olympique qui sera métamorphosé, les compétitions achevées et les champions de la prochaine décennie honorés, en véritable nouveau quartier des Batignolles. Deuxième hypothèse : l'organisation des jeux revient à une autre grande métropole ( Madrid, Londres ou New York).

Cette éventualité ne compromet en rien l'aménagement du parc - qui sera réalisé dans les mêmes délais - mais autorise la Ville de Paris à mettre en œuvre la réalisation des logements et des équipements selon un calendrier plus long. « Les habitants, a rappelé Françoise de Panafieu, seront consultés sur les esquisses de ce grand projet. » Jean-Pierre Caffet, adjoint au Maire du Paris chargé de l'Urbanisme, a indiqué que le projet sera présenté le 15 novembre au CIO afin que le chantier commence dès le début de l'année prochaine. « Les trois phases du chantier, jusqu'en juillet, seront menées séquentiellement », a-t-il précisé. La première phase du chantier, marquée par l'édification du signal olympique, sera consacrée aux travaux d'aménagement du parc de 4,5 ha et à l'élargissement de la rue Cardinet, bordée d'un mail. Soit un périmètre restreint de 6, 75 ha qui comportera un parking de 400 places sous la rue Cardinet, un groupe scolaire de 12 classes situé près du parc arboré et la création de logements étudiants pouvant être utilisés avant les jeux. L'impasse Chalabre sera transformée en véritable voie d'accès. Enfin, un collège sera construit dans le secteur de la rue de Saussure. Les opérations de démolition et de dépollution des terrains utilisés pendant près de 150 ans par le dépôt SNCF dureront un an. La phase de construction à proprement parler commencera dans les premiers mois de 2006.

Dans le cas d'une victoire de Paris - objectif soutenu par les plus grandes entreprises françaises, le mouvement sportif et l'ensemble des élus d'Ile-de-France au-delà des clivages politiques -, il faudra alors, comme l'a souligné l'architecte - urbaniste François Grether, chargé de définir la répartition des aménagements et l'esprit global du lieu, mettre « les bouchées doubles » pour accueillir, dans sept ans, 17.000 athlètes et officiels autour d'un « noyau » constitué par le nouveau parc Cardinet et les 35 hectares alentour.

Le village olympique couvrira 45 ha auxquels seront intégrés - pendant les épreuves - les magasins de décors de l'Opéra de Paris (transformés en restaurant collectif pour les sportifs), l'Odéon/Ateliers Berthier ( pour l'accueil d'animations culturelles) et le lycée Honoré de Balzac. « Grâce à cette proximité, a noté François Grether, toutes les installations ouvertes aux équipes olympiques seront accessibles dans un rayon de 400 m. Le faisceau ferroviaire sera réorganisé au nord du site, à l'exception de la ligne de ceinture qui est maintenu sur son tracé actuel. » (photo3 droite jardin).

Le village olympique, qui devrait représenter 450 000 m2 de surfaces utilisables dont 315 000 pour les seuls logements des athlètes, a été imaginé dans une perspective de développement durable. Il s'agit, en effet, de maîtriser les émissions de CO2 et de miser sur les énergies douces, alternatives. Ainsi, les voies ferrées, Pont Cardinet, seront coiffées d'une structure en forme de coque de bateau, constituée de milliers de panneaux solaires. Ce procédé a déjà été mis en œuvre dans l'une des gares de Berlin. « Ces panneaux solaires, a assuré Essar Gabriel, pourront couvrir 30 % des besoins énergétiques du quartier. » Par la suite, après la restitution du parc et des édifices à leur vocation durable - accueillir de nouveaux habitants dans cette partie du 17ème -, environ 200 000 m2 seront disponibles pour différentes formes de logements : accession à la propriété, location, logement social et résidences étudiants.

« En 2008, a poursuivi François Grether, nous aurons terminé les travaux ferroviaires. A partir de cette date, commencera la construction des logements pour les Jeux qui se dérouleront en 2012. Des bâtiments provisoires seront même aménagés pendant les Jeux. » La construction des trois îlots olympiques - la zone d'accueil et d'hébergement, la zone internationale (ouverte aux personnalités) et la zone de logistique - fera l'objet d'une grande consultation internationale. En 2015, le quartier neuf, rendu définitivement aux nouveaux habitants, aura trouvée ses marques. Pour l'architecte - urbaniste familier de ce type de programme ambitieux, il s'agit de veiller à l'équilibre du projet urbain global :

« Ce projet répond à une double demande de la Ville : créer un grand jardin pour irriguer cette partie de la capitale et faciliter les liaisons entre les quartiers. Le nouveau quartier Cardinet sera ouvert et les liaisons vers Clichy et Levallois multipliées grâce au parc qui s'étendra au-delà du boulevard Berthier. Beaucoup de parcs sont des enclos qui tournent le dos à la ville. Cette trame verte, au contraire, unifiera le tissu urbain. » Après 2012, les fonctions des édifices évolueront. Les immeubles construits le long des voies accueilleront des bureaux. Côté parc, les habitations, qui ne dépasseront pas sept étages, c'est-à-dire 37 mètres, donneront de plain-pied sur les espaces verts. « Nous voulons assurer une diversité, a rappelé François Grether. Ce quartier abritera des ateliers, des commerces et des bureaux, essentiellement concentrés autour du faisceau ferroviaire.

A cet égard, nous souhaitons favoriser, à travers les concours d'architecture, un large panorama de diverses formes architecturales contemporaines. » Le plan d'eau, qui donnera encore plus d'ampleur à cet ensemble, s'adossera à la petite ceinture. Jacqueline Osty a privilégié, pour la végétalisation de cet espace libre, le spectacle des saisons et le thème de l'eau. Ainsi, chacun pourra cheminer autour des plantations printanières, à partir de la rue Cardinet, puis, en se dirigeant vers le plan d'eau apaisant, traverser l'été, faire étape sous les frondaisons, et franchir l'automne, avant d'atteindre, au nord du quartier, les couleurs de l'hiver.

Il reste un grave point de préoccupation pour la Mairie du 17ème arrondissement : la question lancinante, depuis des années, de la desserte des transports dans ce quartier affligé, déjà, de la saturation de la ligne 13 du métro. « Nous ne sommes pas du tout satisfaits, a averti Françoise de Panafieu, de ce qu'on nous propose pour l'amélioration des transports. Si on conçoit les JO avec des transports en bus, c'est une hérésie en termes d'environnement et cela coûtera beaucoup plus cher qu'un équipement durable. Il y aura une vie après le village. Il faut revoir tous les transports en commun. Nous avons 2000 habitants nouveaux dans la ZAC de la porte d'Asnières qui demeure enclavée. Or, 12.000 personnes viendront s'établir dans le quartier Cardinet. Il faut repenser complètement le système des transports. C'est la priorité des priorités. »

Lorsque Brigitte Kuster, conseiller UMP de Paris, soumit à l'approbation du Conseil de Paris du 18 octobre un vœu demandant notamment, comme préalable aux JO, le raccordement par la RATP de la ligne 14 à la ligne 13 afin de dédoubler la charge des voyageurs, la majorité municipale dirigée par Bertrand Delanoë refusa sèchement de le prendre en compte...

Rénovation de la Porte Pouchet

Coup d'envoi de la rénovation de la Porte Pouchet

Le jury d'architecture, qui s'est réuni le 6 décembre à l'OPAC, a élu le projet porté par les architectes F. Druot, A. Lacaton & JP. Vassal, pour la réhabilitation de la tour « Bois-le-Prêtre ».

L'OPAC et la mairie du 17è, conjointement avec la mairie de Paris, ont fait de la concertation avec les habitants une condition nécessaire au bon déroulement du projet. Les élus du 17è arrondissement attirent cependant l'attention sur les nécessaires améliorations à apporter à l'environnement urbain, aux abords immédiats de la tour, ainsi que sur le traitement des caves de l'immeuble.

Aménagement du mail Bréchet

Une ultime concertation couronnée de succès

La réunion sur le Mail Bréchet, le 8 juillet, a permis aux habitants du quartier d'approuver, dans le cadre du projet ambitieux du GRPRU, l'aménagement de la rue André-Bréchet en circulation douce. Brigitte Kuster, maire du 17è arrondissement, s'est réjouie de cette décision qui ouvre la voie à l'engagement des travaux dès janvier prochain.

Le Grand Projet de Rénovation Urbaine - GPRU - de la Porte Pouchet est exemplaire, depuis plus de quatre ans, d'une stratégie de concertation fondée sur l'information constante des habitants. Cette volonté d'explication loyale et régulière, à laquelle la mairie du 17è arrondissement s'est attachée, a débouché sur l'appropriation, par les résidents eux-mêmes, de l'évolution qualitative du quartier. L'aménagement du Mail Bréchet - dans le dispositif urbain qui comprend la construction de logements rue Pierre-Rebière, la transformation de la place, la métamorphose de la tour Bois-le-Prêtre, la relocalisation des équipements et la démolition de la tour Borel - est l'un des éléments majeurs de l'embellissement du quartier et, surtout, de l'amélioration de la qualité de vie de ses habitants.

Initialement, deux projets avaient été proposés : le jardin Bréchet et le mail Bréchet. Consultés, les riverains optèrent pour la solution du mail. A partir de là, les premières réunions de concertation aboutirent au principe d'un mail constitué, partiellement, d'un square et d'un espace piétonnier, et, sur sa plus grande longueur, d'une rue circulée. Or, lors de la réunion du 10 juin, certains habitants exprimèrent la crainte que la rue Bréchet devienne, à cause de la rupture de circulation provoquée par l'existence du jardin, « un endroit statique, entraînant des risques de débordement en l'absence de passages et de la police ». A cet égard, Jérôme Dubus, conseiller de Paris en charge du conseil de quartier concerné, souligna l'objectif final du projet : « Il faut redonner la place à la circulation douce, faire revenir de l'a ctivité économique et de l'emploi ». D'autres participants firent observer, au cours de la même réunion, que le jardin pouvait effectivement créer un enclavement en coupant la circulation. « La voiture, assuraient-ils, c'est la sécurité ».

Moins d'un mois après cette réunion, c'est-à-dire le 8 juillet, Brigitte Kuster a organisé sans perdre de temps une nouvelle réunion à l'école Bréchet, en présence de Annick Lepetit, député et adjoint au maire de Paris chargé des Transports, au cours de laquelle le maître d'œuvre a présenté une nouvelle proposition pour le mail. Cette évolution comprend un espace piétonnier, une rue ouverte à la circulation - une zone où les piétons restent prioritaires où les automobiles ne pourront excéder la vitesse de 15 km/h - tout en maintenant l'aspect végétal initialement prévu. Sur cette base, deux pistes ont été explorées par les aménageurs : d'une part, des jardinières et une présence végétale importante et, d'autre part, la suppression du projet de jardin et la création d'u ne rue de dix mètres de large, arborée et plutôt minéralisée, permettant d'accueillir une circulation douce en continu.

La présentation d'une maquette modifiée a donné l'occasion aux habitants de la Porte Pouchet d'apprécier l'impact de ce changement. La voie de circulation ainsi créée ne sera accessible, évidemment, qu'aux riverains. Pour M. Guthmann, représentant de la maîtrise d'œuvre, cette solution, tout en privilégiant les piétons, est équilibrée. « A n'importe quel moment, une voiture pourra passer, a-t-il déclaré. C'est une façon de concilier les craintes de certains résidents et le calme du quartier. C'est un bon compromis. »

Les aménagements de voirie - la nature du revêtement, en particulier - empêcheront les automobilistes de rouler vite. Le sens de la circulation sera également inversé rue Brunet. Pour Brigitte Kuster, le maire du 17è, cette rencontre a permis de démontrer l'utilité d'un processus de concertation ouvert qui n'écarte aucune question. « C'est un bel exercice de démocratie sur le terrain, traitant de questions pragmatiques qui engagent l'a venir de nos quartiers. Beaucoup d'obstacles, grâce à cette compréhension mutuelle, peuvent être surmontés. » Pour Jérôme Dubus, qui porta longtemps ce projet d'un type nouveau, avec tous les autres partenaires - notamment la direction de la Voirie et des Déplacements, la direction de l'Urbanisme, la direction des Espaces Verts et de l'Environnement -, un pas décisif a été accompli le 8 juillet : « Hier, la réunion s'est bien passée. On est parti sur une nouvelle hypothèse d'aménagement du mail qui a reçu l'aval des habitants. Le calendrier peut être maintenant défini : début des travaux en janvier 2009 ; ouverture du square pour les vacances 2009 et la fin des travaux qu'on peu prévoir pour octobre 2009 ». Tous les élus, les architectes et les techniciens présents ont constaté que les habitants se considéraient pleinement partie prenante dans le processus d'élaboration de leur cadre de vie. « L'h ypothèse retenue par les habitants est un schéma équilibré, sage, où l'on remet un peu de circulation douce dans le système alors qu'a vant la circulation était exclue », précise Brigitte Kuster.

C'est cette attitude à la fois rationnelle et responsable que Jérôme Dubus veut retenir de l'approfondissement de la concertation : « Désormais, sur le plan avalisé par la population, par rapport au plan initial, il y a la volonté affirmée de permettre aux riverains, et seulement aux riverains, d'accéder aux immeubles en voiture. Sur cette circulation douce, la vitesse sera limitée à 15 km/h. Or, la rue était condamnée par l'établissement d' un jardin. Au cours de la réunion du 10 juin, des habitants du quartier avaient émis des doutes sur cette solution et souhaité qu'u ne autre proposition leur soit faite. Ils ont approuvé, à la majorité, l'option qui leur a été proposée le 8 juillet. J'y vois une grande maturité de la population. » Une étape déterminante du GPRU de la Porte Pouchet est sur le point d'être franchie. « Ce projet devrait passer au conseil de Paris fin septembre, assure Jérôme Dubus. Nous pourrons ainsi envisager les travaux en janvier 2009, la livraison du square en juin 2009 et la fin du mail en octobre 2009. C'est un changement d'optique mais cela ne constitue pas une modification fondamentale car la rénovation du quartier - et le bénéfice concret par ses habitants - repose sur la qualité des logements proposés rue Pierre-Rebière et tour Bois-le-Prêtre. Des logements diversifiés, plus économes en énergie, et qui répondront aux normes de la Haute Qualité Environnementale.»

Texte Lucien Maillard

Renouveau de l'avenue de Clichy

LE RÔLE CLÉ DES ACTEURS ÉCONOMIQUES

LA FONDATION DE LA CAPAC(*), AVENUE DE CLICHY, CONSTITUE UN ÉLÉMENT DÉCISIF DE LA REQUALIFICATION DE CETTE ARTÈRE ÉCONOMIQUE IMPORTANTE POUR TOUT L'ARRONDISSEMENT.

Pour comprendre la vocation d'une ville, il convient d'interroger sa toponymie. Selon le dictionnaire, une avenue est "une voie plantée d'arbres qui conduit à une habitation". C'est la description, dès les Mérovingiens - passés à la postérité sous le sobriquet de "rois fainéants" -, du chemin de Clichy rebaptisé, en 1868, avenue de Clichy. Du VIe siècle au VIIe siècle, la dynastie des Chilpéric, des Clotaire, des Dagobert, des Thierry et des Childéric empruntait cette allée bordée d'arbres, au milieu de la forêt de Rouvray, pour rendre visite, dans l'île de la Cité, au "maire de palais", leur intendant.

Les premiers rois "francs" avaient établi leur résidence sur le territoire d'une villa romaine de Clippiacium - Clichy-la- Garenne - où Dagobert 1er, l'étourdi de la comptine, épousa Gomatrude en 626. "L'école du Palais", qui formait l'administration franque, dont saint Eloi, saint Ouen, saint Didier, Charles Martel et Pépin le Bref, était située sur le chemin de Clichy. L'industrialisation et la croissance parisienne transformèrent, au XIXe siècle, le visage de l'avenue de Clichy, bientôt coincée entre les fortifications de Thiers et l'enceinte des fermiers généraux de Ledoux. Artère industrielle, jalonnée d'u ne usine à gaz, d'abattoirs, puis, après la création de la ligne Paris/Saint- Germain des Pereire, de la gare marchandises Cardinet et de l'usine Ernest Gouïn - qui employait déjà 2000 ouvriers en 1850 -, l'avenue de Clichy devint un axe majeur du développement économique de Paris, dont le Saint-Michel de Frémiet, au sommet du campanile de l'église paroissiale, et la statue du maréchal Moncey symbolisaient la vitalité. Aujourd'hui, grâce la volonté de Françoise de Panafieu et à son équipe municipale, notamment Francis Courcelle chargé de ce dossier, la requalification de l'avenue de Clichy est devenue une réalité. L'un des acteurs majeurs de cette renaissance visible est Jean-Claude Janan, slameur émérite et inlassable porte-parole des chefs d'entreprises de cette voie importante du 17e arrondissement. Afin de contribuer au renouveau de l'avenue, il a fondé la CAPAC - Commerçants, Artisans, Professionnels de l'Avenue de Clichy - destinée à promouvoir les commerces, l'artisanat, les activités professionnelles de proximité.

La CAPAC a pour objectif de dynamiser cette zone d'a ttraction commerciale, de la Fourche à la Porte de Clichy. "Par le chiffre d'affaires qu'elle génère, c'est la quatrième avenue de Paris, indique Jean-Claude Janan, président de la CAPAC*. De la place de Clichy à la Porte, on compte 900 registres de commerce, dont de très grosses sociétés. On assiste aussi, depuis quelques années, à une montée en gamme dans les commerces. De la Fourche à la Porte, cela représente 1 200 m de façade économique. C'est considérable." Jean-Claude Janan rappelle le rôle des métiers industriels et des sous-traitants de l'industrie dans l'essor, depuis 1846, de ce quartier : les ingénieurs et les ouvriers de l'u sine des locomotives de charpente métallique Gouïn, les fontainiers, les couvreurs, les plombiers-zingueurs (chers à Prévert !), les chauffagistes... L'avenue de Clichy est un monde multiculturel où chacun apporte son savoir-faire et son ambition de réussir. C'est une chance prodigieuse pour Paris au moment où l'E urope se tourne vers les civilisations méditerranéennes. Notre avenir passe par cette intégration des cultures amies." C'est ce qu' Edgar Morin appelle la potentialité fraternelle.

(*) CAPAC : Commerçants, Artisans, Professionnels de l'Avenue de Clichy

Texte Lucien Maillard

Rue Rebière, une histoire écrite à plusieurs mains

RENOUVELLEMENT URBAIN

RUE REBIÈRE : UNE HISTOIRE ÉCRITE À PLUSIEURS MAINS

L'ÉLABORATION D'UN URBANISME ET D'UNE ARCHITECTURE CONCERTÉS, DANS LE QUARTIER DE LA PORTE POUCHET, RACONTÉE DANS UN BEAU LIVRE INTELLIGENT ET FOISONNANT.

L'architecture est le seul art que les citadins peuvent s'approprier, tandis qu'il s'élabore sous leurs yeux, si les passants s'octroient le temps de la flânerie et de la contemplation. Belle invitation à la promenade, le livre original et coloré consacré à l'aménagement de la rue Rebière propose cet exercice utile. C'est un livre tonique qui renoue avec l'i nventivité des éditions de la fin des années soixante, du début des années soixante-dix, où l'on jonglait avec les palettes de couleurs, avec les typographies joyeuses. Ce document montre comment le Grand Projet de Renouvellement Urbain - GPRU - de la Porte Pouchet s'est bâti en concertation avec toutes les parties prenantes : les résidents, les élus de l'arrondissement, les responsables de la mairie centrale, les urbanistes et les architectes.

Deux axes d'intervention avaient été arrêtés à la suite du marché de définition lancé en 2003 : restituer une continuité urbaine sous le périphérique et valoriser l'habitat existant. C'est ainsi qu'est née l'idée de réaliser 180 logements, rue Rebière, pour loger les occupants des immeubles trop proches du périphérique et promis, en conséquence, à la démolition.

Le diagnostic urbain pour la Zone d'Aménagement Concerté de la Porte Pouchet, réalisé par Michel Guthmann, Pierre-Alain Trévelo et Antoine Viger-Kohler a mis en avant la transformation de la rue située entre le cimetière arboré des Batignolles et les bâtiments du lycée Honoré de Balzac. Cela représente, concrètement, une bande de terrain constructible de 620 mètres de long - en deux séquences - sur 12,60 m de large, gagnée sur l'espace de la rue existante. "Plutôt que de faire une rue parisienne, explique Michel Guthmann, nous avons voulu faire une rue qui avait sa place ici, justement ici." Ainsi, s'est constitué un "workshop", une communauté de neuf cabinets d'architecture qui ont travaillé, en liaison les uns avec les autres, sur la cohérence du projet : Raphaëlle Hondelatte & Mathieu Laporte, Atelier Bow-Wow, La Fantastic Agence, Avignon-Clouet Architectes, Atelier Provisoire, Cedric Petitdidier & Vincent Prioux, Rousselle & Laisné Architectes, Gricha Bourbouze & Cécile Graindorge, EM2N. "Aucun architecte travaillant seul ne serait parvenu à une telle qualité dans les logements", assure Antoine Viger-Kohler.

Comme le souligne Véronique Barry Delonchamps, directeur de l'aménagement et du renouvellement urbain à l'OPAC de Paris, il ne s'agit pas d'une "vitrine" de l'architecture : "Nous souhaitions obtenir un ensemble composé plutôt que simplement juxtaposé. Nous ne voulions pas une seule architecture mais une diversité d'a rchitectures coordonnées." Chacune des équipes retenues éclaire, dans le livre, l'originalité de sa démarche. Les Japonais de l'A telier Bow-Wow ont privilégié le travail sur l'espace entre les immeubles : "Pour nous, c'est un espace qui doit rester peu dense mais en mouvement". Les architectes Avignon & Clouet refusent le clonage des maisons : "Nous ne discourons pas sur le thème " Comment faire la ville". Nous nous adaptons au contexte singulier. Nous proposons des solutions à une question posée". Cédric Petitdidier et Vincent Prioux résument l'esprit de l'ensemble de l'o pération : "C'est par petites touches successives que nous parviendrons à redonner du souffle au tissu urbain. Une petite opération de logement à Paris n'a pas la même importance qu'a illeurs car elle prend l'envergure d'une grande opération urbaine".

"Autrement rue Rebière", éditions de l'Arsenal, 304 pages, 15 €

Texte Lucien Maillard

Tour Bois-le-Prêtre

RENOUVELLEMENT URBAIN, PORTE POUCHET

LA TOUR BOIS-LE-PRÊTRE, LE TEMPS VENU DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

LA RESTRUCTURATION DE LA TOUR BOIS-LE-PRÊTRE, ILLUSTRATION DE L'URBANISME "IMPÉRATIF" DE LA FIN DES ANNÉES CINQUANTE, PRIVILÉGIE LE DÉVELOPPEMENT DURABLE. ELÉMENT STRUCTURANT DU GRAND PROJET DE RENOUVELLEMENT URBAIN - GPRU - DE LA PORTE POUCHET, C'EST AUSSI UNE MANIÈRE DE RÉCONCILIER, GRÂCE À LA CONCERTATION, LES URBANISTES ET LES ARCHITECTES ET LES HABITANTS DE CE QUARTIER DU 17E.

Le Monde et Le Moniteur ont salué, ces derniers mois, le caractère exemplaire de la rénovation de la tour Bois-le- Prêtre. " L'opération est doublement positive, a estimé Le Monde. Par rapport à une démolitionconstruction, l'OPAC a réalisé une économie en rénovant la tour. Et ses habitants pourront rester dans les lieux." Le Moniteur, lui, parle de véritable "transformation". Construite entre 1959 et 1961, la tour Bois-le-Prêtre avait été conçue par Raymond Lopez sur les bases du plan Lafay et des recommandations de Pierre Sudreau, commissaire à la construction et à l'urbanisme du département de la Seine. Le cahier des charges prévoyait un ensemble moderne constitué de barres sur un secteur qui s'étendait sur 2,3 km, de la Porte Pouchet à la Porte des Poissonniers. Terminé en 1961, le "secteur à urbaniser" accueillait 1 104 logements qu'on destina aussitôt aux rapatriés d'Algérie. Prévu initialement en tranchée, le tronçon du périphérique fut réalisé en 1966 en surplomb des constructions récentes. Le parti pris moderniste, dans les années soixante-dix, ne tarda pas à montrer ses limites.

Le jardin d'hiver de l'appartement-témoin après rénovation Pour ne citer que deux réalisations de Lopez - la ZAC du Front-de-Seine et le Val-Fourré à Mantes-la-Jolie -, ces gestes architecturaux intempestifs, imposés au mépris des règles élémentaires d'un urbanisme humaniste et concerté, se révélèrent lourds de conséquences. En 1990, l'OPAC de Paris remit la tour Bois-le-Prêtre aux normes. En 2005, dans le cadre du Grand Projet de Renouvellement Urbain de la Porte Pouchet, l'OPAC lança un concours d'architecture restreint pour "la transformation de la tour Bois-le-Prêtre et de ses conditions d'habiter" ; elle souhaitait ainsi démontrer qu'en dépensant moins - 100 000 € par logement contre 170 000 € pour une démolition/construction -, "l'o pération serait plus réussie que dans du logement neuf".

Le projet de l'équipe lauréate, composée de Frédéric Brunot, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, repose sur le postulat d'un véritable "embellissement" de la vie quotidienne. " Le logement doit avoir comme objectif le plaisir d'habiter et non plus sa mise en attente, trouver les correspondances simples avec des besoins simples avec des besoins sociaux et familiaux contemporains, être une facilité pour les habitants". Les architectes ont proposé d'agrandir les appartements par la mise en place de modules préfabriqués (7,50 m x 3 m). Empilés les uns sur les autres et fixés aux façades est et ouest de la tour, ils formeront une double enveloppe de trois mètres d'épaisseur.

Les appartements, dont les fenêtres et allèges existantes seront remplacées par des baies vitrées tout en hauteur, ouvriront sur ces larges balcons baptisés jardins d'hiver. Ils seront fermés par des cloisons mobiles transparentes en polycarbonate installées à environ deux mètres des baies vitrées - ce qui laissera un débord de balcon extérieur. La zone tampon ainsi créée entre l'intérieur et l'extérieur agira comme un régulateur thermique. En complément, les fenêtres des séjours seront équipées de rideaux à face extérieure en Mylar argenté renvoyant 95 % du rayonnement et les cloisons mobiles, de rideaux d'ombrage. L'OPAC s'est engagée auprès des locataires sur une baisse globale de 10 % des charges, les seules charges de chauffage diminuant de 50 %. La superficie des jardins d'hiver variera de 16 m2 pour un T2 (+ 6 m2 de balcon) à 33 m2 pour un T6 (+ 18 m2 de balcon). Des extensions par structure acier sont aussi prévues sur les pignons nord et sud de la tour. Cela se traduira, pour les appartements d'angle, par un agrandissement de 18 m2. Les cuisines et les salles de bain seront également remises à neuf. A l'issue du chantier, la tour Bois-le-Prêtre offrira 105 logements, du studio aux sept pièces, contre 96 aujourd'hui. "Nous nous sommes demandés comment nous pouvions apporter durablement de meilleures conditions d'habitat aux locataires, indique l'architecte Anne Lacaton de l'équipe lauréate. Les questions d'amélioration des consommations énergétiques et d'acoustique, incontournables, sont bien sûr prises en compte mais à travers un plus donné à chaque logement."

Texte de Lucien Maillard

Quartier vert Jonquière

QUARTIER VERT JONQUIERE, UNE VRAIE METAMORPHOSE

FRANÇOISE DE PANAFIEU S'EST FÉLICITÉE DE LA TRANSFORMATION DU "QUARTIER VERT JONQUIÈRE", LORS DE SA VISITE, LE 16 MARS, EN COMPAGNIE DE BRIGITTE KUSTER, CONSEILLER DE PARIS, D'HERVÉ BÉNESSIANO, PREMIER ADJOINT, DE FABIENNE GASNIER, ADJOINT CHARGÉ DES PARCS ET JARDINS, ET DE JEAN-FRANÇOIS DIVRY, ADJOINT CHARGÉ DE LA SÉCURITÉ, DES TRANSPORTS ET DE LA VOIRIE. LES ÉQUIPES DE LA VOIRIE ONT ACCOMPLI UN EXCELLENT TRAVAIL.

Deux ans après la réunion au collège Mallarmé qui rassemblait plus de deux cents riverains du "quartier vert Jonquière", Françoise de Panafieu, entourée de Brigitte Kuster, d'H ervé Bénessiano, de Fabienne Gasnier et de Jean-François Divry, a constaté, le 16 mars, combien le travail des professionnels de la voirie, dirigés par l'ingénieur Patrick Meert, avait transformé le visage des Epinettes. Le quartier vert Jonquière, qui abrite 23 000 habitants sur un périmètre compris entre le boulevard Bessières, l'a venue de Saint-Ouen, la rue Guy-Môquet et l'avenue de Clichy, a une densité deux fois et demi supérieure à la moyenne parisienne. L'axe commercial de la rue de La Jonquière irrigue ce quartier lumineux qui connaît aujourd'hui une véritable renaissance grâce à une vraie mobilisation de ses forces vives.

Les travaux, qui ont commencé en novembre 2005 par le calibrage de la rue Gauthey, se sont achevés, en février dernier, par le recalibrage du trottoir boulevard Bessières. La restauration du pont de la Jonquière fraîchement repeint, et grâce à une illumination très réussie, a donné définitivement un air de jeunesse au quartier. Au total, 35 aménagements ont été réalisés dans le cadre d'une enveloppe financière s'élevant à 1,75 million d' euros. La réduction de la vitesse à 30 km/h à l'intérieur de ce périmètre a également entraîné la modification des entrées de voies. Pour Patrick Meert, le maître d'oeuvre de cette cure de jouvence, la réussite du "quartier vert Jonquière doit beaucoup aux explications renouvelées des élus ainsi qu'à l'inlassable activité déployée par Jean-Claude Janan, le président de l'association des commerçants et artisans de la rue de la Jonquière et des rues adjacentes. Notamment la création de places de stationnement GIG et CIC à proximité des pharmacies… " Jean-Claude Janan et les élus du 17e ont su expliquer aux riverains que les désagréments des travaux ne dureraient pas, commente l'ingénieur de la voirie. Leur rôle a été essentiel car j'a i reçu très peu de plaintes. Tout le monde a parfaitement joué le jeu. Cette convivialité chaleureuse est l'un des traits dominants du quartier de la Jonquière." En effet, Brigitte Kuster et Brigitte Mariani, conseillers de Paris ont rencontré à de nombreuses reprises les riverains et les associations à travers les réunions des conseils de quartier La Fourche-Guy- Moquet et Epinettes-Bessières qu'elles président. Elles ont effectué avec les habitants des démarches exploratoires qui ont débouché sur des propositions concrètes.Cette métamorphose a entraîné les plantations de chênes verts rue Ernest-Roche et de platanes boulevard Bessières. De nouvelles perspectives de promenade pour les flâneurs, en somme…

CLINIQUE LA JONQUIÈRE

UN ÉTABLISSEMENT POUR LES SOINS DE SUITE

Parmi les facteurs d'amélioration du bien-être dans un quartier, la création d'un établissement médical de qualité n'est pas indifférente. Elle traduit précisément l'a mbition de l'équipe municipale pour le quartier des Epinettes. Dirigée par Pérola Spreux et le docteur Dominique Roche, la Clinique La Jonquière a pour vocation d'assurer les soins de suite, qu'il s'agisse de soins polyvalents, de soins de suite gériatriques et hémato-cancérologiques. Dépendant de l'important groupe Clinea - qui compte une vingtaine d'établissements spécialisés dans ce type de soins, dans la rééducation fonctionnelle et la médecine -, la clinique La Jonquière met à la disposition des malades une équipe de cinq médecins, des kinésithérapeutes, une psychomotricienne, une ergothérapeute et une orthophoniste. Elle compte aussi une psychologue, une pharmacienne et une assistante sociale. Tout est organisé pour le confort des patients : les modalités d'accès au dossier médical, le comité de lutte contre les infections nosocomiales et une démarche qualité à laquelle l'ensemble du personnel est associé. La présence de cette nouvelle clinique est une manifestation éclatante du renouveau du quartier des Epinettes, comme l'ont souligné, lors de son ouverture, Françoise de Panafieu, maire du 17e arrondissement, Brigitte Kuster, conseiller de Paris et conseiller régional ainsi que Jean-François Rémond, adjoint chargé de la Santé.

Clinique La Jonquière
27, rue de la Jonquière
Tél. : 01 53 06 16 00

Nouveau Gymnase Porte d'Asnières

NOUVEAU GYMNASE PIERRE RÉMOND PORTE D'ASNIÈRES

UNE BELLE ET HARMONIEUSE RÉALISATION

PORTE D'ASNIÈRES, LES HAUTS-DE-MALESHERBES VONT BIENTÔT S'ENRICHIR D'UNE SUPERBE RÉALISATION : LE GYMNASE QUI PORTERA LE NOM DE PIERRE RÉMOND, L'ANCIEN MAIRE DE L'ARRONDISSEMENT. CE BEL ÉDIFICE DISCRET, EN HARMONIE AVEC LE QUARTIER NEUF DESSINÉ PAR CHRISTIAN DE PORTZAMPARC CONSTITUE UN VÉRITABLE MODÈLE EN TERMES DE HAUTE QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE ET DE RESPECT DU DÉVELOPPEMENT DURABLE. EN UN MOT, C'EST UN TOUR DE FORCE.

Sorti de terre au fil des mois, sans vraiment que le passant ou l'automobiliste s'en aperçoive, le gymnase de la Porte d'Asnières, conçu par Sophie Berthelier, Philippe Fichet et Benoît Tribouillet, semble éclore, tout à coup, dans le quartier des Hautsde- Malesherbes comme la signature ultime d'une authentique réussite architecturale, initiée, à l'origine par Christian de Portzamparc. " Nous n'avions jamais construit de gymnase, confie Philippe Fichet, l'un des trois architectes du projet qui suit le chantier depuis les premières excavations. C'était un défi : nous inscrire dans le site, respecter la hauteur qui nous était imposée et mettre en oeuvre les normes les plus ambitieuses en matière de développement durable".

Le résultat de ce travail rigoureux, exigeant, est bien plus que convaincant. Tous les visiteurs et les pratiquants de ce nouveau pôle d'animation du 17e, qui accueillera aussi l'antenne jeunes, s'en rendront compte très vite. L'harmonie est le mot clé de cette réussite. Le choix des matériaux simples, "loyaux", pourrait-on dire, comme le bois pour les "brise-soleil" qui enveloppent le gymnase, donne naturellement à cette construction un caractère de pérennité. Une réflexion vient spontanément à l'esprit lors de la visite des locaux, même si les finitions ne sont pas achevées : cette construction est faite pour durer. " Nous voulions créer une architecture simple et visible exprimant la fonction de service public de ce bâtiment, explique Philippe Fichet . La conception particulière de la toiture, par la vision offerte, participe à l'intégration de cet équipement dans le site, tout en tenant compte des problèmes d'exploitation et d'entretien auxquels ont été confrontés les exploitants sur des opérations antérieures et similaires."

Simplifier la vie des usagers et des responsables du gymnase, déployer la lumière zénithale, alléger les contraintes d'e ntretien et anticiper les attentes des citoyens dans le domaine du développement durable, de la maîtrise énergétique ont constitué des éléments déterminants pour la conception de ce projet. " Notre réflexion, poursuit Philippe Fichet, s'est portée plutôt sur le vécu et les sensations qui peuvent être engendrées par la création d'un bâtiment public à cet endroit face aux logements, en vision de près ou de loin ou encore en plongée sur le bâtiment." L'idée judicieuse des architectes du gymnase Pierre Rémond a consisté a créer un rythme en façade pour fragmenter la vision longitudinale. Ces parois sont, du même coup,utilisées pour éclairer le gymnase et prolonger la vision vers l'intérieur. " Nous avons complété ce principe du rythme des façades par la mise en place d'une protection solaire et antivandalisme, en référence aux persiennes bois, précise Philippe Fichet. Nous avons mis en relation la toiture avec les parois verticales afin d'assurer l'unité de l'ensemble du bâtiment." La création de lanières en zinc sur le toit a contribué à l'é clairage naturel du gymnase par les différences de hauteur créées. Les deux volumes de l'entrée - située sur la voie qui longe les Hauts-de-Malesherbes et non pas côté porte d'Asnières -, qui ont été traités comme des volumes distincts, respectent toutefois la continuité de la toiture. D'où cette impression d'élégance perceptible des immeubles voisins. Sur l'avenue de la porte d'A snières, la façade sur le gymnase est transparente et protégée également de pare-soleil complétés par des stores intérieurs. " Il était important de traiter cette façade de façon à en supprimer l'effet de fond de gymnase, indique Philippe Fichet. Les choix des matières sont liés à l'étude du quartier qui s'a rticule autour d'un grand jardin. Les équipements publics générés par le collège Boris Vian, l'école et l'extension du collège sont traitées avec la même tonalité dans des matériaux naturels : briques, terre cuite et le bois du jardin. Nous avons repris ces références pour le gymnase."

Conjuguer pragmatisme et ambition esthétique, telle a été la démarche de Philippe Fichet et de ses associés : " Nous avons voulu créer un lieu chaleureux pour l'espace jeunes et compenser la contrainte d'enfouissement du gymnase par des apports importants d'éclairage naturel sans contourner les contraintes liées aux pratiques sportives".

Autre objectif pleinement atteint par les architectes : remettre aux usagers un outil pratique dans sa gestion par la création de cheminements d'entretiens. Grâce au choix des matériaux, à l'éclairage naturel, au traitement acoustique ainsi qu' à la protection solaire et la rationalisation de l'entretien, le gymnase vise à l'excellence pour la Haute Qualité Environnementale. Tout se niche ici dans la vigilance énergétique et le détail des aménagements : le béton couleur brique/ocre teinté dans la masse, l' évacuation gravitaire des eaux usées, le système de chauffage et de climatisation modulable par le plafond pour le gymnase, par le sol en béton pour les vestiaires et les autres pièces (sans inertie, c'e st-à-dire sans consommation intempestive), lames d'inox dans les cloisons de béton destinées à faire ricocher la lumière et, surtout, le système d'éclairage singulier, traçant des diagonales sur le béton teinté et donnant aux couloirs, aux vestiaires un caractère chaleureux, convivial.

" On doit éprouver, dans ce pôle sportif, un véritable sentiment de confort et d'agrément, souligne Philippe Fichet. Même dans la gestion du chantier, nous avons été très vigilants sur les enjeux écologiques. Nous avons travaillé en parfaite intelligence avec les équipes techniques du maître d'oeuvre et du maître d'ouvrage. Ce chantier, qui s'est déroulé dans une atmosphère très amicale, de confiance réciproque, a fédéré tous les talents. Je crois qu'on le ressent. C'est un lieu d'harmonie." Clin d'oeil à l'histoire industrielle locale : c'est Spie-Batignolles, entreprise issue de la Société de Construction des Batignolles, fondée en 1846 aux Epinettes par le valeureux Ernest Gouïn, qui a mené à bien ce chantier.

Texte Lucien Maillard
Extrait de ParisDixSept de janvier 2007

Aménagement des terrains Cardinet

LE SILENCE ASSOURDISSANT DE LA MAIRIE DE PARIS

À PROPOS DU PROTOCOLE D'ACCORD SIGNÉ, LE 30 JUIN 2006, ENTRE L'ÉTAT, LA SNCF, RFF ET LA MAIRIE DE PARIS, FRANÇOISE DE PANAFIEU, MAIRE DU 17E, A DÉPLORÉ, LE 11 SEPTEMBRE, L'ABSENCE COMPLÈTE DE CONCERTATION AVEC L'ÉQUIPE MUNICIPALE DE L'A RRONDISSEMENT DEPUIS DEUX ANS.

Au cours du conseil d'arrondissement du 11 septembre dernier, le maire de l'arrondissement, Françoise de Panafieu, a démontré - faits et pièces à l'appui - que la mairie de Paris a, depuis dix-huit mois, écarté le 17e et ses élus du dossier de l'a ménagement des terrains Cardinet. Cet ostracisme est devenu manifeste lors de la signature, le 26 juillet, c'est-à-dire il y a trois mois, du protocole d'accord entre l'État, la SNCF, RFF et la mairie de Paris. Françoise de Panafieu, le 11 septembre, a énuméré les fins de non-recevoir de la mairie de Paris et de la Préfecture à ses exigences légitimes de transparence. Le 28 mars 2006, dans une lettre à Jean-Pierre Caffet, adjoint au maire de Paris chargé de l'Urbanisme, elle demandait, n'étant plus informée du développement du dossier depuis l'échec de la candidature de Paris aux JO, à connaître l'état d'avancement de l'opération. Jérôme Dubus, adjoint au maire du 17e chargé de l'Urbanisme, du Logement et des Grands Projets, tenta aussi de recueillir des indications auprès de la Ville, lors du comité de pilotage de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU). Ces démarches restèrent lettre morte.

À la suite du conseil d'arrondissement du 29 mai - au cours duquel plusieurs voeux relatifs à la ZAC avaient été déposés -, Françoise de Panafieu prit la plume, le 13 juin, pour rappeler au Préfet les grands axes du projet tels qu'ils avaient été définis lors de la réunion de Matignon, le 5 janvier 2006. Aucune réponse, non plus, ne fut fournie à cette missive. Sur ces entrefaites, le protocole d'accord était signé le 26 juillet en l'absence du maire de l'arrondissement qui en prit connaissance dans la presse…

Le 20 juillet, Françoise de Panafieu adressa une nouvelle lettre au Préfet en faisant état de ses remarques sur le protocole d'accord. Il ne fut jamais répondu à ce courrier, ni par la mairie de Paris, ni par le Préfet. Enfin, n'hésitant pas à travestir les faits, un conseiller du maire de Paris, au mois d'août, déclarait dans le quotidien le Parisien, sans rougir, que des " dizaines de réunion de concertation" avaient eu lieu. Or, la dernière réunion publique de concertation a eu lieu le 21 octobre 2004, c'est-à-dire il y a deux ans. Depuis, silence complet sur la ligne… Sur le fond du dossier, Françoise de Panafieu a souligné combien l'évolution de l'opération est préoccupante. " Il avait été annoncé en octobre 2004, a-t-elle déclaré, une surface de 240972 m2 pour les logements neufs. Malgré l'a ugmentation des surfaces consacrées au logement, le nombre de logements étudiants a baissé pour passer de 1000 à 800." Un tiers des surfaces initialement destinées aux bureaux - soit environ 55000 m2 - a été supprimé. Baisse également de 8000 m2, c'e st-à-dire près de la moitié, pour les commerces neufs. Les équipements neufs sont passés de 19 384 m2 à 26 605 m2.

Cette hausse s'explique par la réintégration, dans les équipements, des surfaces, sensiblement réduites, prévues pour les hôtels neufs. " Il y a donc priorité absolue donnée aux logements sociaux, a fait observer Françoise de Panafieu, au détriment de l'activité économique, de l'activité hôtelière et des logements étudiants."

Autres sources de préoccupation : la concentration de la plus grosse zone de fret de Paris (35 000 camions par an) dans la zone nord, l'absence d'un accès au périphérique permettant d'a lléger le trafic saturé de la Porte et de l'avenue de Clichy et enfin, la concentration des locomotives diesel, de la centrale à béton, d'un centre de tri d'ordures ménagères, autour de cette zone qui va aussi accueillir, de manière incongrue, 300 logements. Françoise de Panafieu a clos son intervention sur le problème chronique des transports en commun, sur un métro au bord de l'a sphyxie, due à l'impossibilité de doubler la ligne 13, et sur l'u rgence de renforcer les lignes de bus. Dernière interrogation : quid de la création du RER C sur le boulevard Berthier ? "Je regrette l'absence d'étude sur l'insécurité d'un parc sans surveillance et sans desserte, a conclu Françoise de Panafieu. Il n'y a pas de réflexion menée, en matière de transport et de circulation dans cette partie de l'arrondissement, sur l'impact qu'a ura l'arrivée de 15 000 nouveaux habitants. Il faut nous dire, dès aujourd'hui, comment ces terrains aménagés seront desservis, afin d'éviter les erreurs du passé. Et pourtant, nous sommes convaincus que cette opération peut réussir, à condition que les souhaits des habitants soient mieux pris en compte."

75, rue Pouchet

LE 75, RUE POUCHET

UN CENTENAIRE EXEMPLAIRE

C'EST SANS DOUTE LE PLUS BEL IMMEUBLE COLLECTIF DU QUARTIER DES EPINETTES : LE 75, RUE POUCHET, AU COIN DE LA RUE ERNEST-ROCHE. C'EST AUSSI UNE HISTOIRE SENTIMENTALE.

Centenaire en 2007, cet élégant édifice, orné de frises en briques vernissées vert-amande, s'ouvre vers le ciel en hémicycle comme un cadran solaire, à l'aplomb de la voie ferrée de la Petite Ceinture. C'est l'empreinte la plus visible, aujourd'hui, du rôle fondateur, pour ce quartier, de la famille Gouïn. Disciple du comte de Saint- Simon, Ernest Gouïn était convaincu que la prospérité de la France passait par le développement d'un puissant réseau d'infrastructures industrielles audacieuses. À trente et un ans, il avait installé son usine de locomotives et de construction métallique, qui employait 2000 ouvriers en 1846, à l'emplacement actuel du square Boulay-Level. Sa sensibilité saint-simonienne l'incita naturellement à s'attacher au bien-être de son personnel en créant, notamment, une société de secours mutuel pour ses salariés ainsi qu'un hôpital à Clichy. Fidèles à ce comportement éclairé, les actionnaires de la Société des Batignolles bâtirent, en 1907, l'i mmeuble de la rue Pouchet qui se dressait alors dans un décor maraîcher, au-dessus du pont de la Petite ceinture.

" Mon grand-père Barbière était ingénieur et administrateur de la Société de Construction des Batignolles, indique Gérard Barbière. Ce bâtiment avait été construit dans le seul but de loger les travailleurs et les employés de l'usine." En réalité, les Roland- Gosselin financèrent l'essentiel de ce qu'on a appelé la " Société Anonyme des Logements Salubres" jusqu'en 1966, année où les appartements furent vendus en priorité aux résidents. " Ma mère était une Roland-Gosselin, confie Agnès Barbière, sa femme. Je me souviens que l'on disait, dans ma famille, que Mme Roland-Gosselin venait chercher les loyers en voiture à cheval." À l'époque, la rue Ernest Roche n'existait pas. La cour de l'immeuble débouchait sur le talus de la Petite Ceinture… C'était la campagne, au seuil des fortifs.

" Où est l'enfance est l'âge d'or" a écrit Novalis. À travers les joies d'enfance partagées, un sentiment d'appartenance à une humanité tendre, attentive à autrui, s'est développé, rue Pouchet, parmi les habitants de l'immeuble. " À l'emplacement de la maison, il y avait un maraîcher ; il y avait même un puits qu'on a rebouché ensuite, précise Jacqueline Richardeau, qui fut infirmière pendant trente-huit ans à l'hôpital Bichat. Mes arrières grands-parents se sont installés ici, en 1907, au moment de la construction. Je vis dans l'appartement où je suis née et où ma grand-mère est décédée. J'y suis, j'y reste. Ma grand-mère cousait des caleçons de soie pour la Samaritaine de Luxe. Elle faisait travailler les dames de la maison. Beaucoup de gens, ici, étaient des employés de service pour la famille Gouïn."

La Société Anonyme des Logements Salubres, au capital d'un million deux cent cinquante mille francs où figurait Fanny Gouïn, avait été constituée le 26 juillet 1907, il y a près de cent ans, pour bâtir un type nouveau d'immeuble, la préfiguration du logement moderne. Le philosophe Alain, un an plus tard, en 1908, avait pointé du doigt la scandaleuse vétusté des logements à Paris : " On n'aurait pas dû organiser les téléphones tant que tous ceux qui travaillent ne sont pas convenablement logés et nourris". Le confort du bâtiment de la rue Pouchet constituait une révolution de l'habitat. " Il y avait un vide- ordures à tous les étages, des douches collectives au rez-dechaussée et un lavoir collectif avec une chaudière et des baquets, explique Jacqueline Richardeau. Dans les waters, un coffre à charbon avait été aménagé. Des postes d'incendie alimentés par l'eau de la Seine étaient installés sur les paliers. On étendait le linge sur les terrasses. D'ici, on regardait le feu d'artifice du 14 juillet. Des histoires d'amour s'y nouaient…" Alice Bisson est également née dans cet immeuble : " Mon grandpère était employé chez Gouïn. Ma mère a épousé en 1918 un employé de chez Gouïn. Elle a eu un garçon qui est décédé. Son mari est mort à l'âge de 26 ans, après la guerre. Maman s'est remariée en 1926. Je suis née en 1927 de ce remariage. Mon grandpère paternel travaillait chez Gouïn. C'était un ouvrier. La maison allait jusqu'au chemin de fer. Au bout, il y avait ce que l'o n appelle l'impasse du docteur. L'usine, de l'autre côté du chemin de fer, s'étendait jusqu'à l'avenue de Clichy. Les locomotives allaient au dépôt des Batignolles où on a construit les Hauts-de-Malesherbes. Il y avait une ambiance sympathique. On jouait dans la cour."

L'immeuble de la rue Pouchet, en 1909, à l'époque où le pont du chemin de fer existait encore

Gisèle Pinot appartient à la deuxième génération née dans l'i mmeuble : " Mon père est né dans l'immeuble, le 6 juin 1909, dans un deux pièces escalier A. Il travaillait chez Renault à Billancourt. Je suis née ici en 1938. Il y avait beaucoup plus d'enfants à l'é poque. Les enfants jouaient dans la cour. Ils faisaient leur communion ensemble. Les familles Gouïn et Roland-Gosselin ont joué un grand rôle ici. L'église Saint-Joseph a été construite grâce à eux."

Cette initiative privée devançait les lois historiques sur le logement : la loi Bonnevay de 1912 à l'origine des premiers offices publics d'HBM, la deuxième loi Siegfried de 1919 imposant un programme d'aménagement aux groupes d'habitations ainsi que la loi de 1928 - dite Loucheur - qui précisait les conditions d'accès aux Habitations à Bon Marché et créait les Habitations à Loyer Modéré pour les classes moyennes. " On payait les loyers à la concierge, raconte Alice Bisson. On comptait au moins 70 enfants dans la cour. On allait à l'é cole derrière les fortifs ; l'école était en plein air, boulevard Bessières, à la place du lycée Honoré de Balzac. Pendant l'O ccupation, les Allemands avaient installé une batterie de DCA sur le toit de l'escalier A."

Les caves avaient été transformées en abri, le troisième de Paris. Le bombardement de la Chapelle a marqué la mémoire d'Alice Bisson : " Curieusement, la gare des Batignolles n'a jamais été visée. À la Libération, les Allemands, installés sur les hauteurs de Montmorency, avaient bombardé Montmartre, Bichat, le cimetière des Batignolles et même la cité des Fleurs." Chaque appartement disposait de six sacs de sable. " C'est avec ça et en coupant des arbres que des barricades ont été élevées, au 75, à la Libération. Du coup, le lendemain, lorsque les Allemands ont bombardé, on n'avait plus de sable." Il existait aussi des rituels insolites comme les arrêts des convois avant le passage sous le tunnel. "Le train "tututait", dit drôlement Jacqueline Richardeau. Il s'arrêtait avant d'aller à Saint-Ouen. Les gens montaient avec leur cabas pour ramasser le charbon ou les pommes de terre."

" Je revois toujours ma grand-mère avec un cabas" se souvient Gisèle Pinot. Jacqueline Richardeau évoque le trafic voyageur supprimé en 1932 : " J'ai pris le train de la Petite Ceinture pour aller avec maman à l'Exposition coloniale. Après, c'était les convois de marchandises. On entendait beugler les animaux qui allaient aux abattoirs de la Villette. C'était affreux." Mais l'é blouissement des petites filles reste le passage des chefs d'Etats. " J'ai vu le Négus passer avant 1939", se remémore, avec émotion, Alice Bisson. Jacqueline Richardeau a gardé l'image de la grand-mère de l'actuelle reine Elizabeth d'Angleterre : " Je revois la reine mère, la reine Mary. À chaque fois, il y avait plein de drapeaux. Les rois descendaient porte d'A uteuil." Les Epinettes, sur le chemin des rois…

Texte de Lucien Maillard paru dans ParisDixSept n°53 octobre 2006

Terrains Cardinet-Clichy-Batignolles

Métamorphose des terrains Cardinet

Le parc des saisons de la ville

La première tranche de 4,4 ha du parc Clichy/Batignolles va bientôt voir le jour. En 2007. Un succès pour l'équipe municipale de Françoise de Panafieu qui a tout mis en œuvre pour créer ce nouveau poumon vert de la capitale.

Finis les exercices de style et les considérations un peu sceptiques sur la capacité de changer le visage de l'arrondissement ! Comme l'avait intensément souhaité et promis Françoise de Panafieu depuis qu'elle a été élue maire du 17ème, un véritable parc - original, arboré, organisé autour des nouveaux usages de la ville - va sortir de terre, en 2007, à l'emplacement même où le fret SNCF était entreposé, dans les années cinquante. Il s'agit de la première tranche de 4,4 ha d'un parc plus vaste de 10 ha dont les délais de réalisation évolueront selon la décision du Comité International Olympique d'accorder ou non, en juillet prochain, à Paris le privilège d'organiser les Jeux de 2012. Dans l'axe du square des Batignolles, le futur parc - qui sera plus étendu que le parc Monceau - deviendra un authentique pôle de détente, un site de promenade pour les habitants du nord-ouest de Paris.

La première tranche, remarquablement, trace ces perspectives nouvelles et ensemence une manière différente de vivre la ville, de parcourir les quartiers, de les découvrir en traversant les bosquets de magnolias ou de paresser à l'ombre des tilleuls. C'est une étape capitale du renouveau de la qualité de vie dans l'arrondissement. Dans l'hypothèse, que chacun appelle de ses vœux, où Paris obtiendrait l'organisation des Jeux Olympiques, la réalisation du parc final se déroulerait en trois phases : le parc de 4,4 ha livré fin 2007, mise en place, autour des espaces verts, des installations du village olympique et, après les jeux, l'achèvement du parc de 10 ha.

Jacqueline Osty, architecte-paysagiste lauréate avec l'architecte-urbaniste François Grether du projet d'aménagement des terrains Cardinet, a souhaité dessiner un parc ouvert sur la ville et profondément imbriqué dans le tissu urbain par des axes est-ouest et nord-sud. « Comme au Parc Monceau, les immeubles d'habitations donnent sur la ville, explique-t-elle. Une dizaine d'entrées permettront d'aller des Epinettes à Saussure ou de la rue Cardinet - qui sera élargie, plantée d'un mail - au boulevard Berthier. Le parc sera intégré dans la vie quotidienne des riverains. » Ce nouveau paysage, qui dégagera le bel horizon des collines d'Ermont et de Montmorency, s'articule autour de trois thèmes : le corps dans le parc - l'empreinte olympique -, le spectacle des saisons et l'eau dans tous états… « Le thème du corps et l'esthétique sportive, indique Jacqueline Osty, seront développés à travers des espaces de jeux pour les petits, les moyens et les grands. Une aire réservée au skate et au roller sera conçue pour les ados. »

Le parc lui-même, qui sera éclairé la nuit pour veiller à sa sécurité, constituera une traversée des saisons. « J'ai voulu jouer, confie Jacqueline Osty, sur les variations saisonnières. En partant du printemps, rue Cardinet pour atteindre l'hiver, côté Berthier. Chaque allée sera soulignée par une essence particulière. » Ainsi, les alignements, rue Cardinet, seront composés de tilleuls, de merisiers et de pyrus; pour les allées du centre - l'été -, les chênes, les frênes et les tulipiers ont été choisis. Les platanes seront plantés sur les allées allant d'ouest en est. Plus près de Berthier, après la pièce d'eau qui cernera la ligne de petite ceinture ( démontée pour les Jeux), le visiteur découvrira l'automne avec les érables et, en bordure du boulevard, les conifères associés à l'image de l'hiver. « Nous avons développé le troisième thème, celui de l'eau, après le marché de définition, précise la paysagiste. Dans ce bassin biotope, l'eau non potable sera filtrée par les plantes aquatiques. Nous avons aussi créé une place de jets d'eau comme au parc André Citroën. Des canaux paysagers recueilleront les eaux de pluie qui seront filtrées dans la pièce d'eau. Il s'agit, en fait, de tirer profit du dénivelé artificiel, créé par les remblais des travaux de la tranchée de Saint-Lazare au XIXème siècle, entre le boulevard Berthier et le parc. »

Au-delà de la biodiversité, la notion de développement durable est totalement intégrée au fonctionnement du parc par une gestion durable de l'eau, mise en œuvre de l'énergie solaire, la création d'une éolienne pour la circulation dans le fossé planté des eaux récupérées, la réutilisation des matériaux du site - comme les pavés anciens jadis foulés par les frères Péreire -, le recours à du matériel « basse consommation » pour l'éclairage et la recherche d'un équilibre remblais/déblais. Les clôtures seront aussi végétalisées. Côté rue Cardinet, pour ne pas couper le paysage, un « saut de loup » planté, comme à Bercy, sera aménagé. « Avec François Grether, poursuit Jacqueline Osty, nous voulons préserver des éléments de patrimoine : la forge qui hébergera des locaux de services des parcs et jardins et peut-être une brasserie, le bâtiment de l'horloge qu'on voit du square des Batignolles et une halle constituée d'une très belle structure métallique qui était en fait l'ancienne gare du Havre. » L'empreinte historique du rail cohabitera ainsi avec celle du sport.

Le choix des végétaux a été établi en fonction des saisons. Le printemps se manifestera par les floraisons des magnolias, des rhododendrons, des clématis et des prunus. L'été se traduira par la diversité des graminées. « Nous ménagerons des jeux d'ombre et de lumière, précise Jacqueline Osty, tandis que l'automne sera plus présent par les feuillages des chênes et des érables. Evidemment, la pièce d'eau mettra en valeur les aulnes, les saules et les roselières. »

Après la démolition des installations existantes et la dépollution des terrains en 2005, les travaux commenceront début 2006, dans un an, afin que le parc soit ouvert à ses premiers visiteurs en 2007.

Pour Fabienne Gasnier, adjoint au maire du 17ème chargé de l'Environnement et des Espaces Verts, il est important que les terrains Cardinet gardent une trace de leur passé : « Le parc va conserver l'esprit du lieu et des traces de son histoire ferroviaire. Françoise de Panafieu, le maire du 17ème , y tient. Nous avons aussi souhaité que le mail planté, rue Cardinet, soit amélioré ». La mairie du 17ème sera également très vigilante sur le gardiennage de ce site et les moyens mis pour assurer sa sécurité. « Nous apprécions dans ce projet, confirme Fabienne Gasnier, la pluralité des ambiances et la part importante accordée au développement durable. La répartition équilibrée des zones de jeux au nord et au sud nous satisfait. Il y aura un mur d'escalade et des espaces pour les jeux de ballon. »

L'autre point positif, pour la mairie d'arrondissement, c'est la création, à sa demande, d'un parking résidents de 400 places. « Le Maire de Paris a personnellement donné son feu vert. Nous serons intraitables sur cette exigence des riverains, conclut-elle. Nous serons très vigilants comme nous l'avons été pour la réalisation du jardin des Hauts de Malesherbes. »

Plan - Carte du 17e

Dernière mise à jour le lundi 26 juin 2017
Crédit photo : Henri Garat

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